‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 48 sur 77 · OBSERVATEURS · texte numérisé non relu

OBSERVATEURS

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M. Taylor.

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seire.

Vivenot.

Funkal (Madère).

White.

- Cap. Humbert.

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' Écho d'Oran.

Suite du tableau de la direction des vents.

Direction

MOYENNES

STATIONS

OBSERVATETJBS.

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Alexandrie <

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(Egypte.)

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65 \ Destouches.

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Haute Egypte. J E.

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Jl ressort de ce tableau un premier fait, qui nous montre une grande différence dans la prédominance des vents, à Pau et dans les deux villes maritimes d'Hyères et de Nice. Dans la première de ces villes, qui est si bien abritée par la chaîne des Pyrénées, prédominent les vents de Nord, avec des déviations à l'Ouest. Quand le vent vient directement du Nord, il forme la froide brise, en hiver, et la sèche et brûlante tramontana, au printemps et en été; mais à Rome la tramontana, qui y arrive des Apennins, est un vent froid et sec, tandis que dans la ville languedocienne son souffle, froid et intense, dépend de son passage sur les neiges qui recouvrent les Cévennes. Le mistral, qui vient du Nord-Ouest, et qui a à peu près la même origine que l'impétueux circius des anciens, quoique celui-ci dévie un peu plus à l'Ouest, est peu sensible à Pau, dont, suivant Clark , le calme de l'atmosphère est, du reste, le caractère le plus frappant, les grands vents y étant rares et de courte durée. Les vents de Nord y sont d'ailleurs rarement froids, pendant les premiers mois d'hiver, saison dans laquelle les vents de Sud y paraissent au contraire prédominer. Cette ville méridionale se trouve surtout abritée contre les désastreux vents d'Est que nous allons retrouver prédominants dans quelques-unes des localités suivantes.

Dans les deux stations d'Hyères et de Nice régnent, avecune grande régularité, des vents de mer, vents de Sud pendant le jour, et des vents de terre, de N., pendant la nuit. Mais, tandis que les auteurs sont unanimes sur l'inconstance et sur la violence des vents à Nice, ils ne le sont pas moins sur le calme et sur la faiblesse des vents, pendant les mois d'hiver, à Hyères. Fodéré, qui a étudié avec soin les deux plages, n'hésite pas à accorder la préférence à Hyères, sous

le rapport de l'anémologie. Quoique les vents prédominants de S. et d'E. régnent à peu près dans la même proportion dans ces deux villes, il n'est pas moins constaté qu'il se déclare, dans le bassin de Nice, souvent au milieu des plus grands calmes, des coups de vent, des changements brusques qui rendent l'hiver souvent funeste aux malades, et qui privent cette ville des belles journées de printemps; à Hyères le mistral seul, le vent de N.-O., amène de ces subites perturbations. Ce vent, qui est le véritable fléau des côtes méditerranéennes de la France et de l'Italie, peut durer 3, 7 et même 9 jours; mais, ordinairement, il ne règne que it\ heures de suite. Il prédomine en hiver avec le vent de N.-E., qui est également violent et pernicieux, car il amène souvent avec lui les orages, la grêle et la neige. Les vents de N., secs et froids, plus ou moins déviés à l'E. ou à l'O., ne sont pas seulement prédominants la nuit, mais encore ils soufflent, dans le bassin de Nice, avec impétuosité, au commencement et à la fin de la journée, et ils durent même parfois des jours entiers, en hiver; ce sont eux qui amènent les plus basses températures dans cette station. Sans être aussi froids que le mistral, les vents deN. et de N.-O., qui sont fréquents en hiver et qui partagent quelques-uns des défauts de ce souffle impétueux, contribuent avec ce dernier à augmenter les conditions fâcheuses du séjour de Nice, en hiver et au printemps.

L'orientation de la ville, se prolongeant du Nord au Sud et étant traversée dans ce sens par le torrent Paglion, permet de partager Nice en deux quartiers, l'un occidental, qui est exposé aux vents de N. quand ceux-ci sont bas, alors qu'ils suivent le cours de ce torrent; l'hiver y est froid , car le mistral le

