‹ Du colobome congénital des paupières [electronic resource]Chapitre 37 sur 58 · OBSERVATION XLI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLI

Gand , clinique du D' Fieuzai., — Bulletin de la clinique des Quinze- Vingts, t. V, n° avril-juin 1887. — Un cas de colobonie de la paupière supérieure gauche avec dermoïdes multiples.

P. (Eugénie), vingt -deux ans, vient consalter, le 22 février 1886.

Histoire. — Depuis la naissance, de petites tumeurs, d'apparence dermoïdft, se seraient montrées en différents endroits de la conjonctive et d ' paupières, sans qu'aucune d'elles ne se soit accrue, ni se soit diminuée de volume. De plus, la malade raconte qu'au moment de la naissance, elle avait, à la région temporale, diverses excroissances figurant une main dont on voit encore les traces; elle ajoute que le colobome de la paupière supérieure droite ne serait qu'une encoche laissée par le pouce? Il y a trois ans, la malade consulte un oculiste, qui lui fait subir plusieurs opérations sur lesquelles elle ne peut donner de détails.

Etat actuel. — Les dermoïdes sont multiples. Les uns siègent au niveau du bord scléro-cornéen empiétant autant sur la cornée que sur la conjonctive ; deux sont symétriquement placés à la partie inféro-interne des cornées, ils ont environ 8 millimètres de diamètre; un autre, plus petit, se voit avec la même disposition à la partie supéro-externe de la cornée gauche. Si l'on cherche à renverser la paupière supérieure droite, on fait saillir un kyste conjonctival de la grosseur d'une amande, et peu adhérent aux parties profondes. Dans l'angle interne des paupières, on trouve encore deux tumeurs symétriques, la droite plus volumineuse et de la grosseur d'un petit pois. Deux autres tumeurs aplaties, peu volumineuses, siègent à la commissure palpébrale externe droite et dans la région temporale voisine.

Le colobome de la paupière supérieure s'étend à toute sa hauteur, le cartilage tarse est complètement divisé, on recon-

naît sur les bords de la section naturelle quelques cils remontant jusqu'à la partie supérieure de la fente , et attestant l'origine congénitale delà lésion ; on reconnaît aussi les traces d'un aviveraent, pratiqué autrefois sans succès, dans le but de refaire la paupière. La malade a toujours été très myope; elle lit 1/3 avec —12 à gauche; adroite, elle ne compte les doigts qu'à 1 m. 50, sans amélioration. Il y a de la sclérochoroïdite postérieure. Pour lire, la malade ne se sert que de 0 G.

Antécédents. — Rien à noter : le père, la mère et une sœur (unique) ne présentent aucun vice de conformation.

La malade n'a jamais eu mal aux yeux.

Le 3 mars, le D''Fieuzal pratique l'extirpation de la tumeur de la paupière supérieure gauche. Les dermoïdes sclérocornéens sont enlevés avec le bistouri et suivis d'une cautérisation au galvano- cautère.

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