PREFACE. LXI
tant embrasser) ( i ) , leurs sociétés avaient des comptoirs dans nos principales places. Tandis qne les Pisans et les Génois armaient des vaisseaux contre les Sarrasins et exploitaient le commerce de l'Orient (2); tandis que Venise faisait la traite dans les mêmes contrées et nolisait les flottes qui conduisaient les croisés en Terre Sainte et excitaient l'admiration de Ville-Hardouin (3), les compagnies de Lombards tenaient dans leurs mains tout le crédit des états occidentaux ; elles prêtaient aux souverains (4) , et enlaçaient dans les iilets de leurs prêts sur gage les nobles , les monastères, tous ceux qui avaient besoin d'argent (5).
(1) ]Muratori en fait aussi l'observation dans sa dissertation 15.
(2) Muratori, dissert. 30, t. 2, p. 865 et 908.
(3) V. ses curieux mémoires n"' 29 et suiv, « Et li navires li venis- « siens orent appareillé, fu si riches et si bels , que onques nus boa « chrestiens plus bel ne plus riches ne vit. »
(4) Par exemple, ils prêtèrent à Edouard III, roi d'Anglet., de grosse-s sommes qu'il ne put leur rendre. (J. Villani, lib. XI, c. 87, 137, et lib. XII, c- 54.) Je reviendrai bientôt sur ce fait.
(5) Mathieu Paris (Hist. Angli. Henricus3, an. 1235),
' Invaluit autem hisdiebus, caorsinorum pestis abominanda , ut vix esset aliquis in tota Anglia, maxime prelatus, qui retibus istorum , jam nonillaquaearetur. Etiamipse rex debito inestimabili eis tenebatur obligatus. Circumveniebant enim in necessitatibus indigen'es, Visurain sub specie negotiationis palliantes, et nescire dissimulantes quod quidquid accrescit sorti usura est, quocumque nomine censeatur. »
Voici la formule du contrat qu'ils faisaient souscrire aux débiteurs. Mathieu Paris l'a conservée : elle est curieuse.
« Universis praesens scriptum visuris, N** prior, et conventus N'*, « salutem in Domino. —Noveritis nos mutuo récépissé apud Londinimi « (Londres), pro nostris etecclesiae nostra3 negotiisuliliter expedieuciis, « ab illo ]N** et illo N**, pro se et sociis suis, civibus et mercaioribtis « civitatis N** centum et quatuor bonorum et legalium (bons et loyaux) « esterlingorum, pro marca qualibet computatis.... » (Ici se trouve ui:a renonciation à toute exception non numera(œ pecuniœ et autres.) « (hiaa « prsetaxatas 104 marcas esterlingorum, dictis mercatoribus, vd v'fi