V* SIÈCLE
Tj'an 4071 nous voyons les évêques des Gaules consulter le saint-siége sur diverses questions, et la lettre du pontife romain, qui est en même temps la lettre synodale du concile tenu à Rome, leur donne des décisions, en les assurant qu'ils ne s'égareront pas en les suivant.
<( Quia non explorandi causa , sed fîdei confîrmandae « gratia , sanctitudo vestra ex sedis apostolicse auctori- « tate sciscitari dignata est, seu legis scientiam seu tra- « ditiones , volens a nobis manifestari liberius quaes- « tionum propositarum expositionem , quam sincère « quaeritis et desideranter audire, quantum supplebit « divina dignatio, licet mediocri sermone, valido tamen
a sensu eloquar Si ergo intégra cupitis fide veras
« observationes agnoscere, dignamini quae dico libenter « advertere. » (Collection de Delalande, p. 12.)
Saint Augustin atteste que les conciles de Carthage et de Mi lève avaient envoyé leurs actes au pape Innocent 1". ( Contra duas epist. Peîag., 1. a, cap. 5, n° 7; édit. des Bénéd,, t. X, p. 435.)
Les deux lettres de ce pape à ces conciles attestent (jue, dès les temps les plus anciens, on a regardé comme
CUNClLt; PJIOV. PAR RAPPORT ALI S. SIEGK. '237
une règle que les décrets des conciles parliculiets fUvSseiit envoyés au pape pour être approuvés, lorsqu'ils contenaient quelque point important ou qui touchait la foi.
Il suffira , pour le montrer, d'eu reproduire quelques passages :
« lu requirendo de his rébus antiquse traditionis
« exempla servantes et ecclesiasticae memores disciplinée, (f nostrœ religionis vigorem non minus nunc in consu- « lendo quam antea cum pronunciaretis vei-a ratione « firmastis, qui ad nostrum référendum approbastis esse « judicium ; scientes quid aposlolicee sedi (cumomnes « hoc loco positi ipsum sequi desideremus apostolum ) (c debeatur, a quo ipse episcopatus et tota auctoritas « nominis hujus emersit. »
Ce début de la lettre d'Innocent aux évoques qui avaient célébré le concile d'Afrique met hors de doute les points suivants: i° Ces évêques , quoique ayant porté leur jugement en concile, consultaient le pontife romain et lui soumettaient leurs décrets , in requireiido de Jus rébus , nunc in consulendo. i^ En soumettant ainsi leurs décrets au pontife romain , ils n'ont fait que suivre la tradition et se monti'er observateurs de la discipline ecclésiastique, antiquœ traditionis exempla servantes , et ecclesiasticœ memores discipliiuv , ce (jui équivaut à dire que telle a toujours été la règle. 3" Ils n'ont pas moins servi la religion en faisant cette démarche auprès du saint-siége qu'en faisant leurs décrets, non nunus vigorem religionis Jirmastis nunc in consulendo., quant cum pronunciaretis. 4" Us ont reconnu que c'était pour eux un devoir d'en référer ainsi au sainlsiége , approbastis référendum esse ad nostrum jinli-
ciiim^ scientes qidd debeaiur apostolicœ scdi. 5" Enfin, que toute l'autorité épiscopale dérive du saint-siége, a qiio (apostolo Petro) ipse episcopatus et tota auctoritas nominis hujas emersit.
Innocent poursuit ainsi :
« Patrum instituta sacerdotali custodientes officio « non censetis esse calcanda ; quod illi non liumana sed « divina decrevere sententia , ut quidquid quamvis in « disjunctis remotisque provinciis ageretur, non prius « ducerent finiendum, nisi ad hujus sedis notitiam per- « veniret ; ut tota hujus auctoritate justa quœ fuerit « pronunciatio firmaretur; indeque sumerent caeterae « ecclesiœ (velut de natali suo fonte aquse cunctae pro- « cédèrent et per diversas totius mundi regiones puri « latices capitis incorrupti manarent ) quid prsecipe- « rent. »
Ce passage se résout dans les points suivants : 1° C'est une règle des Pères, instituta Patrum , de ne rien regarder comme définitif, même dans les provinces les plus éloignées , avant qu'on en ait référé au saintsiége , ut quidquid ageretur in provinciis quamvis remotis , non prius ducerent finiendum nisi ad hujus sedis notitiam perveniret. a" On en doit ainsi référer, afin que le saint-siége confirme le jugement qui a été porté, s'il est juste, ut tota hujus auctoritate justa cpiœ fuerit pronunciatio Jirmaretur. 3° Cette règle des Pères n'a pas été inspirée par la sagesse humaine, mais par l'inspiration d'en haut, nonhumana^ sed divina decrevere sententia. 4" Les évêques du concile de Cartilage n'ont pas foulé aux pieds cette règle , Patrum instituta non censetis esse calcanda, ce qui équivaut à dire que ceux-là la fouleraient aux pieds qui ne sou-
mettraient pas de même les décrets de leurs conciles au saint-siége. 5° Quand le saint-siége confirme les décrets d'un concile particulier, cette sentence devient une règle de conduite pour toutes les autres églises , indeque sunièrent cœterœ ecclesiœ quid prœciperent.
Dans la lettre du même saint pape aux évêques du concile de Milève, on trouve les passages suivants :
« Inter cœteras Romanse Ecclesiœ ciu'as et apostolicœ « sedis occupationes quibus diversorum consulta fideli « ac modica disceptatione tractamus, frater et coepis- « copus noster Julius dilectionis vestrae litteras, quas
« ex Milevitano concilio misistis, mihi inopinanter
« ingessit , Carthaginensis etiam synodi querelae parilis « scripta subjungens. »
Ce début montre comment le pape était alors, comme aujourd'hui, occupé à diriger toutes les églises, et prouve que le concile de Milève, aussi bien que celui de Carthage, lui avait envoyé ses actes en députant vers lui l'évêque Julius.
