Id., 5. Oktober 1777, p. 51 sqq
hommes « éclairés » de la nation ont un devoir d'imposture à l'égard du peuple. JotLann-Friedrich Gillet, l'un des lauréats, précise avec clarté ''^ : « On ne demande pas si l'erreur est avantageuse pour riiomme en général, ou pour les savants ou les grands en particulier ; mais si l'erreur est utile pour l'homme du commun, la multitude. Je peuple? » Toilà donc une « limitation » importante : il ne s'agit ici que du peuple, du vulgaire. La « seconde limitation » ne l'est pas moins : nous voulons dire qu'il n'est pas question de ratiociner en vain et de se perdre en discours généraux, mais qu'il faut avoir en vue « un peuple en particulier, un Etat en particulier, une époque précise ». Bien que l'Académie royale n'ait pas désigné une certaine nation, nous considérons, dit l'auteur, que le sujet proposé vise le monde réel et un peuple déterminé »... Il s'agit en eiïet de cette époc^ue, il s'agit de l'opportunité des croyances. Becker, traitant le même sujet, fait de la religion, précisément, un moyen d'éduquer les hommes : et voici qu'elle devient la compagne et l'auxiliaire de cette providentielle éducation humaine qui se poursuit à travers les âges et qui a pour complice la Xature elle-même, selon la volonté des artisans de la « Culture » , comme nous le verrons ''9... De toutes façons, la religion est utile, pour une discipline sociale. Uui donc voudrait la bannir, par ces temps troublés? Qui parlera d'erreur néfaste, en la désignant? Johann Gillet ^'^ invoque l'expé-
78. Joh. Friedr. Gillet, Beantworiuug cler Frage : Kann irgend eine Art von Tûuschiing dem Volke zutràglich seyn? sie bestehe nun dnriii, dass mnn es zu neuen Irrthûmern verleitet, oder die alten eingewurzelten fortdanern lâsst? Berlin, 1780, p. 3-4.