‹ Du contrat de sociétéChapitre 2 sur 165 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

grandeur; nous le verrons bientôt. Mais c'est surtout le moyen âge qui fut une époque prodigieuse d'association ; c'est lui qui donna naissance à la communauté conjugale, à ce régime qui convient le mieux aux sentiments d'affection et de confiance sur lesquels repose le mariage ! ! c'est lui qui forma ces nombreuses sociétés de serfs et d'agriculteurs, qui couvrirent et fécondèrent le sol de la France; c'est lui qui multiplia ces congrégations religieuses dont les services ont été si grands par leurs travaux de défrichement et leur établissement au sein des cani pagnes abandonnées ; c'est lui qui ranima l'esprit municipal , reconstitua la commune , les confréries de toute espèce , les corporations littéraires , marchandes , manouvrières, etc., etc. Probablement alors l'on parlait moins qu'aujourd'hui de l'esprit d'association;mais cet esprit agissait avec énergie ; il obtenait des résultats proportionnés aux besoins qui l'excitaient naturellement. La civilisation était en travail de formation; les éléments similaires se réunissaient, poussés tantôt par l'intérêt de défense , de conservation, d'organisation, tantôt par les doctrines de charité et de fraternité chrétienne. Maintenant d'autres temps, d'autres moeurs ; l'esprit critique qui nous domine a fait grandir l'esprit d'individualité. La raison individuelle , en se posant comme source de la vérité, a exalté l'individu en

contradiction avec ce que disent les lois 2G D. De Servit, prœdor. urbar,or, et 20 D. De Jegat. 2°, car la communauté dont parle cette novelle n'est pas une communauté purement passive , mais la communauté résultant de la société.

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