‹ Du contrat de sociétéChapitre 55 sur 165 · LXXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

LXXVIII PREFACE

et change les rapports de la marchandise; le prix des valeurs s'accroit, et l'intérêt de l'argent diminue (i). Les capitaux circulent avec activité; ils se fixent aussi dans un plus grand nombre de mains, et la richesse mobilière acquiert de l'importance et de la considération. Les capitalistes ne sontplus nécessairement des Juifs ou des Lombards, c'està-dire, des hommes voués àl'exécration publique ; l'usure perd de son âpreté;la finance est moins décriée ; le négoce fait moins déroger. En même temps, la marine prend un essor qui n'a plus de bornes; l'esprit ^l'aventure remue les populations ; on s'embarque pour s'enrichir, pour coloniser, pour convertir. L'intérêt et les idées s'associent dans cette irruption, qui va jeter des empires florissants là où l'ancienne Europe ne voyait que le néant.

Les sociétés qui, au xvi^ siècle, se formèrent en France pour entrer dans ce mouvement d'expansion, furent l'ouvrage des individus; et bien que François ¥^ ait cherché à exciter ses sujets à se porter vers le Canada (a), ni son gouvernement, ni celui de ses successeurs, n'intervinrent directement dans l'organisation de ces entreprises. Vers i54o, un gentilhomme picard, Roberval, conduisait au Canada une florissante colonie (3). Vingt ans auparavant, les trois frères Parmentier, après avoir découvert le cap Breton- et l'île de Fernam^-

(1) Montesquieu, Esprit dès Lois, liv. 22, ch. 5 et Q.

(2) Savary, Dirt. du coin., V Compa(jnie. Il cite des éditsde 1537 et 1543, que je n ai gas trouvés dans les collections et dans les archives.

(3) id.

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