LXVIII PRÉFACE
dont l'environnaient les fraudes , les violences , l'inexpérience et les préjugés des gouvernements. Je viens de parler des compagnies Bardi et Peruzi et de leurs commanditaires. Ceci me ramène au régime des sociétés italiennes, dont une digression nécessaire m'avait un instant éloigné. L'Italie remuaîe monde commercial avec deux sortes desociétés (les seules qu'elle connût), la société en nom collectif, et la société en commandite dont on distinguait à peine la société en participation. Souvent les marchands se constituaient en société en nom collectif, sous une raison sociale. Dès le commencement du xiii^ siècle , nous apercevons cette forme en pleine vigueur, par suite d'un usage qui paraît remonter beaucoup plus haut Les Lombards contractaient en général , en Angleterre et en France, sous la raison sociale N***N*** et compagnfe (i) , et un seul des gérants avait pleins pouvoirs pour représenter la compagnie et faire les recouvrements (2). Les sociétés Bardi, Peruzi, Ac ciajuoli, Corsini, tiraient cette dénomination du marchand principal qui était en nom, et sous la raison duquel se faisait le commerce (3) ; de sorte que je serais fort tenté de croire que l'appellation Gaorsius ou Corsius , donnée aux Lombards qui exploitaient la France et l'Angleterre , pourrait bien leur venir, non pas de Cahors , que Dante aurait, un peu légèrement peut-être, comparée à
(t) Voy. le Contrat de 1235, donné par Matthieu Paris, et rapporté ci -dessus.
(2) Idem.
(3) Ducange, t" Caorsini.