‹ Du concile provincialChapitre 66 sur 92 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

A quelles époques doivent être célébrés les conciles proi>lncuiux.

Le 36^ des canons dits des Apôtres , dont on ne connaît pas au juste Tantiquité, est ainsi conçu : a Bis in « anno episcoporum celebrator synodus, ac pietatis in- « ter se dogmata in disquisitionem vocanto ; neque non « in eccleslis incidentes contradictionesdirimunto, semel « qiiidem quarta feria Pentecostes, secundo duodecima « hyperberetaei. » (Corpus juris, page 1267; ëdit. de Munich, 1783.)

l/an 39.5, le i*^"^ concile œcuménique de Nicée prescrivit 6)1 ces ternies la célébiation bisannuelle des synodes provinciaux: « Que le i^' concile se tienne avant « le commencement du carême, afin que, toutes les di- « visions , s'il y en avait , étant terminées , on puisse « offrir il Dieu dans la pureté du cœur le jeûne solen- « nel : le second se célébrera en automne. » (5^ canon.) Gratien a fait de ces paroles le canon Habeatur de sa j8^ distinction.

Le concile d'Antioclie de l'an 34 1 renouvela ainsi la même prescription dans son ao^ canon :

« Propter usus ecclesiasticos et pro componendis

« coutroversiis recte liabere visum est, ut syiiotli epi- « scoporiim in unaquaque provincia fiant bis in anno; « semel quidem post tertiam hebdomadam festi Pascbae, « ut quai ta hebdomadœ Pentecostes perficiatur synodus, « metropolitano provinciales episcopos admonente se- « cundam synodum idibus octobris futuram , qui est « decimus hyperberetaei ; ut in his ipsis synodis acce- « dant presbyteri et diaconi et omnes qui se injuria af- « fectos putant et a synodo judicium assequantur; nec « ullis liceat synodes per se facere sine lis quibus sunt « créditée métropoles. » (Mansi, t. II, p. i3i5.)

Ce texte forme le canon Propter ecclesiasticas de la iS*' distinction du décret de Gratien.

L'an 4^1, le concile œcuménique de Chalcédoiue, dans son \ç^ chapitre, employa les expressions les plus énergiques pour presser l'exécution de ce décret :

« Pervenit ad aures nostras quod in provinciis canote nibusconstitutse episcoporum synodi non fiant, et ex eo « multa ecclesiastica negliguntur quse correctione indi- « gent. Statuit ergo sancta synodus secundum sancto- « rum Patrum canones ut bis in anno eumdem in locum « conveniant uniuscujusque provincise episcopi ut me- « tropolitanus melius esse perspexerit, et singula emer- « gentia corrigant. Episcopi autem qui non conveniunt, « si in eadem metropoli versentur atque adeo sani sint (cet ab omni inexcusabili et necessario negotio liberi, « fraterne reprehendantur, » (Mansi, t. VII, p. 366). — ■ Canon 6^ de la i8' dist. de Gratien.)

11 résulte de ces quatre monuments que la célébi-ation bisannuelle des conciles provinciaux remonte à la plus haute antiquité, et tout porte à croire qu'elle touche aux temps apostoliques; car on ne trouve aucune

4'^*?' QUA.TRIÈME PARTIE.

traco (l'une coutume différente antérieure à celle-là.

Cette discipline fnt changée par le sixième concile œcuménique (troisième de Gonstantinople), qui réduisit à une fois l'an l'obligation du synode provincial; et ce décret fut renouvelé par le septième concile œcuménique (deuxième de Nicée) , en ces termes :

« Quoniam quidem régula est quse dicit bis in anno « per singulas provincias oportere fieri per conventum « episcoporum regulares in(juisitiones; propter fatigac( tioneni, et ut opportune habeantur ad iter agendum « hi qui congregandi sunt, definierunt sexlœ synodi « sancti Patres, omni excusatione remota, omnibus mo- « dis semel in anno fieri, et depravata corrigi. Hune « ergo canonem et nos renovamus : et si quisquam prince ceps inventus fuerit hoc proliibere, communione pri- « vetur. Si quis vero metropoiitanorum hoc neglexerit « agere absque necessitate vel vi seu aHqua rationabih « occasione, canonicis pœnis subjaceat. Dum autem sycc nodus agitur super canonicis et evangelicis negotiis, « oportet congregatos episcopos in meditatione et sol- « licitudine fieri custodiendorum divinorum et vivifico- ■<■ rum Domini mandatorum. — Porro non habeat metro- « politanus aliam speciem expetendi. Quod si hoc egisse (c conviclus fuerit, solvat quadruplum. « (Distinct. i8, can. 7.)

