‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 7 sur 210 · Le P. DU Halde, op. cit., t. III, p. 3 sqq · texte numérisé non relu

Le P. DU Halde, op. cit., t. III, p. 3 sqq

nois et les Indous « offraient à Dieu un culte pur dans les plus anciens temples de l'univers » 2^. Pour des apôtres du christianisme, n'était-ce point pousser un peu loin la réhabilitation des futurs prosélytes ? L'ancienne apologétique avait donné l'exemple d'une vigilante prudence : l'exemple n'était pas suivi. Le danger n'échappa point aux gardiens de la Foi : le zMe des jésuites parut suspect. Une fameuse ordonnance du 26 mars 169-3 avertissait les missionnaires de prémunir les esprits contre l'athéisme dont étaient remplis les livres chinois. Elle défendait qu'on se servit des termes de Tien et de Xangti pour désigner le vrai Dieu, comme faisaient les jésuites traducteurs de Confucius. Les jésuites refusèrent d'ohéir. Le pape Clément XI leur donna tort, en 1704. D'autres condamnations s'ensuivirent. Et même, suivant l'expression de Voltaire, « ces pédants ridicules de Sorboune » dirent aux jésuites : 0 la cour de Pékin est athée, et vous aussi » 2^. Mais combien de missionnaires ou d'historiens chrétiens se sentaient enclins à rapprocher le paganisme de la Révélation, pour la plus grande gloire de Dieu! La Croze dira que l'athéisme des Lettrés de Chine n'est pas un atliéisme proprement dit ^. Au XVII^ siècle l'érudit Kircher avait découvert, lui, sous les hiéroglyphes le mystère de la Trinité. Au XVIIP siècle, des savants estimés, l'Anglais Cudworth, et Ja])lonsky en Allemagne, aperçoivent le culte du Dieu unique parmi les plus anciens Egyptiens. Dom Martin, auteur d'une étude sur « la Religion des Gaulois », étend cette constatation à

24. Cité par Voltaire, Œuvres complètes, t. XXIX. Paris, 1894, Frof/nients historiques sur quelques Révolutions dans l'Inde, 1773, p. 447.

25. VOLTAIRE, éd. Cit., t. XXIX. Dieu et les Hommes, 1769, p. 6.

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