‹ Du contrat de sociétéChapitre 43 sur 165 · LXIV PREFACE · texte numérisé non relu

LXIV PREFACE

à eux si dans quelque crise financière la nature de leurs spéculations autorisait contre eux l'accusation d'usure (i) , ou contrariait les vues du gouvernement dans les altérations des monnaies (2) î Ils étaient insultés, proscrits, accablés de l'inimitié publique, comme les juifs avec lesquels ils partageaient le commerce de l'argent. Il est probable que tout n'a pas été inventé à plaisir dans les reproches sanglants dont les contemporains les ont poursuivis ; et si l'on songe que le taiix auquel les Lombards avaient élevé l'intérêt commercial de l'argent était souvent de plus de 20p. 0/0 (3), on sera forcé de croire que les larmes des peuples n'étaient pas feintes. Cependant, je ne voudrais pas dire non plus qu'il n'y a pas eu C[uelque exagération de la part d'une époque, cjui appelait usure tous les profits de l'argent, et dont le système économique était dirigé par les lois religieuses et civiles dans une voie de réaction contre les idées du monde romain en matière de prêt à intérêt. Réfléchissons aussi que, si l'intérêt commercial était énorme, c'est que les chances du commerce étaient énormément mauvaises; car il fallait craindre les brusques changements dans les valeurs monétaires , les banqueroutes , les exils , les confiscations, les rapines de toute espèce , les dangers de toute nature dans les communications.

(!) Ord. de Saint-Louis, de 1268 (Ord. du Louvre, t. 1, p. 96.) Ord. de Philippe-le-Hardi, de 1274 (/d., t. 1, p. 297).

(2) Ord. de Philippe-le-Bel, de 1311 (t. 1, p. 489).

(3) Ord. de Philippe-le-Bel, de 1311. Muratori, dissert. 16, t. 1, p. 898.

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