‹ Du contrat de sociétéChapitre 37 sur 165 · PREFACE. LIII · texte numérisé non relu

PREFACE. LIII

Nivernais, et Vigier, commentateur de la coutume d'Angoumois, ont fait des tableaux séduisants de la prospérité des familles soumises à ce régime primitif"; ces tableaux ne sont pas flattés; car, malgré le niveau que la révolution a passé sur notre Finance, malgré l'abolition générale et absolue des sociétés tacites prononcée par le Code civil, M. Dupin aîné a trouvé dans un coin du Nivernais une de ces heureuses communautés, survivant aux menaces de la législation , aux transformations des mœurs, à l'inquiète indépendance de l'esprit individuel, îl a vu ce régime vigoureux fonctionnant encore aujourd'hui dans les mêmes conditions que du temps de Coquille, et procurant aux membres de l'association le même bien-être, les mêmes satisfactions matérielles et morales (i). Ces débris respectables de vieilles institutions résisteront-ils longtemps encore aux principes de dissolution que le droit commun a placés à côté d'elles? Cette vie commune se prolongera -t- elle comme une source d'émulation, de bons exemples, de bon gouvernement agricole? C'est ce qu'il n'est pas permis d'espérer, dans un siècle oii la centralisation de jour en jour plus active promène en tout sens l'égalité de lois et de mœurs (2).

Après m'être occupé des sociétés universelles, je vais jeter un coup d'œil sur les sociétés particulières qui servirent d'aliment à l'esprit d'associa-

(1) V. Lettre à M. Etienne ou Excursion dans le Nivernais.

(2) M. Dupiii nous apprend cependant qu'un arrêt de la cour de Bourges, du G siiars 1832, a trouvé moyen d'écarter une demande en partage dont cette société était menacée. J'aurais désiré en connaître les faits.

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