tonnes par année. Ces industries des salaisons
sont intimement liées à la récolte du sel et à l’abondance de la pèche. Nous venons de voir que l’année 1905, avec son maximum de 32.198 tonnes de pois-
sons salés, marque un énorme progrès sur les années
précédentes au point de vue de l’exportation. Il est
à espérer que cette industrie un instant compromise,
par suite de l'établissement du monopole sur le sel,
pourra retrouver sa prospérité première: l’année 1907 avec ses 9.295.963 francs et l’année 1908 avec ses 9.654.720 francs de poissons exportés font bien augurer de l’avenir, Les envois se font surtout vers Singapoore, Hong-Kong, la Chine et le Siam. N’oublions pas que les saumures et les salaisons de toutes sortes sont réclamées par tous les pays d'Extrême- Orient dont les habitants en font avec le riz leur principale nourriture.
Étant donné les énormes quantités de poissons qui subissent une préparation autour du Grand Lac et sur les bords de la côte d’Annam, ne pourrait-on pas installer des usines dans le but d'utiliser les déchets de poissons. Il nous semble qu'il serait possible de transformer ces débris en une sorte de poudrette riche en phosphore et surtout en azote, qui servirait à l'amélioration du sol de l’Indochine et dont le surplus trouverait facilement un débouché dans les pays limitrophes de notre colonie.
Le poisson frais est exporté en assez grande quantité ; les statistiques nous donnent pour 1907 le chiffre de 378.580 fr. et pour 1908 celui de 415.953 fr. représentant le montant des envois faits en Chine, à Hong-Kong, à Singapoore et surtout au Japon, pays qui en fait une grande consommation. Parmi les produits se rattachant à l’industrie de la pèche, notons également l'huile et la colle de poissons, qui pourraient figurer pour des chiffres importants dans le commerce extérieur de l’Indochine.
Par l’étude qui précède, nous nous sommes rendu