Du temps de Justinien,les lois civiles venaient à l'appui des saints canons, et cet empereur sanctionna l'ol)ligation de se réunir une ou deux fois Van^ ainsi que nous le lisons dans les Noi'elles^ collât, ix, titre 6 de siuiclissimis episcopis ^ chap. x :

« Ut autem omnis ecclesiasticus status et sacrœ re- « gula^ diligenter custodiantur , jubeniiis unumquem-

OPÉllATlOiNS DU CONCILE PKOV., KTC. 4'^^

« que beatum arcliiepiscopum et patriarcliam et metro- « politam sanctissimos episcopos sub se constitutos in « cadem provincia semel aut secundo per singulos an- « nos (a-rva^ ri Sic, y.aÔ' exacTov £to;) ad se convocai'e , et « omnes causas subtiliter examinare quas episcopi aut « monachi ad invicem habent, easque disponere, et su- « per hoc quidquid extra régulas a quacumque persoua « delinquitur emendare. » (^Corpus civile de Vitray, t. II, page 489.)

L'an i5i5, dans le concile œcuménique de Latran, l'obligation de célébrer les synodes provinciaux fut réduite à tous les trois ans , par le passage suivant de la bulle Rei^imini de Léon X, publiée au nom du concile, sacra approhante coiicilio : « Mature quoque considérantes, quod post Christi ad cœlos ascensionem, apostoli per singulas urbes et diœceses episcopos distribuerunt, sicut sancta Romana Ecclesia per orbem constituit, eosdem episcopos in paitem soUicitudinis vocando, onera gradatim distribuendo per patriarchas , primates, archiepiscopos et episcopos ; ac sacris etiani canonibus fuerit definitum, per eos pro morum correctione, et controversiarum decisione et determinatione, ac mandatorum Domini observatione fieri debere concilium provinciale ac synodum episcopalem, ut depravata corrigerentur, et illa facere négligentes canonicis pœnis subjacerent : cum conveniat nos circa ea quse rempublicam christianam concernunt esse intentos, desiderantes cauones ipsos fîrmiter observari , eisdeni patriarcliis, primatibus, archiepiscopis ei episcopis districte injungimus ut de offîcio ipsis commisso dignam Deo possint reddere rationem, canones, concilia et syiiodos hujusmodi fieri mandantes, ([uocumque pri-

4^4 QUATRii'ME PARTIE.

vilegio non obstante, invioiabiliter observent; prœterqnam quoad concilium provinciale , quod de cœteio singulis trienniis mandamiis, ad illaque etiam exemptos accedere debere decernimns, privilegio ac consiietudine quacumque contraria non obstantibus. »

Enfin le concile de Trente, sans rien cbanger à la règle établie par Léon X, mais voulant en presser l'exécution en décidant les cas principaux qui pouvaient devenir litigieux, rendit le décret suivant, qui est encore la principale base du droit sur les conciles provinciaux , et que nous aurons souvent à citer :

« Provincialia concilia, sicubi omissa sunt, pro moderandis moribus, corrigendis excessibus, controversiis coinponendis, aliisque ex sacris canonibus permissis, renoventur. Quare metropolitani per seipsos, seu, illis légitime impeditis, coepiscopus antiquior, intra annuni ad minus a fine prœsentis concilii , et deincle quolibet saltem triennio, post octavam Pascbœ Resurrectionis Domini nostri , seu alio conimodiori tempore pro more provinciae, non prœtermittat synodum in provincia sua cogère, quo episcopi omnes, et alii qui de jure vel consueiudine interesse debent (exceptis iis quibus cum immiueuti periculo transfretandum esset), convenire omnino teneantur. » (Sess. 24, c. 2, de Réf.)

« Il faut remarquer, dit Fagnan, le mot saltem dont « se sert le saint concile. Cette expression fait entendre « que le métropolitain peut convoquer le synode plu- « sieurs fois pendant les trois ans pour un motif raison- '( nable ; de même qu'après le décret du sixième concile « œcuménique, il pouvait le réunir deux fois par an « s'il y avait nécessité. » (In 1 part. 5 1. décret, de Accus., c. .Sf'rut o/f'/ff , n. 0.9,.)

L'archevêc[ue de Lima , à cause des grandes distances qui séparaient de lui ses suffragants, obtint du saint-siége de ne célébrer son concile que tous les six ans.

Le terme fixé par le concile de Trente pour la tenue des conciles provinciaux n'ayant pas été modifié depuis, il est certain que dans le droit actuel la célébration au moins triennale est d'obligation.

Page 1