‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 62 sur 90 · tome · texte numérisé non relu

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tion violente de l'Église et de l'État ne fussent un prompt résultat du nouveau régime.

Oui, si les desseins des esprits extrêmes pouvaient réussir, si le dogme nouveau qu'ils désirent pouvait être proclamé, l'Église tout entière serait dans le Pape, comme l'État est dans le monarque absolu. Quel bien pourrait-il résulter de cette transformation? Le Pape est ordinairement un vieillard aussi vénérable par ses années que par ses vertus. Les passions humaines ont sans doute peu d'empire sur son âme. Mais enfin il est homme ; et si ses frères, les évêques, lui devaient une obéissance absolue et aveugle ; s'ils n'avaient jamais le droit et le devoir de le conseiller, de l'avertir, d'agir même, dans des circonstances semblables, comme le firent le cinquième concile général à l'égard du Pape Vigile; les sixième, septième, huitième à l'égard du Pape Honorius; si le Pape n'avait besoin que de lui-même pour gouverner l'Église de Dieu ; s'il n'était tenu de prendre conseil qu'autant qu'il le jugerait convenable, n'est-il pas évident qu'il serait exposé aux plus graves tentations qui puissent assaillir la faiblesse humaine? Et le gouvernement de l'Église serait -il toujours dirigé avec les lumières, la sagesse, la suite et la fermeté que demandent les intérêts supérieurs qui sont en cause?

Dans la transformation qu'on voudrait opérer, l'autorité des évêques perdrait tout ce que gagnerait celle du Pape. Les droits que les évêques ont exercés dans les conciles et hors des conciles deviendraient à

jamais inapplicables. L'affaiblissement dé l'autorité des évêques, déjà si funeste à l'Église, serait donc un mal sans limite et sans remède.

Ainsi , soit qu'on envisage l'Église dans ses rapports avec la raison publique , la société moderne et ses tendances; soit qu'on l'envisage dans ses rapports avec les gouvernements et les peuples; soit enfin qu'on la considère en elle-même et relativement à sa divine mission et au bien spirituel des fidèles, le nouveau dogme, loin d'offrir aucune utilité, ne présenterait que des dangers et des menaces.

Nous devons encore appeler l'attention du lecteur sur une dernière considération.

Les divisions qui existent au sein du christianisme xn- obstacle

au retour

sont une des causes les plus actives de son affai- de nos frères

,. i . i séparés.

bassement et de son impuissance a opérer la transformation générale du monde et l'accomplissement parfait de sa mission.

Si l'idolâtrie règne encore sur la moitié du globe , si le mahométisme désole des contrées chrétiennes autrefois florissantes , si un athéisme déguisé ravage le monde chrétien lui-même; n'en doutons pas, une des causes les plus puissantes de tant de misères morales, de tant de douleurs sociales, de tant d'abaissements et de hontes , se trouve dans ce malheureux déchirement intérieur du christianisme, qui constitue le schisme et l'hérésie. Si les Églises orientales se réunissaient enfin à l'Église mère, si nos frères séparés de l'unité par les révolutions violentes du

seizième siècle rentraient enfin dans cette unité, quelle puissance nouvelle de transformation, de conquête et de victoire , le christianisme pacifié et uni , le christianisme réunissant en un magnifique faisceau toutes les forces vives, tous les éléments de progrès d'une science et d'une civilisation renouvelées, ne développerait-il pas dans le monde ! Alors arriverait sur la terre le règne de Dieu et de son Christ !

Tout ce qui peut mettre obstacle au retour, au rapprochement des esprits et des cœurs*, à la pacification et à l'unité religieuse, doit donc être regardé comme le plus grand des malheurs, puisque là se trouve l'obstacle au plus grand bien.

Nous ne craignons pas de dire que la définition

nouvelle, dangereuse, inutile, contraire aux vrais

principes théologiques , éloignerait à jamais de

l'Église nos frères séparés.

xi 1 1 . Que Dieu daigne répandre sa lumière sur son Église,

Conclusion. .

et inspirer a tous les desseins les plus conformes aux besoins de l'humanité !

LA PÉRIODICITÉ CONCILIAIRE. 389

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