balaye souvent; et, dans le sens opposé, le S.-O., le Libeccio, vent chaud, humide et énervant, amène, dans ce même quartier, les orages et les fortes averses. Nonobstant ces nombreux inconvénients, les étrangers s'y logent de préférence. Le quartier oriental est plus accessible aux vents de S. et d'E., qui sont de beaucoup les plus prédominants dans le bassin de Nice ; ce sont les ventsméridionaux, qui viennent de la mer, déviés tantôt à l'O., tantôt tournés complètement à l'E., qui régnent le plus souvent sur cette côte. La ville se trouve réellement soumise à un flux et reflux journalier que M. Naudot retrace de la manière suivante : « Le matin, l'air « dilaté de la mer, rencontrant la côte E. du golfe, échauffé « par les premiers feux du jour, vient s'y heurter, puis il « est projeté sur Nice avec l'apparence d'une brise orientale. « Au milieu du jour, la puissance calorifique des rayons so- « laires, élevant à un haut degré la température du fond du « bassin et des montagnes vis-à-vis de la mer, produit le vent « direct du S. Au déclin du jour le soleil, en raréfiant les « couches d'air voisines des collines qui du Var se terminent « à Cimies, amène les courants du S.-O. Le soir, le fluide «• atmosphérique des régions supérieures, condensées par « l'absence du soleil, reflue graduellement vers la mer, sous « la forme de brises septentrionales, jusqu'au moment où « le soleil, rentrant dans sa carrière, rappelle les brises du « S. (i). »

C'est à tort que quelques voyageurs, se basant sur l'exposition septentrionale de la ville de Palerme, ont avancé que ce point de la Sicile était placé surtout sous l'influence des

(i) Du Climat de Nice, 1842.

vents de N. Notre tableau XXIX nous montre les vents d'O. de beaucoup les plus prédominants, surtout combinés avec ceux de S. dans la direction d'O.-S.-O. qui constitue, pour Païenne, la brise de terre, laquelle est fréquente surtout la nuit, en été, mais qui se montre également pendant le jour, en hiver. Ce vent est à la fois le plus sec et le plus froid de ces parages, quoique le maestro, le mistral ou vent de N.-O., n'y soit pas très-rare en hiver et non moins impétueux qu'à Nice. Mais, si les vents d'E. directs sont assez rares dans la baie de Païenne, ils soufflent très-fréquemment dans la direction de N.-E. et de N.-N.E. sous la forme de brise de mer; et ce sont eux qui sont les vents les plus humides de File. Dans sa combinaison avec le S., le vent d'O. engendre le libeccio, ce vent de retour de l'alizé, qui s'est chargé de nouveau d'humidité, qui est doux et qui est le plus fréquent des vents méridionaux.

M. Vivenot, d'accord en cela avec les observateurs qui ont étudié le climat de Palerme, admet deux espèces de scirocco : dans l'une on comprend indistinctement tous les vents qui soufflent avec violence dans la direction du Sud, tandis que le véritable scirocco (x«t è%oyw) del paese ne se montre qu'au printemps, et encore assez rarement. Ce vent chaud s'annonce ordinairement par quelques rafales qui viennent dans la direction de S.-S.-E., et qui amènent un abaissement sensible de la colonne barométrique, en même temps qu'une élévation de la température et une grande sécheresse de l'air. Sa durée moyenne est d'environ Co heures. Ce vent sec et chaud, dont les auteurs ne précisent pas davantage la température, a été confondu souvent avec les vents des déserts africains ; mais Kaemtz fait remarquer, avec raison, selon nous, que, si ce

vent avait une origine africaine, il devrait souffler dans la partie S.-O. de l'île, qui est le plus directement opposée à la côte d'Afrique, et que, après avoir traversé la mer, il serait refroidi. Suivant ce météorologiste, ce ne serait que dans les montagnes nues et sèches que ce vent se charge de la chaleur désagréahle qu'il porte avec lui. Mais, d'ailleurs, il souffle réellement, sur la côte S.-O. de la Sicile, un vent sec et brûlant qui trahit évidemment une origine africaine, et qui surpasse de beaucoup en chaleur le scirocco. Ce vent, qui flétrit en quelques heures la végétation qu'il trouve sur son passage, est arrêté par les montagnes, et il est insensible à Païenne. Si les observateurs avaient tenu compte de l'époque de l'apparition de ces vents, de leur direction précise, de leur degré de chaleur, de leur sécheresse, de leur durée et des autres conditions atmosphériques qui se lient à eux, il est très-probable que leur origine ne ferait plus aujourd'hui un objet de doute. Malgré les nombreux ouvrages écrits, dans le siècle passé, et ceux qui ont paru tout récemment sur le climat de Madère, nous ne possédons pas encore de données bien précises sur la direction et l'influence, si importante à signaler, des vents dans cette île. Traversée de l'E. à l'O. par une chaîne de montagnes, Madère présente ses côtes septentrionales aux courants aériens qui viennent du N. et ses côtes méridionales à ceux qui soufflent du S. Funchal, bâtie en amphithéâtre dans la partie S. de l'île , se trouve donc protégée par cette cordillère, quoique ses parties élevées montent à plusieurs centaines de pieds au-dessus du niveau de la mer. Toutes les observations faites à Madère se rapportent à sa capitale; et, malgré cette prétendue protection contre les vents de N., Heineken et, après lui, White, trouvent que ce