« Diligenter ergo et congrue apostolici cousulitis ho- « noris arcana (honoris inquam illius quem, prœter illa « quae sunt extrinsecus, sollicitudo manet omnium ec- « clesiarum ) super anxiis rébus , quœ sit tenenda sente tentia, antiquse scilicet régulée formam secuti , quam « toto semper ab orbe mecum nostis esse servatam. « Verum hœc missa facio, neque enim hoc vestram « credo latere prudentiam. Qui enim id actione firmas- « tis, nisi scientes quod per omnes provincias de apo- « stolico fonte petentibus responsa semper émanent ? « Praesertim quoties fidei ratio ventilatur, arbitror om- « nés fratres et coepiscopos nostros, non nisi ad Petrum, « id est, sui nominis et honoris auctorem referre de-
•ll\i) TKOÏSIKMK PARTIE.
« beie, veiut uiuic letulit vesira dileclio , quod }>ei to- « tum mundum possit omnibus ecclesiis in commune « prodesse. Fiant enim necesse est cautiores, cuni iu- « ventores malorum ad duplicis relationem synodi , sen- « tentiœ nostrae statutis videriut ab ecclesiastica coni- « munione sejunctos. Gemiuo igitur bono caritas vestra a fungetur. Nam et canouum potiemini gratia servato- « rum, et beneficio vestro totus orbis utetur. »
Il importe de remarquer principalement dans ce passage les points sui vants :
1° La dignité apostolique (c'est-à-dire le saiut-siége, apostolici honoris) a la charge de toutes les églises, solUcltudo omnium ecc.lesidvuni. s»*^ Lesévêques du concile de Mile ve , en consultant comme ils faisaient le saint-siége , observaient les canons, potiemini gratia servatorum canonum ; ils se conformaient à la règle ancienne qui a été suivie toujours et dans tout P univers, secuti formam antiquœ regulœquam totosemperahorhe rnecum nostis esse servatam. 3° Du saint-siége, comme d'une soiu'ce, découlaient sans cesse des décisions et des réponses pour toutes les provinces. 4" Surtout quand la foi était menacée, tous les évêques se faisaient un devoir de recourir au successeur de Pierre, arhitror oninés coepiscopos non nisi ad Petrum re ferre debere. Ces lettres d'Innocent P, qu'on rapporte à peu près à l'année 4i6, se trouvent parmi celles de saint Augustin, sous les numéios i 8 i et 182, t. II, p. 6'^^.
Pierre de Marca n'hésite pas à reconnaître que, dans ces lettres, le but du pape Innocent T' est : a Ut doceat « antiquam esse regulam et canonem ut de rébus duce biis, preesertim si de fide agatur, ex omnibus province ciis ad Roraanam Ecclesiam referatur, ut quse se-
« quenda sint omnibus eccleslis promantiir. » (Constant, proœm., p. xix.)
'Dans leur lettre au pape Innocent, les évêques du concile de Carthage disent expressément qu'ils demandent que leur jugement soit confirmé : « Hoc itaque gestum, domine frater, sanctae caritati tuse iiitimandum duximus, ut statutis nostrœ mediocritatis etiam apostolicœ sedis adhibeatur auctoritas. » (Parmi les lettres de saint Augustin, n° lyS.)
Les Pères du concile de Milève, dans leur lettre pour le môme objet, parlent ainsi de l'autorité du saintsiége :
« Arbitramur, adjuvante misericordia Domini Dei nostri, auctoritati sanctitatis tuae, de sanctarum Scripturarum auctoritale depromptœ, facilius eos qui tam perversa et perniciosa sentiunt esse cessuros. »
L'an ^10, saint Augustin soumet ainsi au pape Boniface un écrit qu'il venait de composer contre des hérétiques de son temps :
« Hœc ergo quœ istis , ut dixi , duabus epistolis illo- « rum ista disputatione respondeo, ad tuam potissimum « dirigere sanctitatem, non tam discenda, quam exami- « nanda, et ubi forsitan aliquid displicuerit emendanda « constitua » (Constant, pag. 102 5.)
Le même saint, dans sa lettre 196^, parle ainsi de la réponse du saint-siége aux conciles de Carthage et de Milève.
« Missœ sunt de hac re ex duobus conclliis Cartha- « ginensi et Milevitano relationes ad apostolicam sert dem.... Scripsimus etiam ad beatae mémorise papam « Innocentium, preeter conciliorum relationes, litteras
« familiares...Ad omnlaiiobis ille rescripsit eodem modo « quo fas erat atque oportebat apostolicœ sedis antis- (( titem. »
Si de l'Afrique nous portons nos regards sur les autres pays catholiques de cette époque, nousy voyons partout le saint-siége juger en dernier ressort toutes les affaires importantes, et de partout elles sont portées au tribunal du pontife romain.
En 4o2^ Is pape Innocent F' établit ainsi en sa place pour les provinces d'Illyrie Anysius, archevêque de Thessalonique : « Etiam anteriores tanti ac talis viri prsedecessores mei episcopi, id est sanclse mémorise Damasus, Siricius, atque supra memoratus vir (Anastasius), ita detulerunt, ut omnia quœ in eis partibus gererentur, sanctitati tuée quae plena justitise est, traderent cognoscenda : meam quoque parvitatem hoc tcnere judicium eamdemque habere voluntatem te decet recognoscere. » (Epist. I, Coustant, pag. 739.)
