‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 77 sur 210 · Fr. NicoLAi, op. cit., p. 96, en note · texte numérisé non relu

Fr. NicoLAi, op. cit., p. 96, en note

l'étatisme, ou la discipline en face de la vérité 181

times » fassent une propagande pour le « naturalisme », et concertent des « plans contre la religion chrétienne ». Soupçonné d'un libéralisme tendancieux, il se réhabilite : ne s'employa-t-il pas à ruiner le projet d'une Eglise de a religion naturelle », cette entreprise chimérique et inutile, mauvaise pour le peuple y — Les faits qu'il rapporte éclairent l'histoire de la retraite des libéraux, et de la réaction d'Etat contre l'irréligion menaçante.

En 1775, un grand nombre de savants s'étaient réunis à Dessau, pour voir et étudier une école philanthropique fondée depuis peu. De leur nombre était Zollikofer, un libéral que nous avons montré s'entretenant avec Spalding et Sack, Mendelssohn et Semler, des espoirs du protestantisme « éclairé » . Au retour, Zollikofer rapporte à !N^icolaï certain propos que Basedow avait tenu à haute voix : il fallait instituer prochainement « un culte de la religion naturelle»; « ceci se passerait à Berlin», où Basedow indiquait quelques personnes qui se prêteraient à cette entreprise... Zollikofer pensa que le propos n'avait pas d'autre importance qu'une opinion personnelle ^^. Et ^N^icolaï, déiste lui-même, et qui mena campagne pendant longtemps contre le dogme, répliqua néanmoins que le préjugé qui faisait de Berlin un foyer de déisme était injustifié : les savants de cette ville auxquels on imputait pareille tendance en étaient innocents, et en particulier les deux personnages que Basedow avait désignés comme les principaux instigateurs du projet. Il ajouta qu'il doutait fort « que le roi Frédéric II autorisât si aisément un pareil culte dans sa résidence : du moins il ne le ferait certainement pas de son propre mouvement ».

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