LXXXII PREFACE
cents livres, fut porté à plusieurs millions. Le roi versa six nnllions; la reine, les princes, la cour, fournirent deux millions ; les tribunaux supérieurs douze cent mille livres ; les financiers deux millions ; le corps des marchands six cent cinquante mille livres (i). Elle avait en propriété l'île de Madagascar, et plusieurs vaisseaux de ligne et navires marchands
Mais Madagascar, cju'on avait représenté comme un pays d'abondance et de délices, était habitée par une population féroce et intraitable. L'air y était mortel; il fallut lutter contre l'inclémence du ciel, et l'hostilité des indigènes. A ces mécomptes, vinrent se joindre les infidélités d'agents éloignés qui trompèrent la confiance des directeurs établis à Paris. La conq^agnie, obligée de quitter Madagascar et de se transporter à Pondichéry, alla en déclinant; ses actions tombèrent au quart. Elle reprit cependant un peu de vigueur en 1687 et i6c)i ; car elle fit à ses actionnaires deux répartitions montant ensemble à 3o p. 0/0 (2). En 1694, la prise de Pondichéry par les Hollandais fit retomber la compagnie dans la langueur; ce ne fut que sous la régence qu'elle prit de nouvelles forces (3).
D'autres compagnies dirigèrent leurs vues vers l'Afrique. *
Celle du Bastion de France fut autorisée en 1678 pour la pêche du corail ;
(1) Voltaire, loc. cit.
(2) Savary, v" Co-iipagnie.
(3) Voltaire, t. 17, p. 60.