‹ Du contrat de sociétéChapitre 57 sur 165 · LXXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXXX PRÉFACE

toplie, la Martinique, Saint-Domingue, à peu près comme un particulier se défait d'un champ et d'un pré ; puis les chevaliers de Malte, meilleurs gentilshommes qu'habiles marchands, revendre au roi ces régions dont le commerce seul pouvait tirer parti.

En 1628, Louis XIII autorisa vine nouvelle compagnie, celle de la Nouvelle-France. Elle était composée de cent associés, et son but était de soutenir les colonies du Canada et d'en établir de nouvelles ; le roi lui accordait , sous la condition de foi et hommage, la propriété de Québec et de tout le pays , le droit d'élever forteresse, d'avoir artillerie, de peupler, de coloniser.

En 1642, vingt-quatre particuliers, négociants et autres , s'unirent pour constituer la compagnie d'Orient; Ricaut, capitaine de marine, obtint pour eux le privilège du Roi.

Mais les troubles de la Fronde réagirent sur ces établissements lointains; ils tombèrent en décadence.

Toutefois, l'esprit français ne se découragea pas; la compagnie de Cayenne se forma en vertu de lettres-patentes de Louis XIV, de i65i. De nombreux associés, de grands capitaux, de grandes vues, présidèrent à sa constitution ; elle avait à sa tête des hommes entreprenants, dévoués , remplis d'intelligence et d'idées de civilisation. Mais tous les malheurs vinrent l'assaillir à sa naissance ; au moment où l'expédition s'embarquait, vis-à-vis les Tuileries, l'abbé de Marivaux, l'un de ses chefs les plus éclairés, tomba dans la Seine et se noya; pendant la traversée, l'insubordination mit le désor-

PREFACE. IXXXf

dre parmi les passagers. On arriva enfin ; mais déjà une triste fatalité pesait sur l'entreprise ; elle ne fut point lieureuse. On leur doit cependant notre colonie de Cayenne.

Enfin, en iGG4, Colbert, voyant la prospérité de la compagnie hollandaise des Indes, fut jaloux de doter la France d'une institution si utile au commerce. C'est sous ses auspices que les compagnies des Indes occidentales et orientales furent organisées.

La cGiiîpagnie des Indes occidentales reçut dans son sein les débris des compagnies de Saint-Christophe, de Cayenne, du Canada. Le roi fournit le dixième de son capital social (i), il lui concéda en toute propriété, justice, seigneurie, les Antilles, le Canada, l'Acadie, les îles de Terre-Neuve, Cayenne, tout le pays depuis larivière des Amazones jusqu'à l'Orénoque; elle fut investie du droit d'y faire seule le commerce; quarante-cinq vaisseaux marchands, équipés à ses frais, sillonnaient pour elle les mers; elle avait des villes, des forteresses, des armées. Mais dix ans suffirent à *peine à son existence: le roi, voyant qu'elle ne pouvait se soutenir, racheta toutes ses terres , et remboursa toutes ses actions.

La compagnie des Indes orientales, objet des mêmes espérances, eut de moins tristes résultats. Le roi et Colbert y étaient associés ; son capital, divisé en actions de mille livres et de mille cinq

(1) VolL-iîre, Siècle de Louis X!V, n. G6. Savary, v° Compagnie.

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