Cf. La « Science » de Fichte
Or, cette cité de l'avenir — universelle communauté humaine — n'est autre que le rêve séculaire du mysticisme protestant. La pliilosopliie romantique se rallie à son espoir, et le Germanisme prétendra l'imposer à l'univers. Ainsi, les trois tendances fondamentales de l'Allemagne protestante : rationalisme, mysticisme, Etatisme, viennent s'absorber dans une même ambition.
Au XYITF siècle, l'Etat, en effet, a résolu la crise. Il a parlé en maître à l'Eglise chancelante. Il fait taire la voix de la Eaison ^ : elle ne se réveille que pour restaurer les croyances sur la base d'une discipline et organiser un Etat futur i^. Le Germanisme sera « Eeligion » et « Raison ».
Mysticisme ? Certes, mais à prétention rationnelle — ce qui n'y met point de clarté, ni d'aimable franchise; d'autre part, orgueil démesuré de l'homme qui « veut » i^ que Dieu soit, ou de l'Allemand qui « incarne » le Surnaturel 12 ; idéalisme douteux de l'organisateur qui « postule » le divin au nom des exigences de l'action, xlinsi, ce mysticisme est une a religion » suspecte, en même temps qu'une « raison » singulière. Mais il n'est pas entier si sa philosophie ne revendique point la science et l'histoire : la « raison » éducatrice du présent doit être la voix même de la nature. Le Germanisme sera une « Culture », à laquelle l'univers s'achemine. Car on n'a point suffisamment restauré la croyance — cette illusion d'un au-delà sans laquelle il n'e.st point de lois ni de société — si l'on se contente, avec Kant, d'en établir le principe nouveau. Il faut aussi, au nom de l'éducation de cette