‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 87 sur 210 · Cf. ci-dessous, chap. VII · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessous, chap. VII

54. Friedrich Nicolai, Beschreihitng einer lieise durch DeutschUwd und die Schweiz im Jahre HHi, 11. Bd. Berlin und Stettin, 1796, p. 127.

l'étatisme, ou la discipline en face de la vérité 195

Dans ce cliaos prodigieux des idées et des partis, où les mots deviendront des fantômes d'un sens disparu, la philosophie allemande se présentera comme une merveille d'obscurité et de complication, qui sui' les confins du XYIIP siècle revient en effet aux prétentieuses subtilités du Gnosticisme et de l'occultisme du Moyen-Age ^^. Une réalité s'éclaire : l'effort, la volonté de produire un Etat. La direction est nette, consciente et brutale : sauver l'Etat ou refaire l'Etat, cette a raison » première dont un Allemand du XIX^ siècle pourra dire : a Notre Etat, ce que nous avons de suprême sur terre ^^. » A cet égard, la poussée est formidable : il n'y a pas d'idéalistes, ni de rationalistes, ni de mystiques, ni de libéraux, ni d'orthodoxes ^~ ; il n'y a qu'une discipline en marche, fanatique d'elle-même, et menaçante pour l'avenir.

Le système de l'Imposture utile, attribué aux prêtres

et législateurs antiques,

devient expressément une théorie pour l'action.

La tendance utilitaire qui va commander à la formation intellectuelle de l'Allemagne, est sollicitée par cette inquiétude grandissante qui anime le protestantisme devant le déclin des croyances. Avertie par les clameurs d'alarme qui désignent l'Etat menacé, l'Eglise oppose au flot de l'irréligion les nécessités de l'intérêt politique.

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