‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 81 sur 210 · Id.. p · texte numérisé non relu

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l'étatisme, ou la discipline en face de la vérité 185

les hardis libéraux furent les premiers coupables en cette aventure qui les efeaie tardivement. « La menace du naturalisme » devait produire a une moisson papiste ». Les attaques menées par la Bibliothèque de ]S^icolaï, au cours de 80 volumes, contre les dogmes du protestantisme, afîaiblissaient cette Eglise : tout son enseignement n'était plus que a stupidité ». C'est ainsi que les « communautés chrétiennes », rebutées par le scepticisme, se laissaient tenter par la certitude d'une autre croyance, et couraient au catholicisme. « Tandis que d'autres avaient des craintes, la Bibliothèque de M"" Xicolaï était sans fraj'eur, et poursuivait bravement sa campagne contre le système évangélique. Tout d'un coup, dans le ô-i^ tome, le langage change de note. Les clameurs triomphales et leur assurance cèdent la place aux avertissements et aux plaintes. »

a Au tome 57, pages 368-369, vous trouverez ce conseil de tolérance : " Certains dommages ne se » guérissent point avec du baume et des emplâtres. » 11 faut prendre en main le couteau, et trancher » entièrement la chair pourrie: sinon, il n'est pas » de salut. Et ceci pourrait bien être le cas pour » mainte doctrine de l'Eglise catholique, qui donne » pâture à la superstition "... Et là-dessus, l'avertissement réitéré de ne point prêter les temples aux catholiques, et de ne pas étendre si loin les idées de tolérance ». L'orthodoxe de Marées compare les années ITTT et 1785 : là, Xicolaï et sa « Bibliothèque » prêtaient au catholicisme, aux ordres religieux, aux prélats, des projets de réforme éclairée; — ici, les mêmes ordres, la même Eglise, seraient aussi arriérés qu'au temps du moine Hildebrand, et le protestantisme n'aurait pas de pires

ennemis -^. En de nombreux numéros de la Beviie mensuelle de Berlin, dans chaque ville de l'Allemagne catholique, que traversa Nicolaï, une voix prophétique retentit et clame : « Alerte, protestants! Reconnaissez vos avantages, on vous tend des pièges, vous rêvez dans une douce somnolence, reveillezvous donc, ou bien c'en est fait de vous, avant qu'il soit longtemps ! ^' »

A ce moment les « libéraux » se rappellent que leur Protestantisme est religion d'Etat.

Biester, « échauiï'é » de colère, — ne l'avoue-t-il pas? ^'^ — « parle d'un Etat, où la religion catholique ne constitue aucunement le parti régnant, mais simplement le parti toléré » ^. Il n'est bruit que de l'Etat... « Le christianisme considéré comme institution d'Etat, qu'est-ce? et qu'en advieiidra-t-il? ^o » L'orthodoxie proteste. « La transformation des serviteurs du Christ et des prédicateurs de son Evangile — en serviteurs de l'Etat, qui doivent enseigner la sagesse et la vertu, ôte à leur ministère tout le poids, toute l'action qu'il doit avoir à proprement parler... Si je n'étais pas convaincu de la façon la plus intime, qu'une ordonnance du Christ, qui doit durer jusqu'à la fin du monde, porte que des hommes prêcheront sa doctrine à tous les peuples..., avec quels reproches, avec quelle honte, je procéderais chaque fois au baptême, ou à la sainte communion, offices où il n'est pas question d'assurer des choses que l'Etat puisse donner ni prendre ! 3i »

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