‹ Du contrat de sociétéChapitre 30 sur 165 · XLII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLII PRÉFACE

autres affectées sur le sol. Mieux les terres étaient cultivées, et plus l'aisance régnait dans la seigneurie; et le seigneur trouvait dans le bien-être de ses vassaux l'assurance que les richesses de son fisc ne seraient pas compromises. Or, l'industrie agricole, sur laquelle reposait presque tout le système financier delà féodalité, demande un grand nombre de bras, et les seigneurs pensèrent que l'agriculture serait bien plus florissante, si la vie commune et l'association héréditaire des serfs immobilisaient sur leurs domaines ces races inépuisables de travailleurs (i). D'ailleurs, c'était un moyen d'éviter la confusion des redevances, opérée par le fractionnement des tenements en pièces et lopins (2). Ils exigèrent donc à leur tour que leurs gens de mainmorte vécussent dans l'état de société agricole, et ce n'est qu'à cette condition qu'ils firent le sacrifice de leur droit de réversion.

Ce second point de vue a été exposé par Coquille d'une manière si ingénieuse et si pittoresque que l'on me saura gré de citer ses paroles (3).

a Selon l'ancien étal^lissement du ménage des a champs, en ce pays du Nivernois, lequel ménage « des champs est le "vrai siège et origine de hour- « déloges (4) , plusieurs personnes doivent être

(1) Dunod, loc. cit., p. 82.

Coquille, Quest.

Et sur l'art. 7 de la coût., titre des Servitudes , et sur Tart. 18 du T. Des bomdelages

(2) Coquille, loc. cit. de la Coutume.

(3) Questious sur les Coût..

(4) Voy. Nivernais , ch. 6, Des bourdelages. Or Coquille revient sur ces idées.

PREFACE. XLUI

« assemblées en une famille pour démener le a ménage , qui est fort laborieux et consiste en « j^lusieurs fonctions en ce pays, qui, de soi , est (c de culture malaisée ^ les uns servant pour lace bourer et pour toucher les bœufs, animaux tara difs; et communément faut que les charrues « soient traînées de six bœufs ; les autres pour « mener les vaches et les juments aux champs ; les ce autres pour mener les brebis et les moutons; les ce autres pour conduire les porcs. Ces famillîes, <c ainsi composées de plusieurs personnes , qui « toutes sont employées chacune selon son âge , <c sexe et moyens , sont régies par un seul , qui c se nomme maître de communauté ^ Élu à cette « charge par les autres , lequel commande à tous « les autres , va aux affaires qui se présentent ès- « villes ou es- foires et ailleurs, a pouvoir d'obliger « ses parsonniers en choses mobilières qui con- « cernent le fait de la communauté ; et lui seul est ce nommé ès-rôles des tailles et subsides.

« Par ces arguments se peut connaître que ces « communautés sont vraies familles et collèges , « qin, par considération de l'intellect , sont comme a un corps composé de plusieurs membres; com- « bien que ces membres soient séparés l'un de « l'autre. Mais , par fraternité , amitié et liaison « ÉCONOMIQUE (i), font uii scul corps.

ce Kn ces communautés on fait compte des ence fants qui ne savent encore rien faire , par l'espé- « rance qu'on a qu'à l'avenir ils feront ; on fait

(1) Très-heureuse expression.

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