‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 39 sur 77 · REGIONS · texte numérisé non relu

REGIONS

tu

Dec. 1858.

i Basse Egypte.

Janv. 1859.

Alexandrie.

Févr. 1859.

Observations

i de M. Schnepp. |

Mars 1859

Dec. 1799.

Moyenne Egypte .

Nouet

Janv. 1800.

Févr. 1800.

au Caire.

Dec. 1799

Moyenne Egypte.

Janv. 1800.

Févr. 1800.

Coutelle

Mars 1800.

au Caire.

Dec. 1856.

Haute Egypte.

Janv. 1857.

M. Uhle.

Févr. 1857.

Du Caire

Mars 1857.

à Wadi-Halfa.

Janv. 1860.

M. Schnepp.

Du Caire à Philae .

Si nous bornons dorénavant nos observations aux quatre mois d'hiver, de décembre, janvier, février et mars, c'est que nous nous préoccupons, avant tout, de chercher une station

hibernale pour les malades atteints d'affections de poitrine ; c'est qu'ensuite aussi les pays du Nil deviennent inhabitables, par suite de la fréquence des vents de sud ou khamsin, qui se montrent en mars déjà, et qui sont nuisibles non-seulement aux valétudinaires, mais encore à l'homme en bonne santé. Nous dirons pourquoi les phthisiques doivent surtout s'y soustraire. Ce qui arrête tout aussitôt, dans la comparaison de la température des diverses stations de l'Egypte, c'est la différence du temps des observations; les instruments employés et le mode d'observation peuvent aussi laisser beaucoup à désirer. Nous ne saurions d'ailleurs expliquer cette particularité si singulière qui nous fait trouver, pour le mois de janvier, une moyenne moins forte au Caire qu'à Alexandrie, non-seulement d'après les savants de l'expédition française, mais encore d'après des observations plus récentes , si nous ne connaissions les grandes oscillations thermométriques qu'on observe dans cette dernière ville. C'est par là également que nous devons expliquer la faible différence que nous trouvons entre la température moyenne du mois de janvier, observée à Alexandrie, et celle que nous avons constatée dans la haute Egypte. Quant à celle fournie par M. Uhle, elle n'est si considérable que parce qu'elle se rapporte tout entière à la station la plus méridionale avoisinant la deuxième cataracte. Mais ce qui est le plus sensible à l'économie animale, ce sont précisément ces variations diurnes si considérables de la haute Egypte et des autres régions du Nil. Tandis que les différences des températures extrêmes, pendant les mois d'hiver, ne s'élèvent guère au delà de i5°, elles ne sont presque jamais inférieures à ao ou au moins à 1 8°, au Caire; et, dans la haute Egypte, ces différences ont été constatées par M. Uhle

comme allant jusqu'à 3o°; nous-même, pour un seul mois, nous les avons vues atteindre 280,2o. Les variations, entre les températures diurnes les plus basses et les plus hautes, sont d'autant plus considérables qu'on s'éloigne davantage du voisinage de la mer et qu'on monte plus haut sur le Nil.

Si donc il est vrai que l'Egypte est un pays chaud , nous devons admettre aussi, d'après ce que nous venons de dire, que son climat est légèrement tempéré, dans le Delta, par le voisinage de la mer, par les nombreuses bouches du Nil qui traversent cette partie du pays, et par la présence d'une végétation plus étendue et plus activée ; que, dans la moyenne Egypte , les extrêmes de la température sont plus marqués, car il y fait à la fois plus chaud et plus froid; que ces différences deviennent encore plus prononcées dans la haute Egypte; l'on peut dire que, dans les autres régions du Nil, les chaleurs, pendant le jour, sont aussi accablantes que le froid y est vif et pénétrant, vers le matin et vers le soir; que, par conséquent, le climat des pays du Nil est d'autant plus extrême qu'on s'éloigne davantage du Delta , et qu'on monte vers la Thébaïde ou la Nubie.

Nous avons prouvé, plus haut, que la pression atmosphérique, pendant les mois d'hiver, est, en moyenne, supérieure à la moyenne de l'année ; c'est là une condition favorable au séjour de l'Egypte pendant l'hiver ; mais aussi les oscillations mensuelles et diurnes sont alors également les plus considérables de l'année, et cela a lieu non-seulement dans la basse, mais aussi dans la moyenne et la haute Egypte. Nous avons constaté, dans le mois de janvier, sur le haut Nil, une différence de la pesanteur de l'air allant jusqu'à aomra,39- M. Uhle dit que les variations barométriques diurnes vont

à 2mn), dans la haute Egypte, et nous-même nous avons vu, dans une journée, la colonne barométrique tomber de 7mm,o5, du matin au soir. Encore par rapport à la pression de l'air, les conditions de stabilité et de variabilité diffèrent d'une région à l'autre ; la pression la plus forte est supportée dans le Delta, la plus faible à la hauteur de la seconde cataracte ; la différence du poids de l'air qui existe entre ces deux points est de i3mra, et les variations sont plus considérables dans la haute Egypte que dans la basse.

