‹ Du Commerce Extérieur de l'IndochineChapitre 3 sur 26 · LS ASS · texte numérisé non relu

LS ASS

En 190%, l’exportation vers la France avait été exceptionnellement forte : 220.000 tonnes, cela tenait aux faibles envois de 1903 se chiffrant par 89.700 tonnes et aussi à la hausse du maïs, à la place duquel, on avait cherché à utiliser le riz. En effet, les distilleries françaises emploient beaucoup de maïs, dont les États-Unis d'Amérique peuvent lui envoyer des quantités énormes et qui, en temps ordinaire, vaut 4 à 5 francs de moins que le riz par 100 kilogrammes. Les sous-produits de la distillation du maïs sont également d’une valeur supérieure à ceux du riz et la question des sous-produits est très importante dans l’industrie moderne.

Il est certain néanmoins que la demande de la métropole devient de plus en plus régulière. Nos riz ont cependant un inconvénient : celui de ne pouvoir lutter pour la belle apparence avec ceux d'Italie, de Birmanie et du Japon, qui subissent bien mieux le polissage. Malgré cela, ils sont d’un bon usage dans l’amidonnerie, la féculerie, la nourriture des volailles, la fabrication de l’alcool et de la bière.

Le plus fort débouché pour les riz de l’Indochine est l’Extrême-Orient : la destination principale est la colonie anglaise de Hong-Kong où vont exclusivement les céréales du Tonkin et de l’Annam. Celles-ci étaient autrefois réexportées de ce port vers la Chine méridionale notamment vers Canton et Fou-Tchéou; depuis ces dernières années, elles vont surtout au Japon. Avant 1904-1905, le Japon prenait des quan-

tités de riz très variables en Indochine ; mais il sem-

EE ble maintenant avoir avec notre colonie un courant d'exportation important et régulier.

Les Philippines ont exporté d’Indochine d'assez grandes quantités de riz; il est toutefois prudent de prévoir une diminution sensible en raison de l’influence américaine, qui s’y exerce actuellement. Les Philippines ne nous paraissent donc vraisemblablement qu’un marché temporaire.

Les Indes néerlandaises constituent un débouché plus sûr, de même que la Chine, d'autant plus que lorsque celle-ci se transformera au point de vue industriel, cela augmentera certainement le nombre de ses habitants, nombre déjà énorme, puisqu'il atteint au minimum un chiffre de 340 millions.

Quant à l’Europe, elle laisse sans difficulté le courant du riz indochinois dériver vers la France, qui leur fait à l’entrée un régime de faveur exceptionnelle en les admettant en franchise, alors qu'elle perçoit sur les riz étrangers un droit de 8 à 11 fr. 60 les 100 kilogrammes, selon qu'ils sont importés directement ou par les entrepôts d'Europe. On peut ajouter un droit d'exportation perçu en Indochine sur les riz qui sortent pour toutes destinations autres que la métropole; mais ce droit est très léger et sans influence en réalité, car il est de 0 fr. 32 par 100 kilogrammes pour le riz blanc.

Le commerce du riz indochinois est encore loin d’avoir atteint les proportions qu’il pourrait prendre. Des superficies considérables de terres cultivables

sont disponibles au Cambodge, dans le centre du

Up Laos et dans certaines contrées de l’Annam. La mise en valeur de ces territoires sera très lente, à cause de la faible densité de la population. Par contre, on peut constater une mise en culture plus rapide de terres en friche dans la Cochinchine et le Tonkin. La superficie des rizières inscrites au livre de l'impôt foncier de Cochinchine est passée de 800.000 hectares en 1887 à 1.100.000 en 1897 et à près de 1.500.000 en 1907 et encore, faut-il faire abstraction de nombreuses terres, qui ne sont pas soumises à l'impôt.

D’ailleurs, la production du riz peut augmenter sans craindre de ne point trouver de débouchés ; car le riz est une denrée précieuse au point de vue alimentaire, d'une consommation régulière et qui fait le fond de la nourriture des peuples d’Extrème-Orient. Malgré des fluctuations assez sensibles d’une année à l’autre et qui tiennent à de mauvaises récoltes, comme en 1903 et en 1905, le riz représente en moyenne une valeur de 20 ‘/, supérieure à celle de tous les autres articles d'exportation réunis. La commodité d'emballage, la modicité de son prix de transport et son abondance en font à vrai dire un objet de fret par excellence. Recherché par tous les marchés d’Extrême-Orient, il entretient nos relations sur toutes les lignes des mers de Chine : il règle le courant du commerce extérieur et fait de Saïgon le premier port de l’Indochine.

Il est donc essentiel : de favoriser ce facteur du

commerce de notre colonie, d'améliorer et d'étendre

ET tea la production du riz, de manière à dominer sur les marchés qui nous servent de débouchés. Ce résultat nous est d'autant plus possible, que la concurrence étrangère ne dispose que d'éléments insuffisants. Bornons-nous à la conquête des marchés d'Extrème- Orient et en particulier de la Chine, qui avec sa population considérable, présente des facultés de consommation constituant le débouché le plus sûr

pour la production des riz indochinois.

