CHAPITRE XV
SOMMAIRE. — 1. Résutaé de tout le quatrième livre. — II. Déclaration.
Les actes et les lois des conciles généraux nous ont 1 Résumé
. , , . -ii .du quatrième
donné, dans le premier volume de cet ouvrage, la iwre. vraie constitution de l'Église. Nous avons constaté, par un exposé fidèle de l'histoire de vingt conciles généraux, que la constitution de l'Église est une monarchie efficacement tempérée d'aristocratie, largement ouverte elle-même à la démocratie. Le Pape est ce monarque qui règne et gouverne -, le corps épiscopal est cette aristocratie qui participe à la souveraineté et qui.se recrute sans cesse dans les rangs du sacerdoce et parmi les fidèles.
Avant d'apprécier comme elle doit l'être toute la grandeur et la beauté de cette institution divine, nous avions à faire une vérification importante des principes établis.
Une grande et illustre école affirme que la monarchie pure, indivisible, absolue du Pape, est la véritable institution de gouvernement laissée à l'Église par son divin fondateur.
Quoique cette affirmation nous parût en opposition
directe avec les actes des conciles généraux, véritables interprètes de la constitution de l'Église, nous avons dû cependant la soumettre à un sérieux examen.
Nous venons d'accomplir cette tâche, qui présentait de graves et nombreuses difficultés.
Il fallait d'abord sonder le point de départ historique de cette théorie. Il consiste à affirmer que toute juridiction spirituelle émane du Pape sur l'Église; ou, en d'autres termes, que la juridiction spirituelle du Pape est seule de droit divin immédiat. Nous avons prouvé que la juridiction des évoques est aussi immédiatement de droit divin, mais toujours subordonnée à celle du Souverain Pontife.
De cette première affirmation, l'école absolutiste déduit son grand principe de l'infaillibilité absolue, séparée, personnelle du Souverain Pontife; ou, en d'autres termes, sa monarchie pure, indivisible, absolue.
Nous avons dû chercher et discuter toutes les preuves par lesquelles on veut démontrer un principe qui paraît en opposition évidente avec les actes des conciles généraux , et par conséquent avec la vraie constitution de l'Église.
L'Écriture sainte, la tradition des Pères et celle des conciles ont été successivement interrogées avec le plus grand soin. Nous avons reconnu que l'Écriture et la tradition étaient loin d'offrir des arguments concluants en faveur du principe de la théorie absolutiste, et que la doctrine qui résulte de la compa-
raison des textes entre eux et du rapprochement des textes et des faits, confirmait pleinement les conclusions de notre premier volume.
Il ne suffisait pas d'étudier en lui-même le principe fondamental de la théorie absolutiste , il fallait aussi en peser les principales conséquences. Nous croyons avoir prouvé que ces conséquences, peu d'accord avec elles-mêmes, étaient condamnées par des faits authentiques et certains.
Enfin d'insurmontables difficultés, tirées du fond même et des conditions essentielles de la théorie absolutiste , nous ont démontré que cette théorie était loin de posséder la solidité que ses partisans lui attribuent.
En dernier lieu, nous avons dû séparer nos doctrines de toute solidarité avec des systèmes justement flétris.
Dans cette longue discussion avec des adversaires u. Déciaraque nous honorons , nous croyons n'être jamais sorti des bornes d'un respect sincère et d'une équitable modération. Si un seul mot blessant pour une mémoire vénérée nous était échappé, nous le retirons d'avance. Guidé par le seul amour de la vérité, nous avons voulu nous tenir éloigné de tout excès; et nous mettons une pleine confiance dans les doctrines modérées que nous avons embrassées et défendues.
Nous reconnaissons avec bonheur que les grands et pieux théologiens qui se sont faits les défenseurs des doctrines que nous avons discutées, n'ont été inspirés que par l'amour le plus profond et le plus
tion.
sincère de l'Église et du Saint-Siège, et par une confiance sans bornes dans les divines promesses.
Nous demandons à Dieu ,de confirmer ces sentiments dans .notre propre cœur; et nous espérons prouver , dans le livre suivant et dernier,, que s'il peut rester ^entre frères des dissentiments scientifiques, ils sont unanimes dans leur fidélité à l'Église et au Saint-Siège.