‹ Du concile general et de la paix religieuseChapitre 8 sur 90 · IV. Examen · texte numérisé non relu

IV. Examen

de

plusieurs

textes

delà

tradition.

1 Arbitror omnes fralres et coepiscopos nostros non nisi ad Petrum , id est suî nominis et honoris auctorem referre debere. Resr.r. lnn. ad concilium Milev.; Conc, L II , p. .4287.

2 Bono unitatis beatus Petrus praeferri Apostolis omnibus meruit, et claves regni cœlorum communicandas caeteris solus accepit. Optât. Milev., De schism. Donat., Adv. Parm., lib. vu.

3 Per Petrum episcopis dédit claves cœlestium bonorum. Grec Nyss., t. III, p. 314, edit. Paris.

Saint Césaire d'Arles , dans sa requête au pape Symmaque, adresse à ce pontife ces paroles : « Puisque l'épiscopat prend son origine dans la personne de l'apôtre saint Pierre, il faut que Votre Sainteté, par ses sages décisions, apprenne clairement aux Églises particulières les règles qu'elles doivent observer 1 . »

Nous terminerons ces citations par ces passages de saint Léon : « Si Jésus-Christ a voulu que les autres princes de l'Église (les Apôtres) eussent quelque chose de commun avec lui (Pierre), c'est toujours par Pierre qu'il leur a donné ce qu'il ne leur a pas

refusé Jésus-Christ a accordé aux autres Apôtres

le ministère de la prédication, de telle manière qu'il est placé principalement en Pierre, et que les dons se sont répandus sur tout le corps, en prenant leur source dans Pierre comme dans le chef2. »

S'il faut prendre à la lettre les paroles que nous venons de rapporter, en particulier celles de saint Léon , il faudrait en conclure que saint Pierre a été

1 Sicut a persona beati Pétri apostoli , episcopatus sumit initium, ita necesse est ut disciplinis competentibus sanctitas vestra singulis ecclesiis quid observare debeant evidenterostendat. César. Arelat. Libell. ad Symm.; Conc, t. IV, p. 1294.

2 Si quid cum eo commune cseteris voluit esse principibus, nunquam nisi per ipsum (Petrum) dédit quidquid aliis non negavit. Sermo in anniv. assum. ejusdem, Sermo m, cap. h. Sed hujus muneris sacramentum ita Dominus ad omnium Apostolorum officium pertinere voluit ut in beato Petro Apostolorum omnium summo, principaliter collocarit, atque ab ipso, quasi quodam capite dona sua velut in corpus omne diffunderet. Epist. 10, ad Episc. prov. Vienn., cap. i.

le fondateur de l'apostolat, et que la juridiction des autres Apôtres est émanée de lui. Or, ce système est évidemment contraire à la sainte Écriture; et il est abandonné et réfuté par les plus graves théologiens, entre autres par Bellarmin. Il faudrait en conclure que saint Pierre a été le seul instituteur de l'épiscopat dans l'Église, et que l'autorité épiscopale émane de saint Pierre seul. Or, nous l'avons prouvé, ce second système est aussi contraire que le premier et à l'Écriture et aux faits les plus certains de l'histoire ecclésiastique. Les Apôtres ont fondé des Églises et institué des évêques , comme saint Pierre et avec saint Pierre; et, d'après la conduite et les décisions du concile général d'Éphèse, nous savons qu'il y a eu dans l'Église des évêques qui ne devaient pas leur origine ni directement ni indirectement aux successeurs de saint Pierre.

Si le sens absolu que semblent présenter les passages que nous venons de rapporter n'est pas admissible, comment doivent-ils être interprétés?

D'abord, quant aux paroles de saint Léon, le cardinal de la Luzerne n'hésite pas à y voir une exagération oratoire ou une erreur. « Disons-le donc nettement : ou la proposition de saint Léon est une exagération, comme on en voit souvent dans les discours oratoires, et dont spécialement saint Léon, entraîné par sa brillante éloquence, présente beaucoup d'exemples, et, si cela est, comment peut-on en inférer son opinion ? ou elle est véritablement l'expression de sa doctrine, mais d'une doctrine

contraire à la tradition; d'une doctrine que les ultraanon tains eux-mêmes, pour l'adapter à leur système, sont forcés d'adoucir ou plutôt de ehanger, et dès 2ors il est nécessaire de l'abandonner franchement 1 . » Les autres paroles, celles de saint Hilaire, de saint Grégoire de Nysse, de saint Optât et de saint Innocent, ne présentent pas de difficulté sérieuse. Pour les bien entendre, il suffit de se rappeler que l'épiscopat a commencé dans Pierre; et que, pour fonder l'unité de son Église, le Seigneur lui a donné d'abord les clefs, qu'il devait ensuite communiquer lui-même aux autres Apôtres. 11 suffit de se rappeler que Pierre a été le chef de l'apostolat et de l'épiscopat, et qu'en cette qualité il a eu la part principale dans la fondation et le gouvernement des Églises. Par la création des grandes métropoles d'Antioche, d'Alexandrie, de Rome, presque tout l'épiscopat émane directement ou indirectement de saint Pierre, et son autorité s'étend sur les Églises elles-mêmes dont l'origine, d'après le concile d'Éphèse, peut ou doit être rattachée aux autres Apôtres, v. Cette interprétation des textes que nous avons

transcrits, seule en harmonie avec des faits incontestables, laisse dans leur inviolable majesté tous les droits du Siège apostolique, et confirme en même temps ceux de l'épiscopat.

1 Déclar. du clergé, p. 37.

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