Le même pape continua ainsi ces pouvoirs de vicaire apostolique à Rufus, successeur d'Anysius :
« Divinitus ergo hœc procurrens gratia ita longis intervallis disterminatis a me ecclesiis discat consulendum, ut prudentisR gravitatique tuœ committendam curam, causasque, si quœ exoriantur per Achaiae, Thessaliae, Epiri Veteris, Epiri Novee, et Cretae, Dacise Méditerranée , Dacise Ripensis, Mœsiœ , Dardaniae, ac Prœvali ecclesias, Christo Domino annuente censeam.))(Epist.i3, n. 2, Coustant, pag. 81 5.)
En 4^4 ■> ^^ même pape, dans sa seconde lettre à Victricius, archevêque de Rouen, s'exprime ainsi :
(( Si majores causœ in médium fuerint devolulœ, ad
CONCILE l>ROV. PA.R RAPPORT AU S. SIEGE. l[{?i
sedem apostolicaiii, sicut synodus statiiit, et beata consuetudo exigit, post episcopale judicium, referantur. » (Constant, p. 749-)
Nous voyons, dans ce peu de paroles, 1° qu'Innocent F" se réserve les causes majeures; 2" que néanmoins les évoques jugeaient en première instance, y;av/ episcopale judiciiim ; 3° que, par conséquent, le jugement ou les décrets des synodes sur les choses importantes devaient être communiqués au pontife romain, pour qu'il prononçât définitivement; 4° que cette discipline, au témoignage de ce saint pape, n'était autr<> chose que la coutume inviolable des siècles précédents*, 5° qu'elle était sanctionnée par ce qu'on nommait alors par antonomase le concile, et qui était le concile de Nicée, joint à celui de Sardique, qui en était alors regardé comme une continuation, et comme ne faisant avec lui qu'un seul et même synode.
Lisons maintenant ce que Boniface F" écrivait à Rufus, évêque de Thessalonique et vicaire apostolique du saint-siége pour les provinces d'illyrie :
« Beatus apostolus Petrus, cui arx sacerdotii domi- « nica voce concessa est , in immensum gratulationis « extollitur, quoties pervidet concessi sibi honoris a Do- « mino intémeratœ se pacis filios habere custodes. Quid « enim gaudio debeat majore pensare quam quod agno- « scit accepîœ potestatis illœsa jura servari ? Vere nam- « que immobile requirit a diversis destinata super ne- « gotiis quibusque consultatio fundamentum, quœ ejus « consulit sedis arcanum quam constat dignatione Pefrae « spiritalis elatam. » (I^ettre 4^ Coustant, p. loiy.)
Dans une autre lettre à ce même Bufus, le pape Boniface s'exprime ainsi :
«Quia res postulat, approbandum est documenlis « maximas Orlentalium ecclesias in magnis negoliis in « quibus opus esset disceptatione majori, sedem semper « consuluisse romanam, et, quoties usus exegil, ejus auxia lium postulasse. » Entre autres exemples que fait valoir ce pape pour prouver ce qu'il avance, il rappelle comment l'ordination de Nectaire, archevêque de Constantinople, ayant été faite en synode sans qu'on en eût référé à Rome, fut regardée comme nulle, et" comment l'empereur Tliéodose envoya des députés au pontife romain pour obtenir qu'il la validât. (Chr. Wolf, t. V, p. 341.)
L'an 419? le même pape, ayant reçu des accusations graves contre Maxime, évêque de Valence, écrivit aux évêques des Gaules de se réunir en concile pour juger cette cause, et de lui faire savoir ce qu'ils auront statué, afin qu'il l'appuyât, comme cela, est nécessaire ^ de sa confirmation. Voici quelques passages de ce grave monument ecclésiastique :
« Bonifacius episcopusPatroclo, Remigio. . . etceeteris episcopis per Gallias et septem provincias constitutis, Valentinee nos clerici civitatis adierunt, proponentes per libellum crimina quœ Maximum teste tota provincia asserunt commisisse. Delegata toties cognitione , illum constituta semper subterfugissejudicia, nec confisuni conscientla feslinasse ut si esset innocensexaminatis omnibus purgaretur, ex vestrarum quoque chartarum instructione cognovimus... Debueram quidem jam nunc dignam pro ejus accusatis in nostrojudicioactibus... ferre sententiam... Dilationem tamen dedimus et decrevimus vestrum debere intra provinciam esse judicium, et congregari synodum ante diem kalendarum noyemhrium... ]Nos autem per
CO^CILi: PUOV. l'AR RAPPORT AU S. SIÉGÈ. 245
oiniies proviiicias litteias dulgeiiius, ne excusalionein sibi igiiorationis oblendat, ut ad provinciam venire cogatur, et illic se constituto praesentare judicio. Quidquid autem vestra carltas de liac causa duxerit decernendnni, cum ad nos rclatumfuerit, nostra ut condecet , necesse est auctoîitatejîrmelar.ïi (Sirmond, Conc. gall., t. ï,
L'an 422, le même pape écrivait à llllaire, évêque de
Narbonne :
« Peractis omnibus, apostolicae sedi quidquid statueris « te referente clarescat. » (Loco citato, p. 5o.)
En 4173 Is pape Zosime écrivait aux évêques de France :
« Ad cnjus notitiam, si quid illic negotioruni emcrse- « rit referri censenuis, nisi magnitude causée etiam nos- « trum requirat examen. » (Couslant, p. C)36.)