sont précisément les vents de N., avec déviation à l'E., qui prédominent dans cette ville. Tous ceux qui ont écrit en faveur du séjour de Madère reconnaissent une influence alternative des vents qui, àFunchal, soufflent du N. régulièrement, en été et en automne, le matin et le soir, tandis qu'au milieu de la journée régnent les vents de S. Mason, qui a le mieux étudié la succession des vents dans cette ville, y signale une brise de terre qui se lève entre 6 et g heures du soir et qui dure toute la nuit, puis un vent de mer qui se montre vers 8 ou 9 heures du matin, et qui règne jusque vers le coucher du soleil. Cependant cette régularité est loin d'être constante, surtout en hiver et au printemps, saisons dans lesquelles les brises de mer, ou vent de S., manquent parfois. C'est là précisément un défaut capital du climat de Funchal. Il est vraiment à regretter que les auteurs qui vantent tant le séjour de l'hiver dans cette ville, passent si légèrement sur des causes aussi majeures de perturbations atmosphériques que le sont les vents, principalement quand il s'agit de la saison d'hiver.

Il règne parfois à Funchal, en hiver et en été, un vent d'E.-S.-E. que les habitants de l'île appellent le leste et que les étrangers nomment siroc, voulant rappeler par là le scirocco, si désagréable et si nuisible à la santé: vent humide, chaud et énervant, que nous avons trouvé en Sicile, qui existe à Naples, à Rome et sur toute la côte occidentale de l'Italie. Mais, outre que ce vent souffle du S.-E. et porte avec lui un grand degré d'humidité, le leste, au contraire, vient d'une direction plus Est et il est chaud, sec et stimulant; il semble donc plus logique de lui donner, et suivant sa direction, et suivant sa température, et suivant sa sécheresse,

une origine africaine; il a encore de commun, avec le samoun, le harmattan ou le khamsin, qu'il trouble l'air d'une poussière fine et qu'il dure le plus habituellement 3 jours. I leineken a vu le thermomètre monter jusqu'à 35 degrés sous l'influence du leste, etMason jusqu'il 3(>", en même temps qu'il n'a plus trouvé dans l'air que 18 pour ioo d'humidité.

11 parait toutefois qu'un vent de S.-E. peut régner à Funohal sans présenter toutes ces conditions fâcheuses; mais alors il ne reconnaît pas plus une origine africaine que le scirocco (S.-E.) que nous avons trouvé à Païenne. Il est certain que le leste véritable de Funchal est aussi nuisible aux malades prédisposés aux congestions viscérales que le khamsin de l'Egypte.

Toutefois nous espérons que les observateurs futurs nous fourniront sur Madère des données moins vagues et moins enthousiastes; et alors, nous basant sur des faits rigoureux, nous nous prononcerons sur tous ces phénomènes, que le médecin climatologiste a tant d'intérêt à bien apprécier.

Le vaste continent d'Afrique, avec les immenses déserts de ses régions centrales, si voisines de la zone équatoriale, est une puissante cause de déplacement des couches d'air qui l'enveloppent; il est comme la base d'une vaste cheminée d'appel d'où s'élèvent des colonnes d'air chauffé échappant, pendant la saison chaude, vers les régions supérieures, tandis «pie ces masses sont remplacées par des couches plus froides ou plus fraîches qui s'y précipitent surtout du N. et de l'O., des surfaces d'eau qui en baignent les côtes. De là les courants aériens que nous allons voir prédominer dans la direction de N. et d'O. sur les côtes septentrionales de l'Afrique. Ainsi, dans notre hémisphère, ces vents équatoriaux ne

