Id., p
51. BAHRDT, Priifung der Schrift de.i Hofroths Rônnberg iiber symholische Bûcher in Beziehung aufs Staatsrecht. In Briefen. Halle, 1791, p. 45 et 49.
5-2. D. J. Kœppen, Das Eecht der Fiirsten, die Religionslehrer auf ein fest&tehendes Symbol zu verpflichten. Leipzig, bey Christian Gottlob Hilscher. 1789, p. 36-37.
conscience protestante. Voici le rationaliste Semlei> 53 q^i juxtapose au culte extérieur ]a piété de l'àme. « Il y eut constamment plus ou moins de chrétiens qui distinguèrent leur religion privée de la religion fnhJique, et de son grand cortège de multiples représentations ». Le protestantisme, ditil ^^, par le spectacle des variations de sa théologie, infirme la croyance en un dogme immuable ; bien plus, cette agitation perpétuelle de la pensée critique décourage la foi qui voudrait s'y fier : celle-ci imagine ailleurs son domaine. Et Semler, l'historien, l'exégète, est logiquement conduit à chercher une religion qui ne soit point soumise au contrôle de l'histoire, « car la religion personnelle » n'est point liée « à toutes sortes d'explications d'idées historiques »... Dans sa réponse à la « profession de foi de Bahrdt », Semler reconnaissait la hardiesse de ses propres énonciations ; mais, dit-il, elles ne concernaient que l'érudition théologique; et il se défend d'avoir jamais désiré que l'on organisât l'enseignement populaire dans les catéchismes et les livres de piété autrement qu'il n'était établi, ni d'une manière plus conforme aux connaissances exactes. A l'appui de cet argument, il insista sur la distinction entre les trois aspects de la religion : historique, social, et moral. >Sous la première forme, elle ne s'attache qu'à l'histoire et aux doctrines de Jésus, dans le sens littéral, sans application à la vie du chrétien et à son état d'âme individuel. D'autre part, la religion sociale se compose des dogmes conçus par l'Eglise, fixés dans des confessions et des symboles : l'Eglise prescrit de les ensei-
53. Joh. Sal. Semler, Lebensbeschreibung von ihm selbst abgefasst, -2. Theil. Halle, 1782, p. 227.
l'allemagxe protestante et le danger catholique 1 i9
gner et d'y croire, pour mainteinr l'oidre extérieur, l'unité, la tranquillité parmi les iidèles. Enfin, dans la religion « morale », l'individu développe les enseignements du Xouveau Testament et en tire parti pour le cœur : c'est affaire aux sentiments de chacun. Il suffit qu'elle ne porte pas atteinte au bon ordre, à la prospérité publique... ^^ Donc, libre en ses sentiments par la vertu de ces distinguo, Semler s'attache à la croyance « intérieure » : il l'attribue « à tous les chrétiens qui pensèrent par eux-mêmes », il la découvre dans la théosophie et dans l'alchimie ''^. La tliéosophie suppose toute l'indépendance de la « religion privée » : elle ne se laisse limiter ni par l'Eglise ni par ses docteurs. De même, la « chimie privée » n'est nullement une folie, une imposture, une maladie de l'esprit. Elle est a céleste, olympienne »^''. Semler s'efforce de réhabiliter « la vraie philosophie hermétique ». — ■ En cette mentalité complexe d'historien, d'Etatiste ^^ et de mystique, nous observons la logique de cette existence en trois parties dont le protestantisme allemand s'accommode volontiers. De plus, l'aspect du mysticisme lui-même est conforme à cette tendance spéculative et métaphysique qui, en ces âmes, accompagne aisément la rêverie. La raison, confondue en une besogne religieuse, ne connaît pas de limite et suit le rôve, jusqu'en l'audelà. De la théologie, elle passe à la théosophie. En effet, le « rationalisme » allemand n'est pas dégagé de religiosité ; et, inversement, la religion