‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 50 sur 90 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

l'appel individuel, moyen dangereux et prohibé dans la discipline actuelle de l'Église. Le concile général donne au Souverain Pontife et aux évêques l'exercice plein et facile de tous leurs droits. Toutes les questions qui se rapportent à la convocation des conciles et aux droits conciliaires ont déjà été traitées par des principes certains et d'après les aveux mêmes des théologiens de l'école italienne; nous n'avons pas à revenir ici sur ces matières '. Mais le lecteur n'oubliera pas les leçons de l'histoire conciliaire, ni les enseignements des plus graves autorités; et il reconnaîtra sans peine que la constitution de l'Église permet de résoudre toutes les difficultés, et offre des remèdes à tous les maux2.

Ce n'est pas seulement le dénouement des plus graves complications qui peuvent surgir dans le gouvernement de l'Église que le concile général nous donne. On a vu qu'il est le grand moyen de terminer les plus difficiles controverses, de pacifier les esprits, de corriger les abus, d'introduire les sages réformes, en un mot, de vaincre le mal et de faire triompher le bien. Et c'est un immortel honneur pour l'Église catholique que sa représentation la plus parfaite, l'expression de son autorité la plus haute y la manifestation la plus puissante de sa vie, se trouvent dans une assemblée de discussion et d'examen, dans une assemblée délibérante et souveraine. Répé-

1 Voir t. IOT, liv. il, chap. xi, et liv. ni, chap. xv.

2 Voir supra, liv. iv, chap. ix, x, xi.

tons donc, comme résumé des considérations précédentes, ces belles paroles de Bellarmin : Nihil est majus generali coneilio, legitimo et approbato '.

Le lecteur maintenant reconnaîtra peut-être que nous avons pu dire avec toute raison que la constitution de l'Église réunit toutes les conditions de Tordre, de l'unité, de la durée et d'une sage liberté. Rien d'extrême, d'excessif, de violent dans cette admirable constitution. Du droit pontifical bien entendu on ne fera jamais sortir un pouvoir absolu , illimité, entièrement irresponsable. Du droit épiscopal poussé même à sa dernière limite , on ne verra jamais naître un danger réel pour l'unité catholique. Les deux éléments divins de la souveraineté spiriritnelle se pondèrent réciproquement, sans qu'il soit porté aucune atteinte à leurs droits divins, et cette pondération réciproque est la condition même de l'éternelle durée de l'Église. Quelle autorité a été jamais plus environnée de respect, d'obéissance et d'amour que le Souverain Pontificat? Et, dans ces circonstances extrêmes, heureusement si rares, où le Pontife par ses fautes peut perdre son rang suprême, l'autorité du pontificat ne reste-t-elle pas sacrée et inviolable pour tous? Affranchie des fragilités humaines, elle en devient plus vénérable à tous, plus apte à remplir sa mission d'unité et de conservation. Et l'évêque qui use de son droit rigoureux, mais qui se tient fortement attaché à la foi du

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