suivent pas, en s'élevant dans les couches supérieures, la direction rigoureuse du S. au N.; mais, en vertu de la rotation de la terre, de l'occident à l'orient, ils prennent la direction de S.-O, courant supérieur aux vents alizés ; ils perdent de la vapeur d'eau qu'ils tenaient en suspension, à mesure qu'ils , passent dans des régions plus froides; ils gagnent peu à peu des couches plus inférieures, et ils retournent enfin, d'une région plus ou moins septentrionale , dans la direction de vents de N. déviés plus ou moins à l'E. et chargés d'un degré plus ou moins considérable d'humidité. Cette théorie a été tellement bien établie par les voyageurs que nous trouvons des traités spéciaux de météorologie, comme celui de Kaemtz, par exemple, qui affirment que, dans la partie septentrionale de l'Afrique, au Caire, à Alexandrie et dans d'autres lieux, ne régnent que des vents de N. Ces conditions seraient, en effet, des plus heureuses pour les climats chauds du continent africain ; mais les documents que nous possédons ne confirment pas, d'une manière absolue, cette opinion généralement admise, quoique néanmoins ils tendent à nous montrer les vents de la demi-rose N. réellement prédominants. Nous sommes moins renseignés encore sur l'existence des courants d'O.-N.-O. qui, suivant les calculs de Mahlmann, tempéreraient les latitudes moyennes de la zone tempérée des deux continents.

Nous empruntons au petit livre si plein de faits de M. Mitchell des résultats qu'il tire des documents existant sur Alger; il ressort de là, d'une manière bien évidente, que les vents de la demi-rose N. prédominent sur ceux des autres directions; et, suivant cet auteur, ce sont les vents de IN.-O. qui y régnent le plus souvent; ils figurent pour

les 3/io des directions générales. Les vents de la demi-rose E. forment à peu près la moitié du nombre total correspondant à l'année. Dans la demi-rose S., qui figure à peine pour la/ioo dans le tableau que M. Mitcliell emprunte aux observations du capitaine Humbert , c'est encore dans la direction d'O. que souffle le plus souvent le vent de S. ; et le vent d'O. direct est non-seulement plus fréquent que le vent d'E., mais même plus que tous ceux de la demi-rose S. Ce fait est vrai pour Alger, comme pour Oran et pour Mostaganem. Si d'ailleurs nous groupons ces données suivant la méthode de Schouw, nous trouvons (voir le tableau XXIX) que ce sont les vents d'O. qui prédominent à Alger, tout comme nous les avons trouvés dominants à Alexandrie; mais à Oran et à Mostaganem ils sont dans une proportion légèrement inférieure à ceux du N. ; la même chose aurait lieu au Caire, suivant les observations de Destouches.

Ces conditions atmosphériques se présentent dans des rapports difféi^ents, suivant les divers mois et saisons de l'année ; ainsi , d'après les observations du capitaine Humbert, les vents de la demi-rose S. et ceux d'O. deviennent plus fréquents à Alger, en hiver, en même temps que la proportion de ceux de la demi-rose N. diminuent sensiblement, par rapport surtout à leur fréquence, pendant les mois les plus chauds. Ces différences portent plus particulièrement sur un certain échange entre les vents de S., dont la fréquence est plus grande en hiver qu'en été, et les vents d'E. qui soufflent moins souvent dans la saison froide que pendant les mois fhauds de l'année. Ce fait est aussi évident à Alexandrie qu'à Alger; et, quelle que soit la méthode d'après laquelle on place les vents, ce sont toujours ceux d'O. que nous

trouvons prédominants dans ces stations des côtes africaines.

De l'étude comparative de ces documents avec ceux que nous avons pu recueillir nous-mêmes sur l'Egypte, il résulte que les vents du N. ne sont pas les plus fréquents sur les côtes septentrionales de l'Afrique, comme le soutiennent la plupart des climatologistes, mais bien ceux qui soufflent dans la direction Ouest combinés, il est vrai, le plus souvent, avec des courants aériens soufflant dans la direction Nord. Les vents d'O. prédominent de 1/6 ou même de i/5 sur ceux de N., tant à Alger qu'à Alexandrie; mais à Mostaganem et à Oran l'inverse semble être vrai, car les vents de N. y régnent un peu plus souvent que ceux d'O. Ces différences nous paraissent dépendre surtout des conditions locales propres à ces deux villes, qui se trouvent à l'occident d'Alger, et précisément dans cette partie où la Méditerranée commence à être resserrée entre l'Espagne et l'Afrique, dans la direction de Nord-Est. Nous voyons, en effet, d'après le tableau comparatif que dresse M. Mitchell entre la fréquence des vents du fond de ce détroit et celle des vents qui soufflent à Alger, qu'à Gibraltar les vents d'O. ne se présentent plus que dans une proportion très-minime.

De la prédominance des vents d'O. pendant les mois d'hiver, plus encore que pendant ceux d'été, sur les côtes africaines de la Méditerranée, on est conduit à admettre que les conditions anémologiques de l'hiver, dans ces stations, sont identiques à celles de la saison chaude des régions tempérées de l'Europe; il semble donc que, toutes autres conditions égales d'ailleurs, pour jouir d'un été constant, ainsi que cela peut convenir à certaines classes de malades, ceux-ci n'auraient

qu'à émigrer de l'Europe vers ces localités de la côte africaine.

