OBSERVATION XXII
GiLETTB — Coloborae des deux paupières supérieures, Union médicale, 1873 (n° 60).
Nous venons d'observer à la consultation de l'Hôtol-Dieu, chez un petit Italien, de six ans, un vice de conformation des deux paupières qui nous a paru très rare^ car il ne se trouve même pas mentionné dans nos auteurs classiques. Je veux parler d'une fissure congénitale des deux paupières supérieures, comparable, jusqu'à un certain point, au bec-delièvre des lèvres.
On sait, en effet, qu'ordinairem -nt, dans le vice tératologique auquel on donne le nom de colobome, la fente occupe exclusivement l'une des paupières, et peut-être le plus souvent l'inférieure ; de plus, la division atteint parfois non seulement le voile palpébral, mais l'iris, la choroïde et même la rétine. Dans l'exemple fort intéressant que nous avons eu un instant sous les yeux, la lésion était bornée aux deux paupières. Chacune de ces fissures siégeait au niveau de la partie interne de la paupière, qu'elle intéressait dans toute son épaisseur ; elle consistait en une encoche dont l'écartement, représentant à peu près 10 millimètres, était Hmité en dedans et en dehors par deux tubercules où se voyait distinctement la continuité de la muqueuse et de la peau ; sur le tubercule interne constituant le reste de la paupière à ce niveau, on ne voyait ni cil, ni point lacrymal supérieur à droite, mais à gauche l'existence à son niveau de deux petits poils pouvant le faire regarder comme représentant en grande partie la caroncule lacrymale.