PREFACE. XLV
présent et commun l'enfant absent pour cause d'étude ou de service, la fille mariée dans une autre servitude, etc., etc. (i) Les jurisconsultes eurent égard à la contrainte de vivre dans une même maison , avec des personnes de tout âge , de tout sexe, d'humeurs différentes, les unes laborieuses et industrieuses, d'autres fainéantes et sans aptitude ; celles-ci entrées comme gendres ou brus et vues d'un mauvais œil, celles-là faibles , valétudinaires, âgées, et enviées par leurs consorts, pour leur repos forcé (2). Les jurisconsultes pesèrent ces inconvénients ; ils cherchèrent à les compenser en adoj^tant les interprétations les plus favorables aux mainmortables , en admettant des communions fictives (3), des équipollents, etc., etc. Mais tout cela était invention de légistes et altération du droit primitif. En principe, l'enfant séparé de la famille n'était pas plus privilégié que les collatéraux (4) ; il était exclu par le seigneur. En principe, toute la famille devait vivre au même feu, au même sel, au même pain; et si le feu, le sel et le pain étaient divisés , si la communauté du boire et du manger n'existait plus, la terre faisait retour au seigneur; ce dernier succédait seul , au préjudice même de la ligne directe ; de là ce proverbe juridique :
(1) Delaurière, sur Loisel, liv. I, 1. 1, n° 76. Dunod, ch, 3, sect. 2.
(2) Dunod, p. 124.
(3) Idem.
(4) Coquille, Inst. au Droit français^ tit. Des servitudes, et sur Nivernais, art. 14 Des servit.