Ce pape parle en cet endroit de l'ai-cheveque d'Arles^ qui avait été établi vicaire apostolique pour les Gaules, comme l'arclievêque de Thessalonique pour l'Illyrie, et comme celui de Séville pour l'Espagne et le Portugal. C'est à l'archevêque d'Arles que les évêques des Gaules devaient recourir; mais quand l'affaire était d'une importance notable, l'archevêque d'Arles lui-même devait en référer au saint-siége, nisi niugnitudo causée etiam nostnun requirat examen. On peut voir aussi la lettre du même pape à Hilaire, évêque de Narbonne. (Sirmond, t. l , p. 45, Conc. gall.)
Vers l'an 426, le pape S. Célestin écrivait aux évêques des provinces de l'Illyrie :
« Sunt culpaealiquanlse non levés quœ illis innatœpro- « vinciis ad nos, cum simus longius 'non possunt perve- « nire; aut jam semotis omnibus non ita ut sunt acla,
^4^ TIIOISIÈME PARTIE.
« interposito temporis spatio perferunliii'; quas onines « nos iiitercessione fi'atris et coepiscopi nostri Ru.^i , « cuJLis experientiaiii comprobatam esse iii causis omui- « bus et vitee actibus licfiiet, volumus resecari. Gui vicem « nostrain pei" vestrani provinciam iioveritis esse comit missam; ita ut ad eum, fiatres carissimi, quidquul de « causis agitur referatis. »
L'an 43o , saint Cyrille écrivait au pape saint Célestin :
« Si je ne me rendais pas coupable et digne de blâme « en laissant ignorer à votre piété ce qui se passe, surce tout les clioses étant si graves, que la foi même, déjà « dépravée par quelques-uns, se trouve en péril, je me « dirais à moi-même : Le parti du silence m'est avanta- « geux et me met hors de tout danger. Il vaut mieux « avoir la paix que de passer sa vie dans l'agitation. K Mais comme Dieu nous commande la vigilance dans « ces sortes d'occasions, et que la loni^ne coutume des a églises veut que nous en communiquions avec votre « piété (xal Ta [j.a/-pà tcov iz-xV/iTicôv è'Ovi -Kii^mm^ àva/.oi.a voû(j6at, T-^ (TT, ô<7ioV/iTi) , je me vois dans l'obligation i"i- « goureuse de vous écrire, et de vous fan-e savoir que « maintenant encore Satan a tout bouleversé. » (Constant, p. 1086.)
L'an 4'-*8? ^^ même saint Célestin éci'ivait aux évêques de Vienne et de Narbonne, à l'occasion de certains abus qui s'étaient établis dans ces provinces :
« Nec silere possumus, cum ad hoc ut ab illicitis re- « vocemus aliquos offîcii nosti'i provocemur instinctu , « in speculis a Deo conslituti ut vigilantiœ nostiae dili- « gentiam comprobantes, et quœ coercenda sunt resece- « mus, et quœ observanda sunt sancianuis. Circa quam-
COJNCILE PllOV. PAR RAPPORT AU S. SlÉGK. oJ\'J
« vis longinqua spiritalis cura non déficit; sed se per « omnia qua nomen Dei prœdicatur extendit : nec notice tiani nostram suhterfiigiunt qiiœ in eversioncin re- « gularum novellœ praisumptionis auctoritate tentan- « tur.... »
Après avoir statué sur divers points, le saint pape se réserve de juger lui-même la cause de Daniel, dont l'ordination épiscopale n'avait pas été canonique :
« Se nostro judicio débet objicere si conscientiœ suae « novit confidentiam habere. -» Il délègue, au contraire, les évêques des provinces de Vienne et de INarbonne pour juger en synode l'accusation portée contre l'évêque de Marseille : « Massiliensis vero ecclesiae sacerdolem... a vestro audiendum coUegio delegamus. » (Sirmond, Conc. gall., t. I, p. 57.)
L'an 437, le pape Sixte III écrivait aux évêques d'illyrie :
« lllyricanœ omnes ecclesiae, ut a decessoribus nostris « accepimus et nos quoque fecimus, ad curam nunc per- (( tinent Tbessalonicensis antistitis; ut sua solliciludine, « si qiiae inter fratres nascantur, ut assolent, actiones « distinguât atque definiat, et ad eum quidquid a singuc( lis sacerdotibus agitur referatur. Sit concilium quo- « ties causas fuerint, quoties ille pro necessitatum emer- « gentium ratione decreverit : ut merito sedes apostolica,
« relatione instructa, quse fuerint acta confirmet
« Si quid forsitan aut inter fratres natum fuerii, aut « fratri cuipiam aliqua actio qua pulsetur iliata; a'«t ff illic a fratre et coepiscopo nostro Anastasio juaice eve- « niens negotium terniinetur, qui vices apostolicae sedis « agerc, ut beatse menioriœ Rufus decessor ipsius, ex
•2/^8 TROISIÈME PAlVriJi.
cf iiostra voluntate cognoscitur; aiit ad nos, si illic finiil « non potuerit, eodem tamen suis litteiis causam omnam « quse vertitur prosequente, veniat examen. » (Epist. lo, Coustant, p. 1271.)
Ce texte établit clairement, i°que c'est à l'évêque de Thessalonique, en sa qualité de vicaire apostolique, à convoquer le concile d'Illyrie quand il le jugera nécessaire; 1'^ que relation doit être faite par lui au saintsiége des actes du concile; 3" que cette relation doit être faite au pontife romain, afin qu'il confirme ce qui aura été fait; 4° qwe le même vicaire apostolique doit porter au tribunal du pape ce qui n'aura pas pu être terminé dans le concile provincial.