B. — SEL MARIN. — WMonopole de 1898. — Industries des saumures et des salaisons de poissons.

Le sel donne lieu àunimportant trafic en Indochine : les sauneries de Baira notamment étaient très prospères avant 1898, époque de la grande réforme de l’unification budgétaire, œuvre de M. Doumer, alors gouverneur de notre colonie. Ces fabriques exportaient beaucoup et le monopole de la vente du sel, établi en 1898, causa un malaise très vif dans la population. La réglementation, à notre avis, fut un peu trop bâtive, peu modérée et pas assez libérale; de plus, d’audacieuses spéculations firent atteindre des prix de famine. L'industrie des sels et des salaisons de poissons en souffrit beaucoup : le sel était fort cher, lés indigènes en achetaient moins et les poissons ne furent pas conservés en aussi grandes quantités que d'ordinaire. Cela fut d’autant plus regrettable que,

dans les années qui suivirent, les inondations, qui

UT

causèrent un tort énorme aux récoltes de riz, auraient cependant permis la capture d'un grand nombre de poissons, ce qui eût compensé en partie les pertes agricoles, L'impôt sur le sel est un impôt fort difficile à établir; nous en avons eu des exemples en France et il nous suffira de rappeler ce passage d’une vieille chronique du moyen âge « la gabelle du sel était moult déplaisante au peuple » pour prouver que cet impôt fut de tout temps impopulaire. Ce sentiment explique aussi l'hostilité des indigènes envers le monopole du sel, qui causa, ainsi que nous le rapporte les historiens, tant de procès et d’émeutes dans l’ancienne France.

Quoi qu'il en soit, depuis 1898 les chiffres de l’exportation du sel ont singulièrement diminué. Voici d’ailleurs le tableau des quantités de sel exporté de 1895 à 1907, d’après le Bulletin du Comité de l'Asie

française :

Année 4895. . . . . . 18.000 tonnes sen 11000. ME 000 — NA OUT DTA DORA OO ne 1008 2 RM ER 31 000 — 0e 1590.27 00 Et 929 ‘22.000: + — 1000 OR LT 0002.

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MNT:

Anheées 21906 42 ER mA 8 000 AMHONNES A0 ea me RM OOOREE= Er 2AOOS CRT ER LU 000 ES —

Le sel pour l’exportation est vendu après exonération de la taxe de consommation établie par M. Doumer.Jusqu’au mois de mai 1906, l’administration était liée par un contrat avec un commerçant, qui à la suite d'avantages à lui concédés, avait en fait le monopole du sel. C'était là une forme d’exploitation transitoire ; car depuis l'expiration de ce contrat l’administration des douanes et régies vend aux enchères publiques le sel destiné à l’étranger.

En 1907, l'exportation du sel marin, brut, s’est élevé pour l’Indochine à 140.485 francs, en 1908, elle fut un peu inférieure et n’atteignit que 105.380 francs. Les envois ont généralement lieu sur tous les pays d’Extrème-Orient, principalement vers Hong-Kong et le Siam ; mais aussi vers la Chine, le Japon et Singapoore.

Si importante que devienne cette production, la colonie n’aura aucune difficulté pour écouler son excédent de sel : cette denrée est en effet assez recherchée par les exportateurs d’Indochine. Notons que contrairement aux années précédentes Singapoore fut le meilleur client pour l’achat du sel indochinoiïs : des expéditions furent faites également en . Birmanie et au Siam.

Le sel, entrant dans la préparation des poissons salés exportés, devrait être exonéré de la taxe de

consommation ; toutefois le grand nombre de saleurs et de saumuriens rend impossible la surveillance de cette fabrication. C’est pour cette raison, que ce sel paie la même taxe que celui consommé dans le pays.

Les poissons salés destinés à l'exportation proviennent surtout du Cambodge. Cette contrée renferme un grand nombre de pêcheries, qui entretiennent la nombreuse population côtière des grands lacs et dont la régularité du régime des eaux du Mékong garantit l’uniformité. Le bénéfice du commerce d’exporta-

tion du Cambodge est dû, pour la presque totalité, à la prospérité des industries de salaisons, qui livrent à l’étranger sous diverses formes près de 12.000.000 de francs; c’est-à-dire la valeur presque entière inscrite à cet article dans le mouvement général de Indochine, valeur qui s’élève dans les bonnes années à 13.000.000 de francs. Si le Cambodge est intéressé tout particulièrement par cette industrie des salaisons,remarquons néanmoins que celle-ci s'exerce sur tous les points de la partie maritime de l’Indochine avec des résultats variables. D’une manière générale, la production cependant ne dépasse guère la consommation locale et ne donne par suite qu'un faible contingent au commerce extérieur. L'exportation des salaisons ne s'élève pas à plus de 2.500.000 francs pour l’Annam, ni à plus de 275.000 francs pour le Tonkin. Quant à ce qui est de la part de la Cochinchine dans l’exportation des poissons salés, il nous est diffi-

cile de la préciser, car les quantités sont relevées

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