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CHAPITRE PREMIER

Possibilités commerciales de l’Indochine

au point de vue du commerce extérieur

A.— Riz. — Statistiques d'exportation.

Pays qui s’approvisionnent de riz indochinois.

Le riz tient la tête des productions de la colonie: il serait même encore possible d'augmenter cette culture ;car une grande quantité de terrains susceptibles de produire cette céréale sont incultes. Peut-on craindre la surproduction ? On peut faire à cette question une réponse catégoriquement négative. On trouverait, en effet, facilement des débouchés pour cette denrée : l’Extrème-Orient demande du riz avec une telle régularité que celui-ci pourrait presque servir dans ces pays de base aux transactions.

En Cochinchine, où les rizières occupent la surface la plus considérable; où le travail est plus facile, le climat plus régulier, les terres plus riches, la moitié seulement du delta du Mékong est en culture. La consommation des habitants ne dépassant guère le

tiers de la récolte, nous pouvons, de ce fait, nous

rendre compte que les disponibilités pour l’exportation sont énormes. D'ailleurs, il est à remarquer que la Cochinchine vient au deuxième rang parmi les pays exportateurs du riz, aussitôt après la Birmanie, état de l’Indochine appartenant à l'Angleterre. Dans les bonnes années, la Cochinchine peut exporter plus de 800.000 tonnes de riz ; d’après les statistiques des douanes, l’exportation du riz s’est élevée pour l’année 1908 à 1.234.002 tonnes dont 975.293 pour la Cochinchine ; 253.302 pour le Tonkin et 15.108 pour l’Annam. Cette quantité considérable de riz représentait une valeur de 138.172.142 francs, dont la part de la Cochinchine s'élevait à elle seule à 107.875.000 francs.

Au Tonkin, la culture du riz nécessite plus de travail : les pluies étant moins régulières, la terre très morcelée et la population plus dense. Pour irriguer les rizières,lesindigènes sont obligés de seservir d’instruments spéciaux et comme ils sont peu accessibles aux perfectionnements de l’agriculture moderne, ils se servent de cuillers en bambou tressé, qui, d'un mouvement incessant, font passer l’eau d’une rizière dans l’autre.

Les deux principaux centres de culture sont en Indochine :les deux deltas du Mékong et du Fleuve Rouge. Les superficies cultivées ne nous sont pas exactement connues; toutefois, d’après les registres d’impôt, on peut évaluer à 1.200.000 hectares les superficies plantées de riz pour la Cochinchine ; à 900.000 hectares

pour le Tonkin ; quant au Cambodge et à l’Annam,

les statistiques sont si insuffisantes, qu’il vaut mieux ne pas donner de chiffres.

Au Tonkin, il est assez difficile de développer cette euliure au point de vue étendue en raison de la densité des habitants; on compte, en effet, jusqu'à 360 habitants par kilomètre carré dans certaines régions. On pourrait cependant augmenter le rendement des rizières, en faisant des améliorations afin d’éviter dans la mesure du possible les inondations et les sécheresses. Depuis l’occupation française, les travaux ont d’ailleurs commencé et c'est à notre initiative que l’Indochine doit le canal de Xano d’une longueur de quarante kilomètres, qui relie un des bras du Mékong, le Bassac par l’intermédiaire de son affluent le Rach-Canto, à l’ane de ces rivières de Cochinchine qui sont presque des fleuves, le Rach- Caïlon (1). Ce canal est non seulement une voie de communication; mais aussi un précieux organe d’asséchement.

En Cochinchine, au contraire, il reste d'immenses superficies à cultiver, ce qui manque le plus c’est la main-d'œuvre surtout dans le delta. L’Annamite se soucie fort peu des grandes entreprises : il cultive pour lui et sa famille et sa seule préoccupation est d’assurer la subsistance des siens. Espérons qu'avec notre influence, l’indigène sortira de cette insou-

ciance, qui est le propre de son caractère et que,

1. AzBéric Nxron. L’Indochine el son avenir économique, p. 161.

Questien des irrigatiens.

ET pu mettant à profit les perfectionnements agricoles modernes, il n’hésitera pas à mettre en valeur les terres, qui sont encore susceptibles de produire.

Le riz, à la fois culture vivrière et d'exportation de Indochine, est livré au commerce sous toutes formes : paddy (riz non décortiqué), cargo (mélange de balle et de riz décortiqué pour assurer pendant de longs mois la conservation de celui-ci), riz blanc (décortiqué), brisures de moulins et farines. C’est l'exportation du riz blanc qui domine. Au point de vue commercial on distingue même trois variétés de paddy et de riz blanc sur le marché de Cholon, faubourg industriel de Saïgon : le go-cong, grain rond demandé en Europe ; le vink-long, grain long le plus abondant ; le bai-xau grain demi-long demandé en Chine, où, il est considéré comme le plus nourrissant. Ceci donne une idée de l’extrème variété du riz.

En ce qui concerne l’exportation de cette céréale, voici quelques chiffres tirés des statistiques des douanes nous montrant l'énorme quantité de riz que peut

produire notre colonie :

Année 1902. . . 1.115.600 tonnes de riz.

— 19000707 576.000 — .— 1900 75e 780.000 — — 1907 Re 228, 191 — — 4908. . . 1.234.002 | —

Ainsi que nous pouvons le constater, c'est en 1907

So que fut atteint le maximum d'exportation de cette céréale avec le chiffre de 1.428.191 tonnes. Par contre, les récoltes de 1903 et 1905 furent très mauvaises en raison des inondations.En 1906, un mouvement de hausse s’est fait sentir, hausse qui s'accentua en 1907 année exceptionnelle il est vrai. Toutefois, nous observons que l’année 1908 est elle-même supérieure aux années précédentes : ce qui nous permet d'affirmer que l'exportation du riz d’Indochine suit une progression nettement ascendante. Ces riz proviennent surtout de la Cochinchine qui exporta en 1908 à elle seule pour 107.875.000 francs de riz, alors que le Tonkin en exporta 29.925.000 francs et l'Annam seulement pour 1.514.000 francs.

L’étranger avait demandé à l’Indochine en 1907 1.236.699 tonnes de cette denrée, ce qui représentait une valeur de 131.643.000 francs; la France et ses colonies en avaient acheté pour la somme de 21.853.000 francs soit 191.421 tonnes. Le port de Hong-Kong en reçut une quantité de 690.170 tonnes évaluées à 70.280.000 francs, le reste fut exporté en Chine, au Japon, à Singapoore et dans certains pays d'Europe : Allemagne, Russie, Angleterre.

L'exportation du riz vers là métropole est en

hausse notable depuis quelques années, surtout le riz blanc.

Année 1905. . . . 139.400 tonnes NT LO00 SA TS = HO TOO 7 pie, D AO TERRE

—.,,4908.6 4 ane 1422150

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