L'an 4^1, le concile de Chalcédoine reproclie en ces termes à Dioscore, patriarche d'Alexandrie, d'avoir osé célébrer un concile sans l'autorisation du pontife romain :
« Synodum ausus est facere sine auctoritate sedis apostolicee, quod nunquam factum est, nec rite facere licuit. » (Act. I .)
Le concile qu'avait osé célébrer Dioscore était un concile particulier, celui de son patriarcat.
L'an4445Célidoine, évêque de Besançon, avait été condamné par un concile oii présidait saint Hilaire, archevêque d'Arles, Célidoine se rendit à Rome pour en appeler à saint Léon, qui occupait alors le siège apostolique. Saint Hilaire s'y rendit aussi. Célidoine fut renvoyé absous; saint Hilaire en témoigna de la peine et se laissa aller à des démonstrations qui parurent à saint Léon peu respectueuses à l'égard du saint-siégc. C'est ce qui donna lieu à la lettre de saint Léon , adressée l'an 445 aux
évêques de la province de Vienne. Voici quelques passages de ce monument, qui se trouve dans la collection de Sirmond (t. 1, page 80 ; Paris, 1629) :
« Divinœ cultum leligionis quem in omnes gentes... « Dei voluit gratia coruscare, ita Dominus noster Jésus ce Christus... instituit, ut veritas quae antea legis et pro- « plietarum prœconio continebatur , per apostolicam a tubam in salutem universitatis exiret.... Sed liujus mu- « neris sacramentum ita Dominus ad omnium apo- « stolorum officium pertinere voluit, ut in beatissimo « Petro , apostolorum omnium summo , principaliter « colloca\et; atque ab ipso, quasi quodam capite, dona « sua veîlet in corpus omne manare ; ut exortem se mys- « terii intelligcret esse divini qui ausus fuisset a Pétri « soliditate recedere... ; ut œterni œdificatio templi , « mirabili munere gratise Dei, in Pétri soliditate consis- « teret... Verum banc Petrœ istius sacratissimam firmi- « tatem.. nimis impia vult praesumptione violare quis- « quis ejus poteslatem tentât infringere.... Nobiscum « itaque vestra fraternitas recognoscat apostolicam se- « dem , pro sui reverentia , a vestrae etiam provinciae ce sacerdotibus innumeris relationibus esse consultam; u et per diversaium, quemadmodum vêtus consuetudo ce poscebat, appellationem causarum aut retractata aut ce confirmata fuisse judicia... Sed hunctramitem semper ce inter majores noslros et bene tentum et salubriter ce constitutum, Hiiarius, ecclesiarum statum et concorcc diam sacerdotum novis praesumptionibus turbaturus, ce excessit ; ita suse vos cupiens subdere potestati, ut se ce beato apostolo Petro non patiatur esse subjectum;.... ce ipsius quoquebeatissimi Pétri reverentiam verbis arroce gantioribusminuendo; cui cum praecccteris solvendi et
« ligaiidi tradita sit potestas, pascendariim tainen oviuni « specialius cura mandata est. Cui quisquis principatiun « œstiinat denegandum, illius quidein nullo modo potest « minuere dignitatem, sed inflatus spiritu superbiœ suœ, « semetipsLiin in inferna demergit. »
Saint Léoii déclare ensuite que les privilèges accordes par le saint-siége à Patrocle et à ses successeurs sur le siège d'Arles ont été retirés, et il ote lui-même à Hilaire le pouvoir métropolitain sur la province de Vienne. Baronius et d'autres auteurs graves pensent que saint Léon s'exagéra dans cette circonstance les torts de saint Hilaire, et fut induit en erreur à son égard par des renseignements inexacts. Ce n'est pas ici notre objet d'entrer dans cette question : nous voulons montrer seulement comment, dès les temps les plus reculés, il fut admis comme certain que les synodes ne pouvaient statuer définitivement sur aucune chose importante sans en réféier au saint-siége.
L'ordonnance de l'empereur Valentinien qui accompagna la décrétale de saint Léon atteste encore cette coutume et cette croyance de l'antiquité :
« Cum sedis apostolicœ primatum, sancti Pétri meri- « tum, qui princeps est episcopalis coronse, et Romanse « dignitascivitatis,sacrseetiam synodi firmarit auctoritas, « ne quid prœter auctoritatem sedis istius inlicitum prœ- (c suniptio adtentare nitatur. Tune enim demum ecclec( siai'um pax ubique servabitur si rectorem suum agno- « scat universitas... : Hilarius... Ecclesiae Bomanœ urbis « inconsulto pontifice indebitas sibiordinationes episco- « rum sola temeritate usurpans invasit.... His talibus,... « per ordinem religiosi viri urbis papse cognitione dis- « cussis, certa in eum... lata sententia est. Et erat qui- « dcm ipsa sententia per Gallias etiam sine impérial i
coNCiLi; pr.ov. pak r. apport au s. sitGi;
« sanciione valitura. Qiiid cnirn tanti poutificis auctori- (( tqiti in ecclesias non Hceret ?... Hoc perenni sanctione « deccj'ninuis ne qiiid, tani episcopis gallicanls quani « aliarum pro vinciaruni, contra consaeliidincrn vclerem « liceat sine viri venerabilis papœ urbis œternœ auctori- « taie tentare : sed illis, omnibusque pro lege silquidqnid « sanxit vel sanxerit apostolicse sedis auctoritas. » (Sirmond, t. I, p. 85),
L'an 4^2, le pape saint Léon répond à pbjsieurs difficidtés pour lesquelles les évêques de la province de INarbonne avaient recouru au saint-siége. (Sirmond, 1. 1, p.iii.)
