‹ Du concile provincialChapitre 63 sur 92 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Le pontife romain peut-il célébrer, et a-t-il célébré défait, des conciles provinciaiuc?

Cette question a été discutée avec étendue par Benoît XIV, au commencement du second livre de son traité sur Je synode diocésain. Il y établit en premier lieu que le pape étant non-seulement le chef suprême de toute l'Église, mais encore patriarche de l'Occident, primat de l'Italie, métropolitain de la province romaine, et éve- ((ue de Rome, rien ne peut empêcher qu'il agisse en sa quahté d'archevêque, et convoque en concile provincial les évêques de sa province.

Il rappelle ensuite l'objection puciile de ([uelques auteurs, qui ont prétendu qu'il était impossible de détermi.ier les limites de la province romaine et de désigner d'une manière certaine les évêques qui devraient être invites à un tel concile. Le savant pape montre, au contran-e, que les diocèses suffragants de la métropole de Rome ont toujours été parfaitement connus et qu'Us le sont encore. H rapporte connnent les limites de la pi-ovmce romamc ont été icstreintes à difïéreiites épo-

COJVCILi; PKOV. PAU RAPPORT Al) S. SlÉGh. l\On

ques, par la séparation qu'on en a faite de divers diocèses pour former de nouvelles métropoles.

Passant ensuite à la question de fait , il expose les raisons qui doivent faire reconnaître comme provinciaux les conciles de l'an 6io sous BonifacelV, et de l'an 'j-ai sous Grégoire II. Mais 11 donne surtout comme exemple certain de concile provincial celui de l'j'iS, célébré par Benoît XIII, et 11 le prouve entre autres par les réponses de la congrégation des cardinaux-interprètes. Des doutes s'étant élevés en divers endroits relativement à l'obligation d'observer les décrets de ce concile, la sacrée congrégation répondit constamment qu'ils n'obligeaient pas en dehors de la province romaine. Réponse (jui n'aurait pas été faite, dit Benoît XIV, si on n'eût regardé ce concile comme un simple synode provincial.

Il serait téméraire de reprocher aux pontifes romains de n'avoir pas célébré régulièrement, aux époques marquées par les canons, leurs conciles provinciaux. La province romaine est, à cet égard, dans des conditions évidemment exceptionnelles. La facilité pour les évêques suffragants de Rome de communiquer avec le souverain pontife, et de suppléer par la plénitude de son autorité aux dispositions et aux statuts qui pourraient être concertés en assemblée synodale, rend moins nécessaire pour eux la célébration régulière et fréquente des conciles provinciaux. Quoique la loi qui ordonne cette célébration soit générale pour toutes les métropoles de la catholicité, le pape possède à la fols et le plein pouvoir de se dispenser de cette loi , et la pleine autorité pour juger s'il est opportun de rendre ces assemblées moins fréquentes dans sa province. Rien de send)lable n'existe pour les autres métropoles. Si elles omettent

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par négligence la célébration de leur concile provincial, elles violent une obligation , et il ne leur appartient point de modifier la loi ecclésiastique qui les concerne.

DES OPÉRATIOWS

DU

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