Les avantages que nous venons de signaler, et qui sont tous en faveur du climat d'Alger, ne se rencontrent ni à Madère ni à Nice, où nous avons vu prédominer les vents de N. , il est vrai, dans des conditions bien différentes; et, dans son tableau comparatif, M. Mitchell fait surtout ressortir cette fâcheuse prédominance des vents de N. à Nice pendant l'hiver; cette fréquence tient principalement à la ceinture septentrionale des montagnes couvertes de neige et de glace qui enlacent le côté Nord dû bassin de cette ville.

Il règne aussi en Algérie un vent sec et chaud que M. Casimir Broussais dit avoir observé douze fois en i845; ce vent, c'est le scirocco, vent de S.-E. qui nous paraît, comme le khamsin d'Egypte et le leste de Madère, prendre son origine dans les déserts de l'Afrique centrale ; les conditions de sécheresse, de chaleur brûlante, leur action nuisible sur les végétaux et les animaux, tout indique leur commune origine. Mais, comme le fait remarquer M. Mitchell, ce vent souffle rarement à Alger, pendant l'été, et il n'y est pas plus fréquent en hiver; d'ailleurs, quand il se montre, il est chargé d'un degré d'humidité plus ou moins prononcée qu'il a enlevée en passant sur les montagnes de l'Atlas ; par conséquent, il ne vient plus à Alger dans toutes les conditions nuisibles que nous lui connaissons en Egypte, et qu'il conserve même jusque dans la station d'Alexandrie.

Quant aux conditions anémologiques de la moyenne et de la haute Egypte, nous n'avons guère à invoquer, jusqu'à ce jour, que les observations de Destouches, pour le Caire, et celles de M. Uhle, pour la haute Egypte. N'ayant aucun moyen de contrôle,. nous les acceptons telles quelles, en

faisant remarquer toutefois que les vents de N. qui prédominent tant au Caire, par rapport à ceux qui viennent des autres directions, ne semblent avoir une plus grande fréquence que pendant la saison chaude ; même 'les observations de Destouches nous donnent, pendant l'hiver, une prédominance sensible des vents d'O., ou, du moins, ils se montrent aussi fréquemment que les vents de N. , et nous-même les avons trouvés dans cette proportion, pendant le mois de janvier, sur le haut Nil. Par ces motifs, et par d'autres encore que nous avons déjà énoncés, nous ne croyons pas pouvoir accorder toute confiance aux résultats anémologiques de M. Uhle, suivant lequel il ne régnerait dans la haute Egypte, en hiver, que des vents de N. et de S. Nous en appelons donc à d'autres et nouvelles observations à ce sujet.

§ IV. Météores aqueux de l'Egypte comparés à ceux des autres stations d'hiver.

Dans son courant ascensionnel des régions tropicales au pôle boréal, l'air dilaté et chargé de vapeurs d'eau abandonne celles-ci à mesure que, passant d'une zone plus chaude à une autre plus froide, il se contracte et engendre des pluies ; dans son retour vers la zone torride, l'air passe, au contraire, des contrées plus froides dans d'autres qui sont plus chaudes ; il se dilate et il reprend des vapeurs d'eau, qu'il tient en dissolution ou en suspension, celles-ci ne formant plus de nuages condensés et n'engendrant plus que de rares ondées de pluies. C'est ainsi que nous voyons le ciel devenir plus pur à mesure que nous avançons dans les régions mé-

ridionales de l'Europe, et que nous trouvons déjà, sur les côtes de l'Afrique, cette sérénité tant vantée par les voyageurs ; c'est ainsi que, dans ces latitudes, nous voyons la quantité de pluie annuelle diminuer peu à peu, et, déjà dans la Thébaïde, comme dans cette même zone de l'Afrique centrale, il ne pleut plus du tout. Mais l'évaporation qui se fait à la surface de la terre n'est cependant pas suspendue ; c'est elle qui entretient la vie dans les plantes du désert, et les rosées et les brouillards sont fréquents, même jusque sur le haut Nil, pendant les mois d'hiver. Il n'est plus permis de soutenir aujourd'hui qu'il ne pleut pas au Caire ; nous avons vu tomber de l'eau, même à Siout, dans le mois de janvier, quoique dans une proportion infiniment faible.

Le tableau suivant tend à prouver ce que nous avançons, tout comme il indique la proportion de pluie qui tombe dans diverses stations :

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