Le même pape écrivait à Anastase, évêque de Thessalonique et vicaire apostolique :
« Illic (dans l'illyrie) si quœ causae natœ fuei'int, prœcc stante Domino ita poterunt terminari,ut contentio nulla « resideat, sed sola inter fratres caritas coalescat. Si qua « vero causa major evenerit, quae a tua fraternitate illic a prœsidente non poterit definiri , relatio tua missa nos « consulat, ut révélante Domino, cujusmisei'icordiœ pro- « fîtemur esse quod possumus, quod ipse nobis aspira- « verit rescribamus: ut cognitioni nosti'œ, pro tradltione « veteris instituti et débita apostolicse sedis reverentia, « nostro examine vindicemus. Utenim auctoritatemtuam « vice nostra exercere te volumus, ita nobis quae illic com- « poni non potuerint, vel qui vocem appellationis emi- « serit,reservamus. » (Epist. 5 ad Anast. Coustant, pr., page XX. )
Le mêine pape , vers l'an 44^ •> écrivit une lettre de reproches à ce même Anastase, parce qu'il avait agi dans , une circonstance grave sans en référer au saint-siége. En voici quelques extraits :
2 02 TROISIEME PAIITIK. ]
« Léo, episcopiis urbis Romse, Anastaslo eplscopoThes- « salonicensi... Qiioniam sicut prœdecessores mei pra&de- « cessoribus luis, ita etiam ego tliiectioni tuœ, priorum « secutus exeniplum, vices mei moderaminisdelegavi; ut « ciiram quam iiuiversis ecclesiis principaliter ex* di- « vina institutione debemus... adjuvares, et longinquis « ab apostobca sede pi'ovinciis prœsentiam quodam inodo « nostrae visitationis impenderes.... «
Saint Léon rappelle ensuite la mesure violente qu'Anastase avait prise à l'égard d'un cvêque sans avoir consulté le saint -siège, et il la lui reproche ainsi : « Etianisi quid grave intolerandumque gessisset , nos- « tra erat expectanda censura ; ut niliil prius ipse de- « cerneres quam quid nobis placeret agnosceres. Vices « enim nostras ita tuse credidimus caritati, ut in partem « sis vocatus soUicitudinis, non in plenitudinem potes- « tatis. »
Vers l'an 462 , le pape Hilare se plaint ainsi de ce que Léonce^ archevêque d'Arles, ne l'a pas informé de la manière dont Hermès était monté sur le siège épiscopal de Narbonne :
«Miramur fraternitatem tuam ita legis catholicse immc- « morem esse, utquaeque iniqua et contra patruni nosti'o- « rum staluta, in provincia quse ad monarcbiam tuam « pertinct, si ipse aut non vis aut non potes, etiam nec « nos silentii tui taciturnitate permittas corrigere... Cote gnovimus quod iniquissima iisurpatione quidam Her- « mes episcopatum clvilalis Narbonensisexecrabili teme- « ritate preesumpserit. Quam rem decuerat sanctitatem « tuam ut nobis in vestigio indicaret. Qua de re, frater « carisshne, monemus...ad nos tam tuœ dilectionisquam « fratrum nostrorum... subscriptam manuum vestrarum
CONCILE PROV. PAR RAPPORT AU S. SllÎGK. 2 53
« relatiouem transmittatis; ut quod definire possimus « recurrenti pagina possitis agnoscere. »
Le même pape, dans sa lettre aux ëvêques des Gaules, après leur avoir recommandé de tenir tous les ans un concile, «perannos singulos ex provinciis quibus potuerit congregari habeatur episcopale concilium,» termine ainsi ce paragraphe : « In clirimendis sane gravio- « l'ibus causis et quœ illic non potuerint terminari , « apostolicœ sedis sententia consulatur. » ( Sirmond , t. I , page i3o.)
Dans une autre lettre à Léonce, archevêque d'Arles, le même pape s'exprime ainsi :
« Qualiter contra sedis apostolicse veniens constituta, « sacerdotalemmodestiam Mamertus episcopus Viennen- « sis excesserit, dilectionis tuse debuimus relatione co- « gnoscere.... Quidquid nunc ad notitiam nostram brevi « insinuatione delatum est, in conventu synodali, qui « secundum statuta nostra annis singulis te prœsidente « est congregandus, discutere ({uœ sunt acta debebis , et « a prœdicto rationem facli sul sub universo cœtu fra- « ternitatis exigere, ac deinde omnium litteris nostrse « intimare notitiœ; ut quod Sancto Spiritu dictante est « faeiendum... ordinemus. »
L'an 495, le pape Gélase dans sa lettre aclDardanos :
« Non reticemus autem (quod cuncta per mundum « novit Ecclesia) quonlam, quorumlibet sententiis iigata « pontifîcum, sedes B. Pétri apostoli jus habeat resol- « vendi , utpote quod de omni ecclesia fas hal^eat judi- « candi, neque cuiquam de ejus liceat judicarc judicio. « Si quidem ad illam de qualibet mundi parte canones « appellari voluerunt, ab illa autem nemo sit appellare « permissus Sed nec illa praeterimus quod apostolica
« sedes fréquenter, ut clictum est, niore majorum, etiam « sine ulla synodo prcecedente, et absolvendi quos^^sy- « nodus inique dainnaverat, et damnandi,nulla existenle (f synodo, quos oportuit , habuerit facultatem. Sanctse (f memoriae quippe Athanasium synodus orientalis ad- « dixerat,quem tamen exceptum sedes apostolica, quia « damnationi Grœcorum non consensit,absolvit. Sanctae « mémorise nibllominus Joannem Coustantinopolitanum « synodus etiam catbolicorum prœsulum certe damnarat, « quem simili modo sedes apostolica etiam sola , quia « non consensit , absolvit. Itemque sanctae mémorise « Flavianum pontificum congi'cgatione damnatum, pari « tenore quoniam sola sedes apostolica non consensit, « absolvit, potiusque qui illic receptus fuerat Dioscorum ce secundœsedis praesulem , sua auctoritate damnavit,et « impiam synodum non corisentiendo submovit. » (Bullarium Rom., t. I, p. 64)
Vr SIÈCLE.
