‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 48 sur 90 · Règh · texte numérisé non relu

Règh

absolue

de la foi.

tère. Préparés par une longue méditation historique, dégagés des soins et des préoccupations de la polémique, nous pouvons essayer d'embrasser dans une seule vue l'institution chrétienne, et d'en contempler toute la grandeur et toute la beauté.

Au fronton de cet édifice bâti par la main de l'Homme-Dieu, nous lisons de grands mots révélateurs de cette sagesse divine qui en a conçu et exécuté le plan : souveraineté composée, infaillibilité composée, pondération réciproque.

En effet, deux éléments également essentiels, quoique le second soit nécessairement subordonné au premier, concourent, par une action réciproque, à la constitution de la souveraineté et à la formation de l'infaillibilité. La nécessité de ce concours de la papauté et de l'épiscopat pour établir la règle absolue de la foi, ou pour produire l'acte suprême de la souveraine et infaillible autorité, ressort avec une évidence entière de nos travaux, de nos recherches, de nos déductions précédentes. Ce résultat est tellement certain, que tout catholique qui récite le symbole n'attache sa foi qu'à I'Église *, c'est-à-dire à l'unité morale du corps des premiers pasteurs; et cette unité ne s'établit que par l'accord et le consentement du chef avec les membres, et des membres avec le chef. Si un dissident veut rentrer dans le sein de l'Église, on n'aie droit de lui demander que

1 Credo sanctam catholicam Ecclesiam. Symbole des Apôtres. Credo in unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. Symbole de Nicée et de Constantinople.

de croire à l'Église; et tout arbitre sage des consciences n'imposera l'acte de foi divine qu'aux décisions émanées de l'autorité de l'Église elle-même. La règle absolue de la foi ne peut être douteuse , ne peut être contestée; et quels que soient les dissentiments scientifiques, il faut, dans la pratique, toujours en venir à la règle reconnue par tous. Les théologiens qui se montrent les plus zélés partisans de l'infaillibilité absolue et séparée du Pontife romain sont cependant obligés de reconnaître et d'avouer que la règle absolue de la foi est dans cette autorité de l'Église.

Un des plus vénérables théologiens de nos jours, le savant Père Péronne, recteur du Collège romain, après avoir employé tous ses efforts à établir la thèse de l'infaillibilité absolue et séparée du Pontife romain, se fait cette objection : Si cette infaillibilité est certaine, il faut donc regarder comme hérétiques tous ceux qui refusent d'obéir aux décisions dogmatiques du Saint-Siège, tant que le consentement de- l'Église ne s'est pas manifesté? Le respectable théologien répond que cela serait, si l'infaillibilité pontificale avait la certitude d'un article de foi. Mais, ajoute-t-il, comme cette infaillibilité ne repose que sur une certitude scientifique et n'est point encore définie par l'Église, il s'ensuit que les réfractaires aux définitions pontificales ne sont pas déclarés tout de suite hérétiques formels. Ils ne le deviennent qu'après l'adhésion de l'Église au jugement du Pape !.

1 Non intelligitur quomodo censeri et haberi non debeant ut

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