MACAO
La position des Portugais à Macao n’est pas celle d’un peuple qui a planté fièrement son étendard sur la terre de Chine et qui jouit en souverain du sol où il s’est établi. Tout porte dans celte occupatioiî le caractère d’une concession faite bénévolement à des étrangers et humblement acceptée par eux. Tant que la ville de Macao se soumettra au tribut annuel de 5üo taïls , qu’elle paye au gouvernement chinois, on sera jusqu’à certain point en droit de contester la souveraineté du Portugal sur cette terre, et c’est ce que les Anglais ont déjà fait en maintes occasions. Quoi qu’il en soit, le sort de Macao , comme place de commerce, s’est décidé en 1842. Si, à cette époque, le gouvernement portugais, retenu dans l’ornière des vieilles idées par des intérêts mal entendus et mesquins, avait déclaré libre le port de Macao, il eût empêché le développement de Hong-Kong en retenant à Macao les principales maisons de commerce anglaises et américaines qui y étaient établies, et comme il n’est sur les côtes de Chine aucun lieu plus salubre, plus agréable, et où les habitudes de la vie européenne aient une satisfaction plus complète, Macao, port libre, fût resté le principal centre du commerce des Européens à Canton, en dépit des efforts du gouvernement anglais. Mais les droits maintenus sur les marchandises et les taxes de port déterminèrent les Anglais à se retirer à Hong-Kong, et les Américains à se rapprocher du centre de leurs opérations en se rendant à Canton même.
Après bien des tâtonnements, toujours suivis de quelque réduction de taxes, le dernier tarif du 3 décembie i844 vient d’être annulé définitivement, et la franchise du port de Macao proclamée. Cette mesure, qu’il eût fallu prendre il y a quatre ans , vient trop tard.
Macao est mort; rien ne pourra plus donner de vie à son commerce, car si celle ville offre, comme nous venons de le dire, la situation la plus agréable aux Européens, il s’en faut beaucoup que ce soit la plus favorable à leurs affaires. Aujourd’hui donc que le commerce s’est déplacé, qu’il a pris de nouvelles habitudes, il ne retournera plus à Macao.