PRÉFACE. LXXXIII
Celle du Sénégal, dans la même année, pour le commerce de la gomme ;
Celle de Guinée en iG85 pour le commerce de la poudre d'or,, de l'ivoire, et pour la traite des noirs (i). Cette dernière fut la seule qui ne fut pas ébranlée nar les euerres de Louis XIV et les crises du commerce. L'exportation des nègrespour l'Amérique française et espagnole , entretint l'activité de ses opérations et la source de ses profits.
Tels furent les efforts tentés dans le xvii^ siècle pour la colonisation ; ces essais ne furent pas toujours heureux pour la France : le résultat ne répondit pasàl'idée. Mais l'idée était grande et neuve. La colonisation n'est plus une entreprise militaire, con* duite par l'épée et soutenue par des légions; c'est une œuvre pacifique et commerciale : le but est moins de conquérir , que de s'étendre par le négoce et pour le négoce ; on ne lève pas des armées, on enrôle des sociétés de marchands. Le belliqueux Louis XIV, lui qui a dit en mourant : « J'ai trop fait la guerre » , ne veut pas de la guerre pour coloniser; il aime mieux des comptoirs que des camps, des compagnies d'actionnaires que des régiments. Continuateur de Richelieu pour la destruction de la féodalité, il crée, comme cet habile ministre, de grands fiefs pour le commerce ; il lui donne le droit de faire trafic des îles et des royaumes, sous la condition de foi et hommage; et la société commerciale ne régit pas seulement de
(1) Savary, v" Compagnie.
M. Monteil ; Histoire des Français des divers états. T. 7, p. 166, ch. des Actionnaires.