‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 78 sur 210 · Fr. NicoLAi, op. cit., p · texte numérisé non relu

Fr. NicoLAi, op. cit., p

Xous verrons en effet que Frédéric II, sceptique pour sa part, et anticlérical, professait néanmoins ce principe que la religion est utile pour le peuple, et s'y conformait avec méthode. ]S^icolaï avait une juste opinion de son monarque. Mais Zollikofer trouvait incroyables les propos de Xioolaï, surtout en ce qui concernait les dispositions du roi, a qu'il s'était représentées tout autrement ». IS^icolaï précisa par une anecdote, et il conclut en y joignant son propre avis : « Un culte de religion naturelle ne serait ni praticable, ni utile, ni durable. » Il lui exposa plusieurs des motifs qui lui faisaient penser que la religion naturelle ne saurait jamais devenir religion populaire, et que tout essai en ce sens serait infructueux ^o.

Après deux conversafions « circonstanciées et très intéressantes », Zollikofer — ainsi raconte Nicolaï 21 — « se rallia sensiblement à mes motifs et à leurs conclusions ». Là-dessus, il se rendit de Leipzig à Dessau, eut un entretien « détaillé et sérieux » avec Basedow et Wolke. C'est ainsi que Basedow « renonça entièrement aux démarches, au fond très bien intentionnées, mais irréfléchies, qu'il voulait faire à Berlin, et dont l'heureux succès lui semblait déjà assuré ».

Et de même Auguste Sack, cet autre libéral, n'esquissa-t-il pas sur le tard une prudente retraite? Le fils de ce théologien raconte que son père, en des écrits pleins de hardiesse, ne se laissait lier naguère par aucun système établi, et rejetait librement ce que certains tenaient encore « pour une sainte et irréfragable vérité ». Il ne voyait en l'orthodoxie que « l'œuvre de la philosophie à la mode ou des

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