‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 90 sur 210 · Id., Lettre à d'Alembert, 3. Apnl 1770, p · texte numérisé non relu

Id., Lettre à d'Alembert, 3. Apnl 1770, p

l'étatisme, ou la discipline ex face de la vérité 205

une religion ridicule, que pour en introduire une autre encore plus absurde ». Frédéric II déclame contre les moines, mais, s'empresse-t-il d'ajouter, « je crois en même temps qu'il serait malhabile, et même dangereux, de vouloir supprimer ces aliments de la superstition, que l'on distribue publiquement aux enfants pour les en nourrir selon la volonté de leur père. » En 1770, pendant une convalescence, il ouvre "^^ V « Essai sur les préjugés », de du Marsais : « J'éprouvai des mouvements de répulsion devant les opinions de l'auteur, qui prétend que — la vérité étant faite pour l'homme — on doit toujours la lui dire. » Le « roi-philosophe » s'indigne contre ce « prétendu philosophe » : quel était son but? a renverser la religion ? — je lui ai prouvé que c'est impossible » ; ou bien peut-être « organiser autrement les gouvernements? » Ici, c'est le roi qui parle : « Jamais des outrages ne les amenderont ; mais ils peuvent bien les irriter... » Le 5 octobre 1777, il écrit ^'^ : « Je ne sais qui pourrait travailler cette question : est-il permis de tromper les hommes?... Je vais voir à arranger la chose. »

La question vitale qui s'agitait dans les consciences, pour le salut des intérêts d'Etat dans la tourmente de l'irréligion, ne tarda pas à se poser publiquement. Frédéric II y songeait, nous le voyons, du moins depuis l'année 1777. En 1780, l'Académie royale de Berlin met au concours le sujet d'actualité : « Est-il utile au peuple d'être trompé, soit qu'on l'induise dans de nouvelles erreurs, ou qu'on l'entretienne dans celles o\i il est? » Or il ne s'agit nullement d' « erreur » pour tout le monde : on veut seulement savoir si les

76. Friedrich der Zweite, Gedanhen..., 17 mai 1770, p. 37-39.

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