‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 98 sur 210 · Bahrdt, id.. p · texte numérisé non relu

Bahrdt, id.. p

pire davantage l'orthodoxie ». — Or l'édit de Frédéric-Giiillaiime II, qui restaure en fait l'orthodoxie chancelante, emprunte précisément à Nicolaï et à son groupe de « libéraux » le motif même qui les disposait à la réaction. Il nous remémore leur campagne contre un catholicisme envahissant. L'article 4 rappelle expressément que le prosélytisme du clergé catholique est dénoncé par des contemporains, que « des prêtres catholiques travestis, et des moines, et des jésuites déguisés, rôdent en secret dans les pays protestants, pour convertir les prétendus hérétiques » ; le gouvernement affirme sa volonté de ne point tolérer ces manœuvres. Non seulement il interdit « tout de bon ce prosélytisme, tout particulièrement au clergé catholique » i^^, mais, dit le roi, « nous ordonnons aussi à nos hauts-consistoires... de même qu'à nos fidèles vassaux et sujets de toute condition, d'exercer une étroite surveillance, pour découvrir de tels émissaires, et en informer le département ecclésiastique, qui prendra ses dispositions » m. — Les deux tendances dissociantes du protestantisme, l'indépendante critique rationnelle, et la libre religion intérieure ^^^^ j^q menaçaient-elles point la discipline de l'Etat, en cette époque troublée? D'une part, l'indifférence s'aggravait; et d'autre part, un mysticisme peut-être catholique

110. A propos de l'attitude vis-à-vis du catholicisme, citons un passage de la Comédie que Bahrdt intitule « l'Edit de religion ». Comme l'un des personnages reproche au souverain qui favorise à l'excès l'Eglise la plus nombreuse, d'agir « avec autant d'ignominie » que ceux qui jadis dépouillèrent les protestants pour le bénéfice des catholiques, le pasteur Blumenthal, protagoniste de la comédie, s'écrie soudain : « Que dites-vous, jeune homme ? A nous seuls protestants, appartient le pays » (Notons que Bahrdt. l'auteur de cette satire, est protestant). (Cf. Bahrdt. Das BeUyionsediht..., op. cit., p. 18).

Page 1