‹ Du commerce français en ChineChapitre 5 sur 19 · AO · texte numérisé non relu

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lion ([ue ieur cause chacune tle nos innovations avant de les admettre à leur usage. Qu’on examine rinduence qu’exerce déjà, depuis quelques années, en peinture, l’école européenne sur l’école chinoise. Là où le contact des Européens s’est quelque peu prolongé, des peintres chinois se sont formés, dont les oeuvres ne dépareraient pas nos musées. Si l’on eût réfléchi à rextension qu’a prise en Chine l’horlogerie, qui est toute d’invention européenne, on ne se serait sans doute pas prononcé contre la chance de voir le marché chinois s’ouvrir à des produits nouveaux.

Nos vins, nos eaux-de-vie, nos liqueurs, doivent aussi à la longue se faire jour. Il faut s’en rapporter pour cela à la sensualité chinoise, qui recherche tous les excitants, tous les réconfortants. Ajoutons qu’il y a peu à faire pour provoquer la consommation de nos boissons alcooliques; car les Chinois sont déjà habitués à des boissons analogues, qu’ils obtiennent de la distillation du produit de la fermentation de plusieurs espèces de riz, de rhalcus-serghum et du mil [hao-lien). Le mil, que j’ai eu occasion d’examiner, est l’espèce cultivée en Afrique, et avec laquelle on prépara le couscous.

Tous ces alcools marquent de 17 à 21” à l’aréomètre de Baume. Ils conservent un arrière-goût d’huile empyreunialique, analogue à celui de nos eaux-de-vie de grain, et qu’on dissimule quelquefois en y faisant infuser diverses substances végétales. Le samehou de riz s’appelle chou-hien-hong-îsiou, quand on y a fait infuser de la rhubarbe; moa-qua-tsiou , quand on y a fait infuser le fruit du papayer; chu-tli-tchao, quand ce sont des poires, etc. Le prix de ces diverses boissons est communément de 60 à 75 centimes le litre; mais il existe du shamchou qualité qui vaut jusqu’à 1 franc 5o centimes le litre. Ils ont un léger goût de kirsch , qui indique que des amandes ou noyaux entrent dans leur préparation. La capacité des jarres qui les contiennent varient entre 1 et 10 cotties.

J’ai eu occasion de boire chez un Chinois du kao-lien-tsiou venant de Tui-Chin, port situé à 3o lieues de Pékin. Il était enfermé dans une jarre de terre d’environ un litre de contenance, et recouvert d’un papier rendu imperméable au moyen d’une colle. Il coûtait 76 centimes le cotty. On nous le servit chaud. Cette liqueur me parut assez médiocre.

L’usage du sam -chou est assez répandu en Chine; les dames

en font, à leurs repas, une grande consommation. On le sert chaud dans des tasses.

Déjà les liqueurs d’Europe ont fait invasion en Chine. Le cherri-brandy, eau-de-vie de cerises de Danlzick, y est fort apprécié. Le flacon carré, de la contenance de trois quarts de litre, se vend en moyenne 3 francs par caisse de 1 2 flacons. Nous avons d’ailleurs eu occasion de constater le goût prononcé des Chinois pour nos principales liqueurs, douces et fortes, pour le kirsch surtout, et nous pensons que des liqueurs communes et à bon marché trouveraient un grand débit chez eux.

Quant à nos vins, nous n’hésitons pas à dire que les vins forts ou sucrés du Pioussillon et du Languedoc , du cru de Rivesaltes, de Frontignan, deLunel, ainsi que leurs imitations, deviendraient promptement du goût des Chinois. Nous avons remarqué maintes fois avec quel emprèssement ils en acceptaient, et combien ils les appréciaient. Toutefois, il faudrait, pour commencer, que les prix ne dépassassent pas i fr. 5o c. à 2 fr. la bouteille. Les vins de Champagne, et mieux encore les vins de Saini-Perez mousseux, pourront aussi prendre place dans la consommation ; mais nous avons toujours remarqué chez les Chinois une insurmontable répugnance pour nos vins rouges et blancs de Bordeaux et de Bourgogne, bien que ceux qui leur étaient offerts eussent été choisis dans les meilleures qualités.

Mais, nous le répétons , il faut le temps pour tout, et plus en Chine qu’ailleurs; la persévérance dans les efforts est un des éléments essentiels du succès. Espérer que les quelques navires français qui apparaissent de temps à autre dans les ports de la Chine réussissent sans effort et de prime abord à vendre des marchandises d’un usage inconnu , et changent les habitudes d’un peuple qui, en raison de l’éloignement où il s’est trouvé des autres civilisations, est accoutumé à se suffire à lui-même, à vivre de son sol et de son industrie, et qui porte, dans la satisfaction de tous ses besoins physiques comme dans la contemplation de ses doctrines morales, un préjugé de supériorité sur les autres nations, ce serait, certes, se bercer d’espérances chimériques. Mais, pour ne pas admettre qu’à la longue l’instinct du bien-être et des jouissances matérielles fasse sortir le Chinois de ses vieilles habitudes et l’aide à franchir les obstacles que semble poser le livre des rites , il faut ne pas considérer les ra-

pkîes, les immenses progrès qu’a faits l’opium, dont îa consommation était inconnue en Chine il y a à peine 5o ans,

11 nous reste à donner quelques renseignements sommaires sur les principales places de commerce que doivent fréquenter nos navires dans la Chine et l’Indo-Chine. Nous parlerons d’ahord des ports de la Chine ouverts au commerce européen, savoir : Macao, Hong-Kong, Canton, Amoy, Tchusan, Fou-Tchou- Foo, Ning-Po, Shang-Haï, puis de Manille, de Singapore et de Batavia.

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