Cf. Ci-dessus, chap. IV
pas, vraiment, qu'il soit autorisé, et encore moins qu'il soit oblig'é à le mettre en vente et à le préconiser librement ». Dès lors Spalding assure que dans la religion également « pour la garantie du bien public », la législation civile doit tracer « des limites en deçà desquelles on peut dire publiquement ce que l'on croit ». — Recbe^, sur le même sujet, commencera par le même argument : il demandera s'il est avantageux pour la société de proclamer certains enseignements qui donneraient lieu à un mauvais usage. Puis un autre motif est allégué : il va de soi, ajoute en effet Recbe, que le grand nombre travaille avec les mains ; les occupations intellectuelles sont pour l'élite ^i ; la diiïérence de classes accompagne nécessairement la biérarcbie sociale. Par suite ^2^ « quels désordres ne provoquerait pas l'excessive propagation des lumières dans la société civile ! » Des esprits faits pour s'entendre se heurteraient avec violence, ce ne seraient plus que conflits perpétuels, au lieu d'une « tranquillité douce et bienfaisante ». « Il faut confesser ^^ que les lumières, même dans l'intérêt du paj's et de sa constitution, de ses lois et de la partie dominante de ses habitants, doivent avoir diverses limites ». — Mais ici le ton devient plus net, et l'auteur écrit sans vergogne : « Partout où le despotisme règne, et où les droits du peuple sont des chimères, on arrête les lumières avec tout le zèle possible, avec un soin jaloux » ; si le despotisme est établi, s'il ne faut pas songer à le renverser du trône, a pourquoi voudrait-
90. J. W. Reche, Neuer Versuch iiber die Grânzen der Aufklàruiig. Dusseldorf, bey Joh. Christ. Danzer. 1789, p. 77.
91. Nous reconnaissons Ici le « mandarinisme » défini ci-dessus au chap. IV.