L'an 5o2, le diacre Ennodius, dans un écrit qui fait partie des décrets d'un des conciles romains tenus sous le pape Symmaque, en réfutant certains schismatiques, les défiait de citer un seul concile provincial oii l'on ait fait des statuts sans la sanction du saint-siége, et qui n'ait pas réservé au pontife romain toute affaire majeure. Nous citons plus loin ce texte en entier.
Saint Césaire, évêque d'Arles, adressa au pape Symmaque un mémoire par lequel il demandait au saint-siége de décider divers points de discipline. On y lit entre autres :
« Sicut a persona beati Pétri apostoli episcopatus « sumit initium , ita necesse est ut disciplinis compe-
CONCILT: PROV. par rapport A(] s. SIÉGK. 255
a tentibus sanctitas vestra singulis ecclesiis quid obser- « vare debeant evidenter ostendat. » Et après rénumération de divers abus dont il demande la répression par l'autorité du saint-siége, il ajoute : « Hsec omnia ultione « districtionis vestrse fîeri prohibete. >■>
Le pape Symmaque statua, en effet, sur tous ces points, par une décrétale du mois de novembre 5 1 3. (Sirmond, tom. I, pag. 184.)
L'an 5i5, saint Césaire demanda la confirmation des privilèges accordés par le saint-siége à la métropole d'Arles. La supplique fut remise au pape Symmaque pas l'abbé iEgidius. On y lisait :
« Quantum in omnibus ecclesiarum pontificibus quœ « in toto orbe diffusse sunt apostolica sedes sibimet vin- « dicat principatum, et synodalibus decretis firmior « ejus praecellit auctoritas , tantum potestatis suœ pi'o- « visione dudum a sese concessa débet inconcussa ser- « vaj'e. »
Dans la réponse du pape Symmaque à cette supplique, on lit ce passage :
« Decerninius ut circa ea quœ tam in Gallia quam in a Hispania provinciis de causa religionis emerserint, sol- « lertia tuae fraternitatis invigilet; et si ratio poposcerit « praesentiam sacerdotum , servata consuetudine, unus- « quisque tuse dilectionis admonitus auctoritate conve- « niât, et si Dei adjutorio controversia incidens ampu- « tari potuerit, ipsius boc meritis applicemus : alioquin « existentis negotii qualitas ad sedeni apostolicam te « referente perveniat. » (Constant, pr., pag. xxi.)
Saint Avit, évéqiie de Vienne^, mort en 5^5, nous fournit ce grave témoignage :
« Scitis synodalium legum esse ut in rébus qucie ad
« Ecclesiae statum pertinent, si quid dubitationis fuerit « exortuiii , ad Romanae Ecclesiœ maximum sacerdotem, « quasi ad caput nostrum membra sequentia, recurra- « mus.»(Dom Constant, prsef., pag. xvii ; Avit, ep, 36.)
Dans sa lettre à Fauste et à S}'mmaque,le même saint déclare qu'il fallait avant tout consulter le saint-siége : fc Primum fuerat talis status rerum desiderandus,ut ipsi « per nos urbem orbi venerabilem pro dependendis di- « vinis humanisque expeterenius officiis. »
Dans sa 36^ lettre déjà citée, on lit encore ce remarquable passage :
« Cum... a provincialibus meis consulor, respondere « etiam ego nisi priorem (le pontife romain) consulam « non prœsumo. » (S. Aviti opéra, p. 87; Paris, i643.)
L'an 629; le second concile d'Orange envoya ses décrets au pape Boniface IT, qui les confirma.
A la tête du manuscrit qu'a suivi Sirmond, on lisait cette note :
« In hoc loco continetur synodus Arausica, quam per « auctoritatem (i)'sanctus papa Bonifaclus confîrmavit. « Et ideo quicumque aliter de gratia et llbero arbitrio H crediderit quam vel ista auctoritas continet vel in illa ff synodo constitutum est, contrarium se sedi apostolicœ « et universse per totum mundum Ecclesiae esse co- « gnoscat « (Sirmond;, tom. I, pag. 222.)
La constitution de Boniface II, qui confirme ce concile, est adressée à saint Césaire, évêque d'Arles. En voici quelques passages : .
(c Fraternitatem tuam habita conlatione cum quibus-
(i) On sait qu'on donnait le nom d' auctoritas aux lettres mêmes des souverains pontifes.
«dam sacerdotibns Galliariim , jnxta ficlern gauclemiis « seiisisse catliolicani.... Qiiapropter affecta congruosa- « lutantes, suprascriptain confessioneni voslram conseil - « taneam catliolicis patrum regulis adprobamus. » (Slrniond, tom. I, pag. 223.)
Cette lettre de Boniface II nous fait savoir, en outre, que saint Césaire avait déjà recouru au saint-siége, pour en obtenir une décision sur les mêmes questions qui furent traitées dans le second concile d'Orange, et que le pape n'avait pas encore répondu, lorsque ce concile se réunit, et lorsque ses décrets arrivèrent à Rome avec la demande de confirmation.
