‹ Du concile provincialChapitre 42 sur 92 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La pratique constante de tous les siècles a été que les conciles provinciaux et nationaux recourussent au saint-siégc pour toutes les affaires majeures. • — Et cette pratique a toujours été regardée comme une règle inviolable da?is l'Eglise.

Dans cette thèse fondamentale nous comprenons, sous la dénomination ô^dff aires luajeures, et celles qui concernent le dogme, et celles qui regardent la discipline et les jugements des personnes, et les accords avec les pouvoirs temporels; enfin toutes les affaires sans exception auxquelles peut s'appliquer la qualification de majeures, à raison des graves intérêts qui s'y rattachent pour les églises d'un pays ou pour l'Eglise universelle.

Nous réunissons dans le même chapitre la thèse du fait et celle du droit, parce que les mêmes monuments

228 ÏKOISJRME PAlVllt.

établissent Tune et l'autre, et qu'en les séparant il aurait fallu citer deux fois une grande partie de ces monuments.

La question de savoir si les conciles provinciaux, tout en remplissant l'obligation d'en référer au saint-siége, pouvaient néanmoins dans l'antiquité juger certaines causes majeures, ne doit pas préoccuper ici le lecteur; elle est traitée plus loin.

Quant à la manière de procéder , la citation des monuments siècle par siècle nous a paru la plus simple et la plus favorable à l'éclaircissement de cet important sujet.

r SIÈCLE.

Le savant bénédictin dom Coustant croit pouvou' citer, comme preuve delà coutume de recourir au saintsiége, la lettre des Corinthiens au pape saint Clément, disciple de saint Pierre. Il en parle ainsi :

« Ipsa etiani nascentis Ecclesiae exordia si recolimus , occurret epistola Corinthiorum ad Cleinentem , in qua, post expositam discordiae apud ipsos subortae causam , Romanorum opem et consilium implorabant. » (Prœf,, p. xvi.)

ir SIÈCLE.

Mansi, après avoir cité le même exemple de recours au pape, continue ainsi : « Negabant Asiatici pascha « eadem die qua cœteri slbi celebrandum esse : Victor <( papa redarguendos illos assumpsit, segregationemque tf ab Ecclesia minitatus est, nisi se cyeteris adjungereut. ■i Quisnam alianim urbium episcopus id sibi ageiubuu

CONCII.F. PROV. PAR RAPPORl Al' S. SIEGF, aaf;

« iii episcopos alterius diœcesis et provinciae arrogasset ('• lujquam ?

« Marcion, Cerdo, in sua quisque patria damnati pul- « siqiie , Romam sese conferentes , restitiitionem suani « solllcitarunt.

« Montanistarum secta asiaticos quosdam episcopos « inter se commiserat; romanus pontifex Anicetus, primo « quidem ab hsereticis deceptus, illos admisit, effecitque « auctoritate sua ne homines illi a sua quique ecclesia i< pellerentur; brevitaraen,detectis fraudibus,sententiam « mutavit, secumque et Asiaticos traxit. »(Mansi, Notae in Natalem Alex. , t. IV, p. 54i;rerrare, 1709.)

Iir SIÈCLE.

Le même auteur (ioco supra citalo), en parlant de saint Cyprien, s'exprime ainsi : « S. Cyprianus quid unie quam graviscausœ habuit in ecclesia sua quod non sta- « tim ad aures romanse Ecclesiœ detulerit?)) Il le prouve par (le nombreux exemples : nous nous bornons aux suivants.

Les Numides et les Africains, réunis en concile à Carthage l'an 206, écrivirent ainsi au pape saint Etienne:

« Cyprianus et caeteri Stephano fratri salutem... INe- « cesse habuinuis, frater carissime, conveniontibus in « unum pluribus sacei'dotibus , cogère et celebrare con- « ciliuni. In quo multa quidem prolata atque transacta « sunt : sed de eo vel maxime tibi scribendum, et cum tt tua gravitate ac sapientia conferendum fuit, quod ma- « gis pertineat et ad sacerdotalem auctoritatem , et ad « Ecclesiae catholicae unitatem pariter ac dignitatem. » 'Dom Constant, p. ai().)

Le même saint Cyprien s'excuse ainsi de n'avoir pas informé de suite le saint-siége de ce qui concernait le faux ëvéque Fortunat :

(c Quod autem tibi de Fortunato isto pseudoepiscopo, « a paucis et inveteratis bœreticis constituto non statim « scripsi , frater carissime, non ea res erat quœ in noce titiam tuam deberet per nos festinato statim quasi « magna aut metuenda perferri. » (Coustant, p. 179.)

Saint Cyprien, comme on voit, a cru pouvoir ne pas informer de suite [festinato statim) le saint-siége de <:;e qui avait été fait en synode au sujet de Fortunat, parce que cette affaire n'était pas de celles qui, à cause de leur importance (quasi magna aut metuenda), doivent être communiquées au pape sans retard. Donc saint Cyprien pensait qu'on devait communiquer, et communiquer sans retard , au pontife romain les affaires importantes. C'est ce qu'indiquent encore les paroles suivantes du même saint au pape saint Corneille : « ])e « boc tibi non scripseram , quando bœc omnia contem- « nantur a nobis. m

Le savant Cbr. Wolf nous avertit que les lettres de saint Cyprien offrent de nombreux exemples de ces sortes de recours au pontife romain : etiam Cypriani epistolœ abundant Romanis relationihus . (T. V, p. 336.)

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