‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 76 sur 210 · Id., p · texte numérisé non relu

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toujours une des cliimères les plus irréalisables, et doit le demeurer par nature ».

L'orthodoxe Jean- Auguste Stark accusait les déistes auprès des chrétiens : mauvaise politique, fâcheuse imprudence î écrivait Jacobi, orthodoxe également : c'est 1' « ecclesia triumphans » que vous assignez au tribunal de 1' « ecclesia pressa » ; c'est César Auguste ou Tibère que vous traduisez devant le Sénat ^^. — Mais le « déiste » Nicolaï s'évertue à écarter ce soupçon : on est bien hardi d'émettre pareille affirmation, « comme s'il s'y trouvait la moindre vérité ! Dans quelle ville le déisme serait-il l'ecclesia triumphans, et le christianisme l'ecclesia pressa? S'agirait-il encore de Berlin, par hasard? Que monsieur le conseiller-intime Jacobi daigne venir à Berlin, et le connaître, avant d'en parler; il rougira d'avoir émis une telle absurdité. Où serait-il donc, ce pays où le déisme aurait le pouvoir, comme César Auguste ; et où le christianisme, comme le Sénat, n'aurait que le droit? Serait-ce dans la lune ou au pays des utopies? Il faudrait que le déisme eût quelque part non seulement de la consistance, mais vraiment beaucoup de pouvoir, s'il y était l'église triomphante ; et le christianisme, contre lui, Téglise opprimée i'''. »

Il n'est pas tant de déistes et d'athées que Stark et Lavater veulent bien le prétendre : Mcolaï ne voit, au lieu de tels adversaires de l'Eglise, que de bons chrétiens, mais des « chrétiens raisonnables», les « théologiens les plus méritants », les « philosophes » de l'époque i^.

Nicolaï conteste qu'à Berlin des « cénacles in-

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