‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 56 sur 90 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

ultramontaine.

conserver. Cette méthode, que nous avons esquissée, se perpétua dans l'école ultramontaine et présida à ses travaux, x. Lécoie Deux hommes d'une grande puissance intellectuelle; deux brillants écrivains qui réagirent avec une violente passion, de superbes colères et une injustice quelquefois révoltante contre la société moderne ; deux hommes , deux écrivains qui ne virent de salut pour l'Église et pour l'État que dans l'absolutisme le plus extrême , ont donc été les fondateurs de l'école ultramontaine moderne.

De jeunes hommes, pleins d'intelligence et de cœur, s'éprirent, avec un incroyable enthousiasme, des brillantes théories de Joseph de Maistre et de M. de Lamennais , les acceptèrent sans contrôle, les épousèrent avec passion, les propagèrent, les défendirent avec ardeur; et même après la condamnation et la défection du dernier ne surent ou ne purent pas se dégager pleinement de son esprit.

Ainsi se forma et grandit une école qui devint un parti, et exerça une influence considérable sur le jeune clergé et même sur les affaires ecclésiastiques.

Le lecteur se tromperait cependant s'il nous attribuait la pensée de rapporter uniquement aux faiblesses , aux passions et aux erreurs des fondateurs de l'ultramontanisme moderne l'existence de cette école , de ce parti.

Non, tout ce qu'il y avait de vrai, de bon, d'amour du bien dans les fondateurs se retrouve aussi

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aux origines de l'école. Le désir sincère de combattre l'erreur et le mal ; un amour profond de la religion et du christianisme , un zèle louable pour la liberté de l'Église et un dévouement chaleureux au Saint-Siège, ont eu leur part notable sur les commencements , les progrès , les destinées de cette école et de ce parti.

Notons ici une autre cause moins pure , sans doute , mais qui a eu aussi sur l'école une action marquée. Nous voulons parler de cette réaction qui s'est opérée peu à peu contre le pouvoir discrétionnaire que le malheur des temps a mis dans les mains des évêques , et que certaines personnes se plaisent à appeler le despotisme épiscopal.

Quelque paternel qu'ait été et que soit l'exercice du pouvoir des évêques , il n'a pas toujours été , il n'est pas toujours environné des sages garanties introduites en faveur des subordonnés par le droit ecclésiastique. Cette absence de garanties légales a pu faire naître des plaintes, qui toujours n'ont pas été sans fondement. Alors naturellement les cœurs blessés se sont tournés vers Rome comme vers l'asile du droit et de la justice; et, dans ces circonstances, les doctrines qui paraissent les plus favorables au pouvoir pontifical devaient acquérir un crédit nouveau.

Mais tout en faisant leur juste part aux causes que nous* venons d'énumérer, il est impossible de nier que les passions, les erreurs, les systèmes intéressés, les théories outrées, la fausse science des maîtres, n'aient laissé sur notre école ultramontaine

leur ineffaçable empreinte, et donné à un parti actif une forme et une direction qui créent les plus grands dangers à la religion qu'il veut servir.

Ici nous devons nous arrêter. Il ne nous convient pas de discuter des hommes et des œuvres placés trop près de nous pour être bien jugés. Nous honorons le talent partout où il se trouve; nous respectons les intentions des hommes qui aiment et défendent ce que nous aimons et défendons nousmême.

Il nous suffit d'avoir montré dans l'esprit de ses fondateurs l'esprit général qui anime l'école et le parti.

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