‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 4 sur 90 · tome · texte numérisé non relu

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provinciaux, et veut que toutes choses s'y résolvent. Les restes de la première ferveur du christianisme et la difficulté de réunir de grandes assemblées parmi les orages des persécutions avaient été les véritables causes de cette police si modeste et si pacifique. Mais depuis il arriva souvent que les dissensions et le partage des voix dans les conciles provinciaux r les démêlés de plusieurs métropolitains ou de plusieurs provinces entre elles, découvrirent l'impossibilité qu'il y avait de finir tous les différends par la seule autorité des conciles de la province. On eut souvent recours aux empereurs chrétiens qui convoquèrent des conciles ou universels, ou au moins plus amples que les provinciaux, pour y juger ces causes communes à plusieurs provinces. Mais les évêques mêmes qui avaient fait intervenir l'autorité impériale dans les causes spirituelles et ecclésiastiques s'aperçurent des suites dangereuses que cette police pouvait avoir. Ils s'efforcèrent alors d'établir une nouvelle jurisprudence pour empêcher que les causes ecclésiastiques fussent portées au tribunal séculier.

Le concile d'Antioche décida que les évêques, les prêtres et les diacres, condamnés par le concile de la province , pourraient recourir à un plus grand concile d'évêques1.

Le concile de Sardique trouva un moyen plus efficace encore de garantir l' indépendance des jugements

1 Oportet ad majus episcoporum converti concilium, et quod putaverunt habere jus ad plures episcopos referre ; eorumque examinationem et judicium suscipere. Conc. Antioch., can. xm.

ecclésiastiques et de consolider l'unité catholique. S'inspirant de la pratique des siècles précédents, il recommanda la voie d'appel au Siège romain ; et les différends qui n'avaient pu être apaisés ni par les conciles provinciaux, ni par les conciles de plusieurs provinces réunies, durent être terminés par l'autorité de celui à qui Jésus-Christ a confié le gouvernement général de son Église. Aussi le concile de Sardique motiva son décret sur l'honneur qui est dû au Siège de Pierre et de ses successeurs : « Honorons, dit-il, la mémoire de saint Pierre l. »

Ces paroles du concile de Sardique nous font suffisamment connaître que l'établissement de cette discipline, dont nous venons d'esquisser les traits généraux, n'était que le développement nécessaire et régulier des principes mêmes de la constitution de l'Église.

La primauté de saint Pierre et de son siège fut le fondement solide de ce droit d'appel que le concile de Sardique consacra de nouveau par son autorité; et dans cette même primauté, nous trouvons la source première des autres privilèges attribués aux trois grands métropolitains de Rome, d'Alexandrie, d'Antioche.

La magnificence et la splendeur de ces trois centres du monde ancien, les commodités qu'ils offraient aux réunions ecclésiastiques, leur titre et leur autorité * même d'Églises mères ne furent pas les seules causes,

1 Sancti Pétri memoriam honorcmus. Conc. Sard., can. m ,

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