Cf. chap. IV
1 lO DU CHRISTIANISME AU GERMANISME
pager le « Xaturalisme ». Bahrdt devenait suspect au point d'être emprisonné. Semler vantait les « hérétiques », « les uniques sauveurs de la raison chrétienne » ^s. Le même Semler, d'accord avec Teller, conseiller du haut-consistoire, avait projeté, au rapport de Jacobi, un tel système d'amélioration du dogme, que la Kévélation s'évanouissait. Dieu aurait mis le monde — lors de sa création — dans un ordre si régulier, qu'ensuite il pouvait se passer de l'influence immédiate de la toute-puissance divine. Vn miracle proprement dit ébranlerait l'ordonnance admirable de l'univers : il n'y a donc pas de miracles. Les Eévélatioiis immédiates n'existent pas davantage : il n'est point de connaissance que Dieu doive communiquer par son intervention : les simples forces de la nature suffisent à instruire l'homme ^9. Ceci se passait en 1TT3. Spalding, Jénisalem, Klopstock, Semler, Kautenberg, Ebert, se réunissaient pour échanger leurs espérances ^^. Dans un même esprit de libéralisme rationnel, les Spalding, Wieland, Semler, Hufeland, prêchaient que l'esprit de l'homme et ses recherches ne devaient point souffrir de limites ^i.
D'autre part, le désir mystique d'une communauté supérieure à la diversité des sectes étroites, la pure religion de l'âme, naissait et renaissait sous divers inspirateurs. Déjà naguère, au milieu des misères de son époque, l'ancêtre invocjné par les
28. A. Fr. W. Sack, Lebensheachreibung... Hrsgg. von dess.n Sohne Fr. S. G. Sack. 1. Bd. Berlin, 1789, p. 207.
29. Joh. Fr. Jacobi, Nahere EnUlechunij elnes ncuen Lehr- Gebaudes der Religion, nebst einer priifuvg desselben. ZeUe, 1773.