L'empereur Juslinien écrivait au pape Jean II :
« JNec enim patimur quidquam quod ad ecclesiarum « statum pertinet, quamvis manifestum et indubitatum « sit, ut non vestrœ innotescaf sanctitati : quia caput est « omnium sanctaruni ecclesiarum. »(Coustant,pr., p. xvii.)
Le même empereur, dans son Code, livre P', tit. I, loi '7^, s'exprime ainsi :
« Neque enim patimur ut quidquam eorum quae ad « ecclesiasticum spectant statum, non etiam ad ejus « (saiictissimi papœ veteris Romae) referatur beatitudi- « nem, cum sit caput omnium sanctissimorum Dei sa- « cerdotum ; et quia, quoties in illis locis baeretici exti- « terunt, sententia et recto judicio illius venerabilis « sedis coei'citi sunt. »
L'an 545, le pape Vigile écrivait à Auxane, archevêque d'Arles :
« Si quse ei'go inter fratres et coepiscopos nosti'os in « locis vestrae caritati prœsenti auctoritate commissis... « dissensiones emerserinl , adhibitis vobiscum sacerdo- « tibus numéro competenti, causas canonica et aposto-
« lica aequitate discutite... Si qiia vero certamiiia aut de « religione fidei (quod Deus auferat) , aut de quolibet « negotio quod ibi pro sui magnitudine termiiiari non «possit, evenerint, totius veritatis indagine diligenti « ratione discussa, relationis ad nos seriem destinantes, a apostolicee sedi terminanda servate. » (Sirmond, t. I, page ini.)
Le même pape écrivit ainsi aux évêques des Gaules :
« Auxanio fratri et coepiscopo nostro Arelatensis cice vitatis antistiti, vices nostras caritas vestra nos dédisse « cognoscat, ut si aliqua, quod absit,emerserit coutentio, « congregatis ibi fratribus et coepiscopis nostris, causam « canonica et apostolica integritate discutiens, Deo place cita aequitate definiat. Contentiones vero si quœ, quas fc Dominus avertat, in fidei causa contigerint, aut taie ce emerserit negotium quod pro magnitudine sui apostoce licee sedis magis judicio debeat terrainari, ad nostram « discussa veritate perferat sine dilatione notitiam. » (^Ibid, pag. 272.)
Le même pape répète à Aurélien, successeur d'Auxane, ce qu'il avait écrit à ce dernier toucbant les affaires importantes qu'il fallait laisser à la décision du saint-siége, et il ajoute :
ce Ita decessores vestros, qui decessorum nostrorum ce vices egisse monstrantur, fecisse , testimonium nostri ce déclarât scrinii. » {Ihid. ^ pag. ay/j.)
Dans le rescrit du même pape à l'évêque Eleutbère , on lit ces mots :
ce Ad Romanam Ecclesiam summa episcoporum nece gotia et judicia atque querelae quasi ad caput semper ce referenda sunt. » (Cbr. Wolf, tom. V, pag. 34o.)
L'an 591, saint Grégoire le Grand établit ainsi un
CONCILE PROV. PAR RAPPORT AU S. SJEGE. aDQ
vicaii'e apostolique dans la Sicile, en se réservant les causes majeures :
« Mandata cœlestla effîcacius gerlmus si nostra cum « fratrlbus onera partianiur. Proinde super cunctas Sl- « clliseecclesias reverendissimum te virum Maxlmianum, « fratrem et coepiscopum nostrum , vices sedis aposto- « licae mniistrare decerninius : ut quisquis illic religionls « habitu censelur, fraternitati tuœ ex nostra auctoritate c< subjaceat : quatenus eis non sit necessarluin post hœc « pro parvulis ad nos causis tanto maris spatio trans- « meando pervenire. Sed si quœ fortasse dlfficilia existunt <( quee fraternitatis tuœ judlcio nequaquain dirimi poste sint, hœc solummodo nostrum judicium flagitent : ut (c sublevatl de minimis, in causis majoribus effîcacius « occupemur. Quas videlicet vices non loco sed personœ « tribulmus. » (Bullar. Rom., tom. I, pag. g6.)
L'anSgS, le même pape écrivait à Virgile, archevêque d'Arles :
« SI qua vero Inquisitio de fîde vel fortasse aliarum « rerum inter episcopos causa emerserit, quœ tliscerni « diffîcilius possit , coUectis duodecim eplscopis venti- « letur, atque decidatur. Si autem decidi nequiverit, « discussa veritate ad nostrum judicium referatur. » (Sirmond, tom. I, pag. 4i40
Dans sa lettre aux évêques des Gaules, le même pape s'exprime dans le même sens :
« SI quam vero contentionem.... de fîdei causa eve- « nlre contigerlt, aut negotium emerserit cujus vehe- « mens sit fortasse dubietas , et pro sui magnitudine « judicio sedls apostolicœ Indigeat, examinata diligentius « veritate , relatione sua ad nostram studeat perducere
260 TROISIÈME P4KTIE.
« notionem, quatenus a nobis valeat congrua sine dubio « sententia terminari. » (Sirmond, t. I, p.4i5.) ,
L'an 599, il exhorte les ëvêques de France à tenir un concile, et veut qu'on lui en fasse connaître les statuts.
M Fraternitatem vestram, auctore Deo, volumus syno- « dum congregare... De quibus cunctis reverendissimus « frater noster Syagrius episcopus cum omni synodo^, « dilectissimo nostro Cyriaco abbate remeante, nobis « quae acta sunt studeat renuntiare; ut subtiliter agno- « scentes quid et cum qua cautela vel qualiter sit dece cretum, omnipotenti Deo de vita vestra ac moribus « gratias incessabiliter persolvamus. » {Ibid.^ pag. 4^5.)