PREFACE. XLVII
A côté des sociétés de serfs, l'Iiistoire des temps féodaux nous signale dans toute la France des sociétés d'hommes libres , formées tacitement dans un but économique , et appliquant leur travail au développement de l'agriculture , du négoce ou au progrès de leur aisance commune. « Le lundy, de- « vaut saint Barnabe l'apôtre , de l'an de grâce a 1293, fut lue, au parloer des bourgeois de Paris, (c une cédule en la manière que s'ensuit... et mort « le père et la mère, tous lesdits biens reviennent « aux enfants et sont communs entre eux , et lors « se/et compaignie entre eux, jusques à tant qu'ils « facent division de tous leurs biens entr'eux » (i).
Mais c'est surtout dans les villages et dans les campagnes que ces sociétés taisibles ou tacites étaient fréquentes. La géographie coutumière eu conserve la trace dans les provinces les plus opposées d'usages et de mœurs; elles régnent dans les pays de droit écrit comme dans les pays de coutume ; dans ceux ou les habitudes imposent la dot au mariage , comme dans ceux où domine la communauté conjugale (2). Dans le ressort du parlement de Toulouse , dans la Saintonge , l'Angoumois,la Bretagne, l'Anjou, le Poitou, la Touraine, la Marche , le Berry, le Nivernais , le Bourbonnais, les deux Bourgognes, l'Orléanais, le pays Chartrain, la Normandie , la Champagne , le Bassigny, etc., etc., les populations affectionnaient ce genre d'association, et les statuts locaux le favori-
Ci) Chopin, De morih. ^arisior., lib. 2, c. 1, n° 31. (2) Maynard, liv, 2, ch. 71.