‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 72 sur 210 · Id., chap. V · texte numérisé non relu

Id., chap. V

s'avisent point de menacer les intérêts immédiats de l'Etat protestant.

Le danger de l'irréligion populaire inquiétait des théologiens et des philosophes, parmi lesquels nous trouverons surtout des libéraux. Et de môme le péril catholique hante d'abord les libres-penseurs de Berlin. N'est-il pas naturel que les artisans de cette désorganisation religieuse qui semble présager des désordres sociaux, aient été les premiers avertis de leur imprudence, et que leur volonté disciplinée par le milieu ait réagi soudain, ou se soit mise en quête d'une solution conforme aux intérêts?

L'attitude des libéraux est donc instructive : ils ont réagi contre eux-mêmes. Ils trouveront avant les autres la forme pratique de l'Etatisme, qui oôre en effet de concilier les devoirs et l'indépendance, et propose comme un partage des consciences entre les fonctions et la liberté. Ce sont des libéraux encore que la crainte du catholicisme transforme en « gardiens de Sion » ^.

Le déiste !N^icolaï devenu l'adversaire d'un déisme qui pourrait gagner le peuple, tel est le revirement intéressé que raillent les orthodoxes, et que Xicolaï expose lui-même.

Xicolaï était franc-maçon ; on voulait même qu'il fût affilié à l'Illuminisme de Weishaupt. Ce dernier avait écrit en effet que Nicolaï appartenait à l'ordre des 0 Illuminés » et qu'il s'en montrait « fort content » ^. Alors Stark, orthodoxe que Xicolaï dénonçait comjne suppôt des Jésuites, prenait sa revanche en accusant son adversaire d'irréligion ^ : les Illu-

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