‹ Du contrat de sociétéChapitre 27 sur 165 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

J'en trouve deux causes, l'une civile, l'autre politique et économique; celle-là dans l'intérêt des agriculteurs, celle-ci dans l'intérêt des seigneurs.

Au berceau de la féodalité , la grande masse de la population était esclave (i) ; alluvion immense, formée de toutes les classes déchues , oii se trouvent, sous des couches violemment superposées, le Franc et le Gallo-Romain, le vainqueur et le vaincu, Ihoriime libre tombé en pauvreté (2% et le serf d'origine. Ce n'était pas cependant l'esclavage de l'antiquité et son inexorable logique, qui traitait l'homme comme une chose dans le commerce, comme un vil animal. Un^ transformation s'était opérée (3) ; l'esclave était devenu serf, et le droit féodal, humanisé par le christianisme, lui accordait le mariage, la paternité légitime, la famille, et certaines attributions du droit de propriété (4). Mais quand arrivait la mort du serf, le droit féodal lui appliquait à la lettre cette triste maxime : Mors onuiia solvlt. Il ne lui reconnaissait pas le droit de transmettre sa succession dans un moment où. tout était fini pour lui. Le seigneur, source de toute propriété, reprenait, par une sorte de droit de réversion (5) , la chose de son serf, et tout ce que cet infortuné avait retiré de la manu-

(1) Mou Coinm. du Louage, Préface.

(2) Beaumanoir, p. 254.

(3) Grotius (De jure pacis et belli) , lib. 2, c. 5, n" 30. Hervé, Mat. féud., t. I, p. 169.

(4) Co(iuille, Insi. au Droit français, titre des servitudes personnelles.

(5) Voy. mon article sur VOrigine du droit d'Enregislremeni , p. 11, et lievue de Ugislai., t. 10, p. 147 et 277.

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