‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 16 sur 90 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

oveSy l'infaillibilité absolue, séparée, personnelle du Pontife romain. Ce texte ne fournit donc pas la démonstration de ce système. • v. Application Nous avons dit, en commençant ce chapitre, que

des deux .

méthodes, la méthode d isoler les textes sacres, pour raisonner sur ces textes isolés, d'après une logique abstraite qui ne tient pas compte de l'ensemble des textes et de l'histoire,, est pleine de dangers. Qu'il nous soit permis de donner ici un exemple des inconvénients de cette méthode; et cet exemple, nous l'espérons, sera une nouvelle et positive confirmation de la doctrine exposée dans cet ouvrage.

En isolant les textes qui ont fondé l'autorité de saint Pierre et du souverain Pontificat; en les considérant séparément de l'ensemble que présentent l'institution évangélique et l'histoire ecclésiastique, les théologiens extrêmes arrivent logiquement à l'infaillibilité absolue et séparée, à la monarchie pure, indivisible , absolue du Pontife romain.

Mais les divines paroles adressées à saint Pierre et à ses successeurs, ces divines paroles que nous venons de commenter ne font pas disparaître les au très paroles adressées aux autres Apôtres et à leurs successeurs.

Les Apôtres, et, dans leurs personnes, leurs successeurs, ont été appelés par saint Paul : fondement de l'Église !, Ils ont reçu aussi le pouvoir de lier et de délier 2, La plénitude de l' Esprit-Saint leur a été con-

1 Eph., il, 20. •

2 Mattii., xviii, 1,48.

férée '. Ils remettent et retiennent les péchés2. Enfin tous les pouvoirs spirituels leur sont accordés, lorsqu'ils reçoivent l'ordre d'enseigner et de baptiser toutes les nations; et, dans l'accomplissement de cette sublime mission , l'assistance continuelle de Jésus-Christ leur est solennellement promise3.

Si, conformément à la méthode d'isolement, on séparait les paroles adressées aux Apôtres de celles qui ont été dites, en particulier, à saint Pierre, à quel résultat arriverait-on? Il serait impossible sans doute de ne pas voir dans le pouvoir de lier et de délier, de remettre et de retenir les péchés; dans la puissance universelle et éternelle d'enseigner, de régénérer et de gouverner la société chrétienne, avec la promesse solennelle de l'assistance divine continuelle; il serait impossible, disons-nous, de ne pas voir, dans ces magnifiques prérogatives, la souveraineté absolue, l'infaillibilité absolue. Mais, dès lors, il faudrait aussi nécessairement conclure que Jésus- Christ a mis à la tête de son Église un corps aristocratique , .et que la souveraineté pure et absolue comme l'infaillibilité absolue elle-même appartiennent à cette aristocratie. L'Église serait donc une grande république aristocratique , possédant tous les attributs d'une puissance absolue, illimitée, infaillible.

Mais, d'autre part, en isolant les paroles adressées

1 Joann., XX, 2M , 82.

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