‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 4 sur 77 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Climats partiels de l'Egypte.

Au point de vue des variations climatériques , les pays du Nil, compris entre les deux parallèles de latitude Nord, qui correspondent à 3 1 ° 37' et 24° 1' 25", se trouvant entre les 27me et 32me degrés de longitude E. du méridien de Paris, dans cette zone qui avoisine les limites de la région tempérée , et qui s'étend du N. au S., sur les deux rives de ce fleuve; ces pays, d'après les définitions admises, rentrent dans les climats chauds, car la température moyenne annuelle, dans leurs grandes divisions territoriales, est supérieure à 200. Mais des différences capitales , au point de vue de la température, de la pression et de l'humidité de l'air, de la direction des vents, etc., nous ont amené à étudier séparément la région inférieure de la pointe du Delta, depuis la bifurcation

de la grande artère, puis la partie moyenne de l'Egypte, avec le Caire, et enfin tout le parcours du fleuve, au-dessus du Caire, jusqu'à Thèbes, Assouan, la première et la deuxième cataractes. Il serait, en effet, bien inexact, le résultat qu'on voudrait tirer d'une moyenne collective des données obtenues du rapprochement de tous ces points ; le climat d'Alexandrie diffère autant de celui du Caire, que celui-ci s'éloigne des conditions météorologiques dans lesquelles se trouve l'île de Philœ ou Korosko. Et, comme il s'agit pour nous beaucoup moins de rechercher les lois qui président aux phénomènes cosmiques, que de déterminer l'influence de ces agents modificateurs sur l'organisme vivant, nous devions nous attacher principalement à découvrir les règles d'hygiène qui en découlent pour l'homme sain, aussi bien que pour le malade , suivant qu'il occupe tel ou tel point de l'Egypte. Après cela seulement, il nous sera permis de nous prononcer, avec connaissance de cause, sur l'utilité et les avantages que ces divers climats de la basse, de la moyenne, et de la haute Egypte, peuvent offrir aux malades des autres pays.

Si, parle résumé comparatif de nos observations, il se confirme, ce que disait déjà Volney, que les chaleurs sont plus fortes en Egypte que dans les contrées voisines de la côte africaine , ou dans les pays situés à la même distance de l'équateur, ce que nous savons être parfaitement possible aujourd'hui , il faudra évidemment en attribuer une forte part à la disposition du sol peu élevé au-dessus du niveau de la mer, à la proximité des déserts libyque et arabique. Nous démontrerons surtout que , dans l'Algérie française , la température de l'été est moins forte qu'en Egypte, et que le froid y est aussi moins sensible en hiver que sur le Nil.

Nous avons été conduit , d'après le résultat de nos observations météorologiques, à admettre qu'il existe réellement, dans chacune des trois divisions géographiques et physiques de l'Egypte, des modifications distinctes et particulières de la température, de la pression et de l'humidité de l'air, de la sérénité du ciel, de la direction des vents et de la tension de l'électricité. Nous avons cherché à délimiter chacun des climats partiels, et de leur ensemble seulement nous tâcherons de conclure à l'expression générique du climat de ce pays. En effet, il ne nous sera pas bien difficile de démontrer, par des chiffres précis, que, tout en restant distincts, ces climats rentrent néanmoins dans une seule et même classe, dans celle des climats chauds. Volney disait même que le climat de l'Egypte passe, avec raison, pour être très-chaud.

Nous espérons d'ailleurs pouvoir justifier, par notre observation directe, la subdivision du genre en trois espèces bien distinctes que nous établirons, en appelant marin l'un de ces climats, celui d'Alexandrie, l'autre continental, celui du Caire , et le troisième , celui de la haute Egypte , climat extrême, appliquant aux oscillations horaires d'une journée l'expression consacrée jusqu'ici aux variations, suivant les saisons et l'année. Nécessairement le premier de ces climats devra être constant par rapport aux deux autres.

Il est un élément important à considérer, dans toute étude de climats, et cela avant d'aborder toute autre considération; c'est la nature constitutive du sol qui entre dans la composition des diverses localités. Nous allons donc faire précéder nos observations de météorologie d'une courte appréciation de la constitution physique de la vallée égyptienne du Nil.

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