‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 8 sur 210 · La Croze, Entretiens sur divers sujets, p · texte numérisé non relu

La Croze, Entretiens sur divers sujets, p

l'iinivers païen ^7. C'était aussi ropinion de Balthasar Bekker, qui, dans son fameux « Moi] de enchanté », voyait la notion de la vérité divine chez « tous les Païens anciens et modernes. Européens, Asiatiques, Africains, Américains septentrionaux et méridionaux » *^.

Nous pouvons apprécier l'importance de cette théorie chrétienne de la religion naturelle, dès les débuts de l'Histoire moderne, et le service qu'elle rendait aussi aux adversaires du Dogme, en leur redisant les mérites des peuples mêmes qui s'en passent. « Qu'on aille des chrétiens d'Europe jusqu'aux Perses, Indous, Chinois, jusqu'aux adorateurs du grand Lama et du grand prophète de la Mecque...; ou que l'on compare le Judaïsme avec son rejeton le plus parfait, le Christianisme, ou hien les mythes égyptiens et grecs avec la doctrine socratique, plus pure », et l'on trouvera que ces opinions s'accordent au sujet d'une divinité suprême ^9. Ainsi la croyance en Dieu n'est plus d'espèce chrétienne, mais naturelle et humaine.

Les apologistes, comme on le voit, afin de mieux affirmer la gloire de leur religion, attestée par la « nature » et l'histoire entière, ont encouragé les modernes sur la voie d'une générale tolérance, d'une accueillante et peu orthodoxe sympathie pour les lumières a naturelles ». Cet esprit enclin à l'éloge du paganisme, ils l'ont appliqué aussi à Tétude de l'antiquité païenne, qu'ils n'avaient cessé de décrire pour y revendiquer les lueurs chrétiennes, selon la

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