Dans la vallée du Nil, depuis le Delta jusque dans la haute Egypte, prédominent les vents de N. déviant le plus souvent vers l'O. Nous avons même trouvé , par la méthode de Schouw, que, dans la partie haute comme dans la partie basse de la vallée, les vents d'O. sont sensiblement prédominants. Nous n'ignorons pas cependant que d'autres observateurs admettent, avec MM. Uhle et Destouches, que ce sont les vents de N. qui soufflent le plus souvent sur le Nil. Ces différences nous paraissent tenir à ce que tous les observateurs n'adoptent pas la même méthode, et ne groupent pas delà même manière les faits constatés. Il est d'ailleurs reconnu que, dans la vallée de l'Egypte, les vents soufflent avec une faible intensité le matin, mais qu'ils deviennent plus sensibles à mesure que le soleil devient plus vertical ; de telle sorte que les fortes chaleurs du jour sont tempérées par le souffle frais et légèrement humide qui s'élève de la mer. Il est bien rare que ces vents de N. , déviés plus ou moins à l'O. , ne s'apaisent pas pendant la nuit ; cela ne se remarque qu'à la fin de l'automne et pendant les mois d'hiver, époque à laquelle ils régnent avec une grande violence et nuisent à la végétation; ce sont, dans le Delta, des vents d'ouragan et

d'orage. Nous croyons avoir constaté également que, contrairement à l'opinion de certains voyageurs, ces vents ne sont pas plus chauds en hiver que ceux qui soufflent dans d'autres directions. Les vents chauds, par excellence, ce sont ceux qui soufflent du S. avec des déviations vers l'E. et l'O., qui sont d'autant plus violents et plus nuisibles qu'on les rencontre dans des régions plus méridionales; ce sont eux qui chassent les malades et les valétudinaires hors de l'Egypte, déjà en mars. Le voisinage de la mer n'apaise pas même complètement ces courants secs et chauds; toutefois les malades pourraient s'en garantir dans la station d'Alexandrie plus aisément que dans toutes celles situées plus au S.

Mais, d'un autre côté, la basse Egypte, et Alexandrie principalement, offrent, pendant l'hiver, des stations qui sont exposées à d'abondantes pluies, lesquelles refroidissent l'air, ne serait-ce que momentanément. Et, quoiqu'il se passe rarement de journée où il n'y ait pas de soleil , la saison pluvieuse ne laisse pas que d'être d'un froid très-sensible et d'autant plus désagréable, qu'on ne possède aucun moyen de chauffage des appartements , et qu'il est très-rare de trouver une habitation qui clôt à peu près.

Ces inconvénients inhérents au Delta cessent d'exister à peu près à partir du Caire, comme nous l'avons montré précédemment; mais ces régions ne sont cependant pas complètement exemptes de conditions climatériques assez désagréables ; les épais brouillards et les rosées sont très-fréquents au Caire et sur le haut Nil.

Les données des autres hydrométéores ne sont plus aussi faciles à comparer entre elles, parce qu'elles ont été obtenues par les procédés les plus divers, et dans des conditions qui

sont loin d'être identiques. L'observation a conduit Destouches à signaler, pour la ville du Caire, une moyenne d'humidité qui ne diffère que fort peu de celle que nous avons observée à Alexandrie ; et, de son côté, M. Uhle signale, pendant son voyage sur le haut Nil, un degré d'humidité dont la moyenne ne serait guère inférieure à celle du Delta. Nous reportant aux faits généraux, acquis par l'observation météorologique générale et confirmés par la nôtre, nous ne pouvons méconnaître que l'humidité est plus considérable dans le Delta que dans la Thébaïde ; que les oscillations entre les degrés de sec et d'humide sont bien plus sensibles dans cette dernière que dans la première région ; qu'au Caire déjà la sécheresse du milieu du jour est grande, comparée surtout aux degrés d'humidité du matin et du soir. Ces variations, qui sont extrêmes, pendant l'hiver, dans la haute Egypte, ne le sont pas moins, pendant l'été et l'automne, sur le littoral de la Méditerranée. Nous pourrions dire, quant au degré d'humidité, que ce qui se passe dans le Delta, pendant la saison chaude, se passe également dans la haute Egypte pendant les mois d'hiver.

Pour ne pas trop s'éloigner de la réalité des choses, il faudrait s'attacher dorénavant, suivant les conclusions de ce qui précède, moins à chercher des moyennes devant s'adapter à des régions aussi étendues en latitude que celles de l'Egypte, qu'à préciser les conditions climatériques propres à chacune des stations que nous venons de reconnaître sommairement dans l'étendue de la longue vallée du Nil. De pareilles recherches conduiront très-certainement à la délimitation d'un grand nombre de climats partiels, d'autant moins constants et uniformes que ceux-ci se rapporteront à des localités plus éloignées du littoral égyptien de la Méditerranée.

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